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  • : Le blog de ML
  • : 04/07/2007

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Mercredi 7 novembre 2007
La problématique des dépassements d'honoraires des  chirurgiens.

Pratique tout à fait légale, autorisée, très utilisée par les chirurgiens, et ... très controversée, tant par les patients que par les "politiques".

Controverse totalement démagogique à mon sens. En effet, le médecin a une entreprise "libérale". Il a un numéro d'entreprise libérale. Quel autre métier verrait ses tarifs ainsi encadrés dans le cadre d'un exercice libéral. Depuis assez longtemps il m'apparait que nous avons de libéral les emmerdements, mais aucun des avantages, et notamment le droit le plus élémentaire de fixer librement son tarif.

Les chirurgiens usent donc, dès lors qu'ils sont en secteur 2, du droit au dépassement d'honoraires. Leur discours est démagogique aussi, et je ne comprends pas comment leurs collègues installés malencontreusement en secteur 1 sans dépassement d'honoraires, supportent un tel discours. En effet, une des  explications préférentielles de ce dépassement  est le montant des charges à payer. Charges, c'est évident et connu, exhorbitantes. Mais guère plus en secteur 2 que en secteur 1. En conséquence actuellement un chirurgien gagne plus en secteur 2 que en secteur 1.

Il est clair que le secteur 2 a été dévoyé depuis sa création. Créé au départ pour autoriser une certaine liberté aux praticiens, il ne permettait pas en pratique de gagner plus. Car le médecin voyait fuir environ 30% de sa clientèle qui ne voulait pas payer de supplément. Supplément qu'il utilisait vraisemblablement avec tact et mesure, puisque la règle était, lors de mon installation , de gagner moins en secteur 2, du fait de l'augmentation des charges sociales a payer, inhérentes à ce choix de secteur à honoraires libres. 

Maintenant, les honoraires des praticiens ne retiennent plus guère l'attention. Ce sont les dépassements d'honoraires chirurgicaux vers lesquels se focalisent toutes les critiques.

Faut il les encadrer ? les limiter ? les interdire ? obliger les chirurgiens a pratiquer une certaine partie de leur activité avec des honoraires conventionnels.?

Et personne ne se tourne pourtant vers les mutuelles ? Mutuelles qui remboursent mieux l'hôtellerie , la chambre seule, et la télé pendant une hospitalisation que les honoraires des praticiens.  N'y a t'il pas la un vrai problème.

Mais une fois encore ce sont les médecins que l'on met en cause.
par ML publié dans : colères
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Dimanche 4 novembre 2007
De la fenêtre de la bergerie, une vue ensoleillée inattendue

Un morceau d'été pour commencer le mois de Novembre.

Inattendu après les froidures et les pluies subies cet été

Inattendu de se retrouver en ti-shirt au soleil du midi le 3 novembre

Les montagnes se noient sur fond de ciel bleu

Les arbres s'allument de mille feux des couleurs chatoyantes d'automne, après les sécheresses de l'été ici

L'air est limpide, nimbé de rayons , frémissant d'un petit vent frais dès que l'on quitte la chaleur réchauffante de la place ensoleillée

L'esprit peut enfin se poser, se reposer, cesser de poser trop de questions.

Apprendre à gouter les instants de repos....

par ML publié dans : chuchotements
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Mardi 30 octobre 2007
Le mardi,  souvent ma consultation est chargée + les urgences.

Mais pendant les vacances scolaires, ça devient carrément la dose

17 patients vus dans l'après midi, mais encore c'est gérable quand il s'agit de patients "faciles"

Seulement, cet après midi j'ai eu 2  patients hyper-lourds à manager , en plus de voir les autres patients.

Pour l'une qui vient d'avoir dans la semaine un diagnostic de cancer de l'estomac (elle n'est pas au courant encore), il a fallu trouver d'urgence une place en hospitalisation, car elle ne peut plus rien manger, vomit tout. Et est recommandé par mon ancien patron de l'hopital, maintenant retraité, qui m'a appelée une bonne dizaine de fois dans la journée. Il a fallu récupérer les résultats des prélèvements, supplier les collègues de trouver une place , et finalement elle est partie dans une autre structure, à la demande du patron qui est intervenu directement.  Non sans que je doive appeler la patiente pour lui expliquer qu'on l'attendait dans un hôpital à l'autre bout de la ville, et  pris en considération le problème de ses animaux à gérer.

L'autre patiente a aussi un cancer, du pancréas, et venait de  devenir jaune. Contact avec le radiologue pour écho en urgence,  confirmation du blocage des voies biliaires. Pas de lit, toujours pas, comme pour l'autre patiente, dans toute la clinique. L'oncologue qui la suit n'est pas la.  Il faut poser d'urgence une prothèse sous 48 heures, mais le radiologue se trouve dans un  autre établissement et quand j'ai eu enfin récupéré le résultat des examens,  cela ne répondait bien sur  ... plus.

En plus je pars pour une semaine, et je prends l'avion demain matin. Mon associé ne revient que Lundi.

J'ai donc lachement mis la patiente au traitement antibiotique pour ne pas qu'elle infecte ses voies biliaires, et "refilé le bébé" à l'oncologue qui la suit et qui sera la demain. Ce qui se nomme en terme politiquement correct... la continuité des soins.... Mais la patiente et son mari peuvent parfaitement comprendre que je ne suis pas toujours la pour tout gérer.

Enfin, ce matin, j'ai vu enfin un médecin qui aurait une vraie envie de venir s'associer avec moi. Mais pas avant 3 mois, et j'ai vraiment hâte de voir quelqu'un me soulager de tant de boulot.

Une semaine de "repos" bien méritée, m'attend. Plus de 60 heures de travail par semaine depuis la rentrée, ça use un peu les neurones. Les miens sont carrément en capilotade absolue, je n'imprime plus rien. 
par ML publié dans : cris
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Dimanche 28 octobre 2007
Partage d'un moment d'intimité au petit déjeuner avec un collègue , pendant le congrès

Collègue avec qui je travaille, sur plusieurs projets,  que je vois donc  très régulièrement, puisque nous avons des travaux communs.

Collègue que je  connais depuis  11 ans

Collègue, et par ailleurs de sexe masculin, dont je suis très proche, mais pas vraiment amie... une vraie attirance pourtant

Cela fait un moment que j'ai décrypté mon attirance  pour cet homme. Ce n'est pas son charme intrinsèque, non, il a 60 ans et pas une beauté particulière. De l'allure certes,  une infatiguable énergie certes, mais vraiment pas de quoi tomber à la renverse. Ce qui m'attire chez cet homme, c'est que c'est un blessé de la vie, et surtout un handicapé de l'émotion. Le genre de personne qui m'a toujours irrésistiblement prise dans ses filets, à commencer par mon mari , chez qui je reconnais maintenant cette même problématique. Le genre de personne que j'attire, que je veux retenir, et qui s'enfuit sans cesse.  Ces gens là sont en quelque sorte mon miroir, celui ou je me reconnais, moi qui suis aussi une blessée de l'enfance, lestée d'innombrables non-dits et émotions tues et enfouies. Au moins, ai-je maintenant la capacité de reconnaitre mon propre handicap.

Cet homme la m'a raconté une partie de son histoire. Pas tout, bien sur, mais la blessure qu'il promène encore à 60 ans, remonte à son enfance. Sa vie avec sa blessure, c'est de courir, de tenter de fuir, pour ne pas s'y confronter. Et ne pas se confronter à sa propre blessure, c'est aussi ne pas accepter les blessures des autres.

Il est médecin. Hyper-calé, Hyper-compétent dans son domaine de spécificité, reconnu, adulé parfois même, toujours sollicité, toujours incapable de faire des choix d'ailleurs, et toujours débordé.

Cet homme qui ne sait pas dire non pour lui même, manie pourtant avec une dextérité blessante la négation.

Il a été le premier auquel j'ai annoncé la nouvelle de la découverte du cancer. Il n'a pas pris au sérieux, ni la douleur, ni le parcours thérapeutique. Il a considéré qu'il valait mieux faire comme si rien ne se passait , ni dans ma tête, ni dans mon corps. Enfin, il ne m'est ni proche ni obligé, sauf par la proximité du travail et je ne peux donc en aucune manière lui tenir rigueur de cela.

Hier au congrès, petit déj en 10 minutes, tous deux à une table. Nous sommes fatigués tous 2 et on s'en plaint ensemble. J'y ajoute la difficulté que je ressens actuellement à aller faire le bilan à 5 ans du cancer qui m'a atteint.  C'est une angoisse diffuse, que je ne sais expliquer, qui n'a pas été si intense les années précédentes.
J'ai rendez vous avec l'oncologue, dans un mois, et pour le moment, je n'ai pas réussi à prendre les rendez vous pour les examens ...

Mon camarade a dit: ah oui, c'est souvent comme cela, je vois beaucoup de gens dans la même problématique que toi. Bon d'accord, il a raison. De cela, je me doutais d'ailleurs....

Pourquoi suis-je frustrée et insatisfaite de sa réponse. Parce qu'elle n'a pas pris en compte mon problème, ni mon émotion. Parce qu'il m'a rejetée dans la problématique d'un groupe d'individus et qu'il n'a pas accepté de reconnaitre l' angoisse . La mienne. Il a donc procédé à nouveau comme il l'avait fait lors de ma maladie.

Ce médecin qui refuse ses propres émotions n'a pas su accepter, une fois encore, les miennes;

Ce que j'attendais de lui? ce n'est rien d'autre que ce que n'importe quel patient attend de son médecin. Ou même ce que n'importe quel ami attend de son ami...

J'aurais aimé qu'il reconnaisse MON problème. Qu'il dise: oui je comprends. Et pas qu'il me dise: ton problème n'est pas important car beaucoup d'autres ont le même....
par ML publié dans : cris
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Samedi 27 octobre 2007

LE VRAI TRAVAIL DES FEMMES MEDECINS

 

X travaille à l’hôpital: c’est une femme (une chance sur 2)

Y travaille en libéral: c’est un homme (4 chances sur 5)

 

X est chirurgien: c’est un homme (4 chances sur 5)

Y est anapath, ou pédiatre, ou endocrino: c’est une femme (3 chances sur 5)

 

Il travaille 58 heures par semaine: quel bon médecin libéral !

Elle travaille 51 heures par semaine: ça dévalorise la profession..

(Il/elle travaille 50 heures par semaine: hospitalier !…

Il/elle travaille 46 heures par semaine: salarié non hospitalier?)

 

Il arrive en retard: il a eu une urgence

Elle arrive en retard : elle a amené les enfants à l’école

 

Il a des consultations rapides: il réfléchit vite !

Elle a des consultations longues: elle pense en même temps à sa liste de courses…

 

Il se fâche contre la secrétaire: normal, il est débordé !

Elle se fâche contre la secrétaire: qu’elle est agressive !

 

Il a un bureau encombré: c’est un bourreau de travail

Elle a un bureau encombré: qu’elle est désordonnée !

 

Il discute avec les collègues: le cas des malades le passionne

Elle discute avec les collègues: encore en train de jacasser

 

Il est en réunion avec la direction/les tutelles: toujours soucieux de concertation

Elle est en réunion avec la direction/les tutelles: de quoi se mêle t’elle ?

 

Il n’est pas là aujourd’hui: sûrement à un congrès

Elle n’est pas là aujourd’hui: tiens ! On est mercredi ?

 

Il part en congrès: c’est excellent pour sa formation

Elle part en congrès: et qu’en pense son mari ?

 

Il est malade: c’est sûrement grave

Elle est malade: c’est sûrement la grippe

 

Il part en vacances : se détendre lui fera du bien

Elle part en vacances : sa famille passe avant le travail

 

Il sera médecin: un avenir de plus en plus rare…

Elle sera médecin: environ 60% de femmes actuellement reçues au concours de première année …

 

Vous pouvez reprendre vos consultations, chères consoeurs

Vous pouvez reprendre vos gardes et interventions, chers confrères…

par ML publié dans : cris
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