Mardi 8 septembre 2009

82 ans, surement pas toutes ses dents, et une énergie dynamique autour d’une belle couronne de cheveux blancs.

 

Manque tout de même ce petit rien qui rend paroifs un vieux monsieur irrésistiblement séduisant, enjôleur, charmant.

 

Il est entièrement tourné vers lui-même. A consacré une partie de sa vie, de ses loisirs, de ses relations familiales, à faire supporter à tout son entourage ce qu’il ne peut gérer par lui-même : sa constipation… 

 

Sa femme , la pauvre est épuisée, ca fait longtemps qu’elle ne lutte plus. Elle vient toujours avec lui aux consultations, mais a cessé  d’intervenir dans son discours. Elle a fini par comprendre qu’il ne s’adresse en réalité qu’à lui-même et qu’il n’y a plus de place pour elle. Elle l’accompagne par habitude, ou parce qu’il le demande, ou parce qu’elle a peur. Dans l’autre sens, elle, que je soigne aussi, vient toujours seule en consultation.

 

Tout haut, il ressasse ses griefs contre sa fameuse constipation. , il est évident qu’en réalité il ne sait faire qu’une seule chose : se parler. Chaque journée consacrée à sa plainte efface et idéalise la journée précédente. Ce qui explique sa pugnacité dans le symptôme. Toutes les consultations se suivent et se ressemblent,  émaillées de sa ritournelle : c’est pire qu’avant, avant je n’étais pas comme ça. Et si on tente de lui expliquer, de le raisonner, de lui rappeler que si, la dernière fois, et l’avant dernière et puis il y a un an, 5 ans, 10 ans, il se plaignait déjà de la même chose, eh bien, non il ne peut, ou ne veut le croire. La rengaine est aussitôt la : mais non, avant c’était mieux…

 

Il n’y a pas de solution. On voudrait vraiment le sortir de ce tourment. Mais il ne le veut pas, quoi qu’on en pense en le voyant sans cesse revenir en consultation. Sa vie tourne autour de ce monologue avec lui-même, de son tuyau bouché centrant son corps replet et sa santé insolente. Je lui represcris les éternels mêmes médicaments, sachant par avance qu’il en fera à nouveau un usage désordonné, que la sur-utilisation des premiers jours , dans l’espoir de résoudre enfin définitivement sa constipation va le conduire à une prévisible diarrhée. Je sais d’avance combien il va s’appuyer sur ça pour stopper le traitement, car la diarrhée sera vécue comme invivable autant que l’inverse. Je sais aussi qu’il lui faut gérer les prétextes à garder un suivi médical, donc forcément la poursuite du trouble .

 

Sur l’autre fauteuil, sa femme se tait, se ratatine. Elle a eu, elle, une maladie auto-immune grave, puis un cancer. Avec cet homme à ses côtés, elle a appris le silence. Forcément, à quoi bon parler à un conjoint qui n’écoute en fait que lui-même.


Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 2 septembre 2009

Retenir 0,50 centimes d’euros par médicament peut être discuté, quoi que la somme reste malgré tout, assez modeste, et certainement gérable par une large majorité de patients.

 

Il peut paraître plus discutable que la somme soit prélevée sur chaque boite de médicament. En effet, le conditionnement des médicaments étant différent, et pas syndical, un mois de traitement peut conduire à l’achat de une à 2, voire 3 boites d’un médicament. Il n’est pas tout à fait normal que le patient paye plus de franchise seulement parce qu’un labo conditionne les comprimés à sa guise.

 

Sans parler du casse tête des traitements chroniques, associant des boites de 28 et des boites de 30, ce qui entraine un permanent et déconcertant décalage dans les différents médocs.

 

Mais en fait, personnellement, ce qui me dérange le plus dans cette franchise, c’est son côté « à posteriori ».

 

Tu vas à la pharmacie, tu achètes ton traitement, tu payes … rien !D’ailleurs, tu ne sais même pas le prix total de ton traitement, mais c’est un autre débat, il y en a long à dire sur cette ignorance, ne serait t’elle pas source de plus de dépenses ?

 

Ensuite, après quelques semaines, toujours longues, car la sécu est un organisme vivant, certes, mais à cerveau lent .., après ces quelques semaines tu reçois un papier de la sécu, qui t’indique le prix des médicaments que tu as achetés , et en bas , sur une ligne, le montant de ta franchise. Mais comme tu n’as rien payé, il est indiqué que les franchises seront à régler lors d’un prochain achat ! Cette ligne est agaçante. Elle te place en situation de débiteur. Franchement , les quelques euros que je dois à chaque fois, j’aimerais mieux les régler tout de suite. Quand on me marque sur un document que je dois 1,5 euros à la sécu (franchise de mon traitement mensuel), j’ai l’impression que cela me coûte plus cher que si je les avais donnés au moment de mon achat de médicament. En effet, donner de l’argent dans le cadre d’un achat est dans l’ordre des choses, et beaucoup moins tracassant que de se voir dire « vous devez rendre de l’argent, parce que vous avez acheté quelque chose »

 

Corollaire de cette méthodologie de récupération des sous par la sécu, étant donné que tu ne débourses rien chez le pharmacien, rien dans les laboratoires d’analyse, le seul remboursement qui va donner lieu à la récupération des franchises de la sécu, ce sont les consultations chez les médecins.

 

Et du coup, lorsque tu vas chez le médecin, on te les compte en une fois, toutes les franchises, et celle de ta famille s'ils sont sur ta sécu. De petits ruisseaux de 50 centimes par ci ou par la finissent par faire une rivière d’euros bien consistante.


Du coup, tu as l’impression que les consultations médicales sont encore plus mal remboursées qu’en réalité. Et tu pesteras contre qui ? contre ton médecin, bien sur, dont les consultations sont si chères !


Pendant ce temps, le pharmacien ne s’est pas emmerdé, lui, à faire le trésorier de la sécu.

Comme à l’accoutumée, le système aboutit à faire peser la suspicion sur les médecins, et à bien faire comprendre aux malades que ce sont eux les grands dépensiers de la santé, dont on peut, à loisir, amputer les remboursements en y imputant les franchises des autres prestations.


Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 31 août 2009

Nous allons bientôt remuer les ménages et les méninges dans notre établissement, en procédant à des déménagements en masse. Un peu du style les chaises musicales, je mets ailleurs ce qui était la, et je change ce qui était ailleurs… sauf qu'au passage, on rajoute des chaises en dehors, des mètres carrés supplémentaires. L'énorme superficie du bâtiment neuf qui nous abrite depuis à peine plus de 5 ans, et qui avait paru au premier abord surdimensionné, commence devenir étriquée. Ca manque de place de tous les côtés, et il n’y a guère de possibilité d'adaptation sans augmentation entropique de l’espace.

Quelle que soit la surface de départ, l'univers et nos affaires étant perpétuellement en expansion, on finit par entasser tant de gens ou tant de matériel, ou tant de visiteurs, que ça craque aux entournures, les meubles encombrent, les voisins empiètent.

 

Evidemment bouger physiquement, c’est aussi remuer les consciences. Partir, changer, c’est toujours mourir un peu, tuer des habitudes reposantes dans lesquelles on se complaisait malgré l’inconfort. De nombreuses personnes doivent entériner et être partie prenante rapidement d’une décision qu’elles n’ont pas prise, sur laquelle elles n’ont même pas été consultées. Ceci est créateur tout à la fois d’enthousiasme et d’anxiété.

 

Ma position dans l’établissement me conduit à gérer cela, je trouve un piment inattendu à ma rentrée.

 

Je m’amuse d’avance du scoop de l’annonce demain soir. Une réunion exceptionnelle est prévue, et contrairement aux on-dit qui circulent, le lieu de migration ne sera pas celui qui a été évoqué en première instance. Le secret semblant bien gardé, et surtout les choix géographiques me paraissant excellents, cela devrait créer un effet d’annonce positif et mobilisateur.


Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 30 août 2009

On ne sait pas toujours que l'on vit un "dernier jour". Par exemple un dernier jour de vie, un dernier jour de maladie ou de bonne santé, un dernier jour d'amour.
Un dernier jour connu, identifié est celui qui accompagne inéluctablement chaque période de congé. Voici une étape incontournable, franchie par l'ensemble de ceux qui ont des vacances: Celle du dernier jour de vacances. Pas moyen d'y échapper, quellle que fut la nature des vacances,. On voudrait reculer, gagner un moment encore... Mais non, le jour et l'heure sont fixés d'avance, et quoi que l'on fasse pendant toute la durée du repos pour ne pas y songer, on s'y retrouve forcément confronté... le dernier jour des vacances

Ce dernier jour est redoutable par son côté couperet, et la plupart du temps, par la plupart des gens, redouté. On ne l'anticipe pas, la plupart du temps. Comme s'il n'allait pas vraiment arriver. Comme si, cette fois ci, ce serait différent, plus facile, un enthousiasme presque de quitter les vacances. C'est seulement au moment de s'y confronter pour de vrai que la réalité du dernier jour prend sa dimension, son inéluctabilité, la vision de l'impossible retour en arrière. Derrière ce dernier jour, ces derniers moments, dont on se dit en conscience que ce sont les derniers, bains, promenades, soleils, repas, se cache tout le cortège de la remise en ordre de la maison de vacances, de la remise en ordre de la tenue vestimentaire, des levers du matin à l'aube, alors qu'on avait pris le temps des grasses matinées très au sérieux, des contraintes et de la ville qu'il faudra retrouver.

Le premier jour de vacances, lui, bien au contraire, est passé comme lettre à la poste, si facile à vivre !  c'est pitié que le dernier soit tant chargé de négatives significations. On ne se lasse jamais de le ressentir durement, d'y penser à chaque moment, les heures et les minutes nous rapprochent de la sonnerie de fin... ce dernier jour traine lourdement ce cortège chargé de regrets, accompagnant les derniers moments qui nous séparent de la perte de liberté. Parce que l'expérience est la pour rappeler combien le retour rapporte dans son sillage une perte essentielle: la perte du temps libre.


Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 27 août 2009

Reçu une pub pour un site de référencement. On me propose d'intégrer dans mon blog une bannière (gratuite); cela génèrera des suites en terme de rétribution pour eux et de fréquentation pour moi.

Rien compris à cela, et d'ailleurs pas intéressée.

Déja je n'arrive pas à adhérer à l'option premium d'overblog qui propose justement plus d'options. J'ai plusieurs fois décidé de le faire, et un blocage est toujours survenu au moment du clic de confirmation. Toujours  pas trop bien compris l'intérêt. de ça.

Réferencée sur des sites, je le suis déja, chez des copains de blogging et peut être chez d'autres à mon insu. Réferencée sur des moteurs de recherche, j'ai la surprise de découvrir ma figuration dans leurs articles. Mais solliciter de moi-même un référencement, ce n'est pas dans ma nature. En fait, vous avez compris... je rêve d'être prise en considération pour mes qualités intrinsèques de rédacteur, et non parce que je vais faire ma publicité ! Quelle outrecuidance, n'est ce pas !

Ouvrant un blog en 2007, j'étais totalement insensible à la notion d'audience. Pas plus, je n'avais pensé figurer dans la rubrique des blogs médicaux. En pratique, indiquer que l'on est médecin, même si l'on parle la plupart du temps de soi et non de la médecine, suffit à faire entrer un blog dans le palmarès des blogs médicaux.

Ce qui tend à prouver que, même hors du champ de la médecine, même en short, et en tongues, même  sur d'autres sujets, un médecin est regardé en premier lieu comme un médecin..

Evidemment, comme tout bloggeur, j'apprécie de voir des visiteurs, de lire leurs commentaires. Il faut dire qu'overblog n'est pas particulièrement performant sur le sujet du comptage des visites. J'aimerais bien insérer un compteur sur le blog, pas moyen. La traçabilité de l'origine des visiteurs ne me semble pas non plus d'une exhaustivité fiable. On s'en contente. J'aimerais bien faire partie de ces blogs qui attirent des tas de commentaires, mais ce n'est pas le cas. Je suppose que cela vient de la manière dont j'exprime les sujets, probablement trop fermée, trop personnelle, et pas forcément accessible.

En même temps, et depuis le premier jour de ce blog, je pensais naïvement rester dans l'anonymat. Aucun de mes amis ou collègue n'a jamais entendu parler de son existence. Mais comme je suis authentique, je n'invente rien, s'ils arrivent ici un jour par hasard, je suis reconnaissable. Néanmoins, auprès d'autres bloggeurs médicaux, ou non médicaux, j'ai levé cet anonymat et donné mon identité.  La préoccupation n'est pas nouvelle chez moi ou est le naturel ?   

Je remarque pourtant, que de plus en plus, j'assume ce que j'écris, et je finirai peut-être par atteindre une maturité suffisante pour accepter que des personnes proches puissent venir lire ici mes cris et chuchotements. Ceci dit, je le redoutais en 2008 incognito ma non troppo , et pour le moment, ou bien ceux qui sont venus sont restés discrets, ou bien le monde de la toile est plus immense que ce aue j'imagine, ou bien ils ne fréquentent pas les blogs médicaux? . L'hypothèse privilégiée est la dernière ! Car seuls certains originaux de mon âge aiment le bloggage, les autres n'ont pas de temps ni d'envie pour de telles promenades internautiques.


Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 26 août 2009

Que font donc les médecins quand ils ne sont pas médecins ?

Les patients peuvent ils nous imaginer en vacances ? En short, en maillot de bain, en tongues. En camping car, sous une tente, devant le barbecue....

Sautant dans les vagues, grattant les rochers à marée basse pour trouver des

On n'imagine toujours difficilement que ceux qui vous impressionnent, ou qui ont sur vous un ascendant d'autorité, puissent chausser une autre vie semblable à la votre dès qu'ils quittent leur travail.

Pourtant, on a coutume de conseiller, face à ces personnages intimidants, de les imaginer sur les toilettes. Ce qui les démystifie.

Plutôt les imaginer sur une plage venteuse en train de ramasser péniblement des huitres bien accrochées au rocher ...

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 25 août 2009

Lors de l'épidémie de grippe espagnole de 1918, un soldat anglais des tranchées présenta, comme la plupart de ceux de son régiment, les premiers signes d'infection grippale.
Au lieu de se rendre à l'Hôpital de campagne, ou la plupart des camarades de son unité rendirent l'âme, il s'isola, seul dans sa tente, en haut de la colline. Après plusieurs jours de maladie évolutive, la santé lui revint, et il fut un des seuls survivants de son unité.

Cette anecdote n'est pas unique. On a montré à de multiples reprises l'intérêt de l'aération des malades. Pour la grippe espagnole de 1918, toujours, les marins survivaient mieux en étant soignés sur le pont plutôt qu'au fond de la cale. Cette réflexion de traitement à ciel ouvert a été, durant plusieurs siècles, la base du traitement de la tuberculose en sanatorium.

Lors de l'épidémie de grippe espagnole, le concept de traitement à l'air libre est repris, et les malades sont traités dans de grandes tentes, bien protégés du froid par des bouillottes et des couvertures. Cela diminuait le risque de pneumonie, facteur essentiel de décès lors de cette épidémie, qui tua, à l'époque, énormément de personnes jeunes. 
Il semblerait bien que la lumière solaire inactive les virus influenzae, virus de grippe, et qu'elle soit aussi létale pour de nombreuses bactéries. En pratique, lors de votre prochaine contamination par le virus de la grippe A, il est possible de s'exposer au soleil, bien couvert. Ne pas fermer les volets. Aérez ! Le bon sens populaire dit qu'aérer tue les microbes, et il a surement raison !


Hobday RA et coll. : The open-air treatment of pandemic influenza. American Journal of public Health. Publication avancée en ligne le 21 mai 2009, as 10.2105/AJPH.2008.134627


Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés