Présentation

  • : Le blog de ML
  • : 04/07/2007

Catégories

Commentaires Récents

carnaval des blogs médicaux




Jeudi 26 juin 2008
Si les médecins généralistes ont une clientèle fidèle, et voient assez peu de nouveaux patients, au contraire un spécialiste, en tous cas dans ma spécialité, voit pour l'essentiel des nouveaux malades, qu'il ne connait donc pas.

Il s'agit donc en 20 à 30 minutes, de faire connaissance avec une nouvelle personne, d'appréhender sa personnalité, et son problème de santé, de l'examiner, de déterminer  s'il est porteur d'une pathologie peut être grave ou non  et de déclencher les examens nécessaires ou de ne pas faire d'examens et de rassurer.

Le parcours de santé avec passage par le médecin traitant constitue un incontestable "plus" pour le spécialiste que je suis. Le courrier du médecin traitant, même court, nous situe d'entrée le problème. Parce que dans la réalité et le stress de la consultation d'un médecin qu'il ne connait pas, dans un lieu nouveau, le patient a souvent du mal à expliquer le motif de son recours au spécialiste.

Avec l'expérience, le médecin consulté pour la première fois, apprend à évaluer de plus en plus rapidement les patients. Evidemment, cela peut paraître incroyable, quelque fois même cela me parait incroyable à moi, de penser qu'en 20 minutes je suis capable d'affirmer à quelqu'un que je connais depuis si peu de temps, soit qu'il n'a rien, seulement  des troubles psychosomatiques, soit au contraire qu'il a très probablement une pathologie, grave même parfois, et qu'il faut poursuivre les explorations.

L'interrogatoire du patient est un moment essentiel. Les réponses apportent clairement des éléments en faveur d'une pathologie non "organique", c'est à dire d'un trouble dit fonctionnel. Pudiquement, un "fonctionnel" est un bien portant qui s'ignore et se plaint d'une foule de symptômes. Bien que gênants, les troubles ne traduisent rien de grave. Il est cependant dur d'en persuader ceux qui se plaignent. Les symptômes sont imprécis, souvent décrits de manière très excessive. Par exemple, ceux qui disent : j'ai des ballonnements, c'est "atroce" sont très fortement suspects de n'avoir aucune maladie grave. Ou bien, les patients qui assurent ne plus rien manger du tout, alors qu'ils n'ont pas perdu de poids, qu'ils en ont pris, même. Ou encore, ceux qui se plaignent de douleurs insupportables, tout en exhibant un teint rose et reposé, voire un magnifique bronzage. Ceux qui affirment ne Jamais aller à la selle, mais ne montrent pas le moindre signe d'occlusion. Souvent , déjà, de multiples examens ont été réalisés, et sont généralement normaux. A moins que le hasard ait fait découvrir une anomalie en échographie , telle qu'un kyste hépatique, ou bien un calcul dans la vésicule, banal, mais qui cristallise l'inquiétude.

A l'opposé, certaines fois, dès l'interrogatoire,  les symptômes sont suspects et le doute se
confirme par l'examen clinique. Il arrive que le médecin "sache" très rapidement à quoi s'en tenir. Le foie peut être dur, suspect à la palpation, il y a une masse abdominale, le toucher rectal perçoit une tumeur hémorragique. Dès ce moment, le médecin est détenteur d'un secret, qu'il devra livrer sous peu au malade. Bien sur, il alerte sur la nécessité de continuer, de réaliser les examens de confirmation de ses hypothèses, et il ne dit rien..  pas encore. Il sait que certains malades ont déja probablement saisi
son inquiétude, car son attitude s'est imperceptiblement modifié, et a trahi  le doute qui l'assaille. Cependant, pas question de faire basculer ainsi la vie d'un patient sans attendre une certitude donnée par les examens complémentaires. Pourtant, dès ce moment là, parfois, rarement heureusement, le médecin sait déja que la vie l'humain assis en face de lui, et qu'il connait depuis à peine 15 ou 20 minutes, va basculer définitivement.

Une consultation de spécialiste dure en moyenne 20 minutes....
par ML publié dans : étonnements
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 25 juin 2008
Tout comme les autres, je me connais des qualités... Mais comme j'ai de l'éducation, je ne m'en vante pas. Bien sur. Et puis cela fait contrepoids à mes innombrables défauts.
Le plus généralement, cela ne me préoccupe guère. Je vois surtout les défauts des autres, c'est bien normal. Je m'attache néanmoins et certainement plus que pas mal de gens à trouver des qualités chez les autres. Absolument convaincue que tout le monde a forcément des qualités ! Encore que ! j'y arrive pas toujours à discerner le positif ! il y a des gens auxquels on ne trouve vraiment que des défauts. Il faut remettre les pendules à l'heure, se souvenir que même ces individus ont aussi des amis et des relations avec d'autres qui les apprécient. On reste sur sa faim, cependant; chez certaines personnes on se demandent ce qui peut être appréciable et apprécié .

Mais moi, j'ai une qualité que j'apprécie. En l'écrivant, je ne suis pas sure que ce soit une qualité, en fait. C'est une vision de la vie, qui m'apparait comme une qualité . La qualité, c'est la finalité de cette qualité. Elle me permet d'avancer, de surmonter les obstacles, de les dépasser, de faire taire les démons.

Ce que je considère comme une qualité, c'est'être capable de découper le temps en petits moments.

Des moments agréables, désagréables, des moments qui durent ou qui passent... Mais des moments qui ne se téléscopent pas (ou pas trop, soyons honnêtes)

Un exemple: dimanche dernier, journée hyper-occupée depuis le matin jusqu'au soir. Un emploi du temps de ministre, sauf que plus agréable, pas le genre gerbe à déposer au monument aux morts, et serrage de pinces autour d'un apéritif. Seulement emmener , ramener le petit, théatre, invitations, etc. Tout à préparer dès l'aube quand même, et un réveil sur les chapeaux de roue, rien qui ne marchait comme prévu, de l'énervement dans l'air.

Et soudain, dans la voiture, je me retrouve avec 3 pré-ado , 12-14 ans, très excités parce qu'ils vont monter sur scène tout à l'heure. Ca pépie, on se croirait dans une volière ! c'est charmant, empli de jeunesse et de promesses, de joie et de vie.

Dans mes compétences émotionnelles, il y a cette possibilité que j'apprécie. Etre capable de faire passer l'énervement au second plan, le retard, ce qui n'a pas marché, ce que je n'ai pas eu le temps de préparer...
Etre soudain réceptive à ce positif, et capable d'apprécier ce merveilleux moment

Prendre conscience que ma vie n'est pas une histoire, que je n'aime pas la voir dans sa continuité, mais plutôt comme cette successions de moments, d'instants, appréciables ou non, destinés de toute manière à me construire, a m'emplir, mais pas à durer, et qu'il faut savoir relativiser et apprendre à apprécier quand ils se présentent. Car ces moments de qualité se présentent toujours inopinément et ne sont pas forcément durables. Est durable, par contre, leur résonnance, l'empreinte qu'ils laissent en vous.

Dans cette succession d'actions, d'instants, de moments, tirer la substantifique moëlle, celle qui permet d'apprécier le côté le plus positif, de ne pas se laisser perturber ou envahir l'esprit par les inévitables aléas toujours présents.

Je ne suis pas du genre de celles qui font un bon plat, et qui le portent à table en disant avant même que les convives l'aient gouté, qu'il y a trop de ci ou pas assez de cela dedans, et qu'il pourrait être mieux. Je suis du genre à l'apporter avec le sourire, et je trouve qu'il faut apprendre à apprécier avec joie les compliments des amis, même s'il y a pas assez ou trop de ci ou de ça dans le plat (et c'est souvent le cas, en ce qui me concerne, vu mon manque de concentration en cuisine)

Une citation pour finir. Je ne sais pas de qui ? de moi ?
"les chose ne sont pas ce qu'elles sont
elles deviennent ce que nous en faisons"

par ML publié dans : joies
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 23 juin 2008
Ca y est !
Après des mois de préparation, la gestation d'innombrables calculs, vérifications de date, de lieux, de temps, d'argent,
l'accouchement d'un pavé de 400 pages résumant la situation

Le jour J est arrivé

Les 4 experts-visiteurs de la HAS (haute autorité de santé), sont dans la clinique pour 4 jours et vont tout vérifier...tout contrôler..

Management des personnels  et de l'établissement, services logistiques, techniques, tout ce qui rentre dans et autour d'un malade, ce qui sort de et autour des malades, tout sera minutieusement contrôlé. Plus, bien sur, les pratiques infirmières et surtout médicales, et notamment, mon domaine, le circuit du médicament, couplé avec le dossier du patient

Exploration en profondeur , mais pas forcément en douceur... Un expert visiteur d'établissement n'est pas venu pour penser ou pour réfléchir, encore moins pour s'extasier. Son objectif est bien de trouver la faille dans la feuille (de prescription médicale, notamment)


Avec une certaine amabilité, ils ont passé la journée à mettre le doigt sur les petits détails qui fâchent au milieu d'actions nombreuses, dynamiques et organisées...

Bon c'est leur job, mais faudrait pas que les détails prennent le pas sur l'ensemble. Car il y a en amont de cette semaine de visite, environ 2 ans de travail intensif, de la part de toutes les équipes de soignants, médicales et infirmières.

Demain le J2 de la V2...

Comme ça toute la semaine.
par ML publié dans : médecine
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 23 juin 2008
Pour la première fois, j'ai supprimé un commentaire..

En effet, il émanait d'une personne manifestement venue sur le blog pour y laisser seulement une adresse

Ce lien renvoyait à un site de bondieuseries, avec des références à Dieu et à Jesus...

Pas mon truc du tout.

J'ai effacé, donc , sans sommation

par ML publié dans : étonnements
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Vendredi 20 juin 2008
Echanges épistolaires, enfin, internetolaires avec un des chirurgiens concernés par le post précédent

Ce chirurgien est mon ami depuis 15 ans

Et nos visions de l'endroit ou nous travaillons tous les 2 sont tellement différentes, tellement opposées, que l'on se demande si nous travaillons au même endroit.

Selon lui, ma nouvelle casquette de médecin de direction a une visière tellement large que je ne vois plus les vrais problèmes.

C'est oublier que je suis à la fois dans certaines instances, mais aussi médecin libéral

Et que ses vrais problèmes à lui ne sont pas forcément ceux des autres. En tous cas, tout renvoie au discours typiquement frenchie: c'est la faute de la direction, qui fait pas ci, qui fait trop de ça, les administratifs sont incompétents, "au lieu de nous soutenir, la direction nous enfonce"

Sa conclusion est que mon choix n'est pas le bon, puisque je travaille pour ceux qui ne le prennent pas ses choix à lui considération.
Il m'a fait pleurer en m'écrivant que je voulais rester à cheval entre les 2 mondes, et que de toutes façons mon choix était fait. Car ce n'est pas vrai, je n'ai pas décidé. Je me laisse un peu porter par les évènements. Je sais bien qu'un jour, j'aurai à prendre une vraie décision d'orientation. Mais actuellement j'arrive à faire les 2 métiers en paralèlle et cela me va, tant que je peux faire durer cet état indéterminé.

Il m'a fait pleurer en m'écrivant que j'allais me mettre la "communauté médicale" à dos. Parce que c'est inexact. Les médecins semblent bien m'apprécier, bien que mon boulot consiste à les faire avancer dans des tâches qu'ils n'ont pas envie de faire, comme prescrire correctement, remplir des doc pour présenter les dossiers de cancer. Enfin, que des trucs qui ne relèvent que de médecine, pas de paperasserie administrative.  La ou il complètement tort, c'est quand il parle de communauté médicale. C'est une utopie qui n'existe pas. Il n'y a pas plus individualiste que les médecins.

En tous cas, nous avons échangé des mots qui marquent... et qui font réfléchir.

par ML publié dans : cris
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus