Vendredi 1 août 2008
Juillet est un mois entre parenthèses

Tous commencent à partir,

Au travail c'est différent

Les patients ne sont pas malades en juillet comme les autres mois
Il y a une sorte d'impatience qui les étreint. La peur que le médecin parte en vacances, n'ait pas le temps de faire le bon diagnostic, de les soigner à temps
Comme l'imminence d'un départ qui vole dans les airs et emplit chacun d'une attente sournoise

Les réunions c'est moins

Elles s'arrêtent pratiquement à chaque période de vacances scolaires,
car il y en a toujours un qui ne peut pas à ce moment
Alors on reporte
C'est complètement illogique
Car moins il y a de réunions et plus on a l'esprit disponible
Alors que chaque rentrée, c'est la galère. Il faut rattrapper tout le temps perdu à ne pas faire avancer les choses
Faute de combattants
Et on se réunion tout le temps
Le soir, évidemment

Dans la vie de juillet, la vie de chaque jour c'est différent

Il y a des places pour se garer devant la maison quand on rentre le soir
Le périph n'est pas asphyxique
Enfin on croit qu'il va rouler dès le premier juillet
Ce n'est qu'un rêve de parisien
Dans la vraie vie, le périph ne roule librement qu'après le 15 en réalité
Et puis
Le soir en sortant du boulot il fait encore jour
et parfois les soirées sont douces, tièdes, et le coucher de soleil illumine les immeubles
et dessine comme des airs de campagne dans mon jardin
Les oiseaux se disputent les figues qui commencent à murir
Les fleurs ont soif, car l'arrosage automatique est mal installé comme d'habitude
Et franchement, arroser le soir, moi ce n'est pas mon passe temps favori
Je préfère étirer un temps de douce décontraction, le repos d'un transat, à regarder les nuages qui s'effilochent, le ciel qui rosit, le vert des feuilles
En fait, je ne tiens jamais longtemps dans le transat, dans la réalité
Quelques minutes, et l'envie de bouger me reprend

La famille part en vacances

Les uns partent , les autres reviennent
Les sacs de couchage et autres ustensiles de camping refont surface
Un peu abimés
Mais on y est attaché, ils rappellent des bons moments, et puis
C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes
Les départs et les retours sont rythmés par le chat qui guette
Il n'aime pas les valises
Il n'aime pas la solitude
Il me tient compagnie de trop près
En miaulant son désespoir

Depuis 2 ou 3 ans
Je gagne une semaine seule en juillet

Car je suis l'homme de la famille
Alors tout le monde est parti
et je profite a fond de la sensation de liberté
Pas d'estomac à remplir, pas de courses à faire
Personne ne m'attend quand je rentre le soir
Gérer une seule personne , ma personne !
Une exception totale pour moi
Après plus de la moitié de ma vie en couple !
Une semaine ce n'est pas assez long pour profiter de cette solitude chèrement gagnée
Mais cela suffit aussi a se rendre compte
De la chance de ne pas être seule.

Juillet est un mois entre parenthèse

Mais voici Aout
Et ...je n'y crois pas encore
Mais
JE SUIS EN VACANCES POUR 4 SEMAINES



par ML publié dans : chuchotements
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Mercredi 30 juillet 2008
Ces derniers jours je me tiens un peu éloignée de l'ordinateur.
Une sorte de sevrage, avec l'objet de l'addiction sous les yeux, pas facile de se réfréner

Mais il le faut

Parce que l'écran, les mails, les blogs, les forums, tout cela est parfois comme un remède.

Comme si quelque chose que l'on espère, quelque chose que l'on attend allait tout à corps sortir de l'écran, apportant par enchantement des solutions à des questions que l'on ne s'est pas posées. Comme si la réception de messages apportait une preuve nécessaire que d'aucuns pensent à vous.

Circuler sur la toile montre à quel point les autres se posent des questions similaires aux vôtres.

Et démontre aussi l'absence de solution. Le partage des sensations, des impressions, des sentiments apporte souvent une réelle bouffée d'optimisme, d'énergie, et peut seulement aider à cheminer vers ses propres solutions

Dans 3 jours je vais me désinformatiser pour un mois presque entier. Certes il y aura une petite visite à l'ordi vers le milieu du mois, permettant de prendre connaissance des messages. Mais rien de plus.

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Vendredi 25 juillet 2008
"Ma" semaine seule, celle que j'arrive à sauver pour moi une fois par an

Evidemment je voudrais bien prendre une semaine pour aller faire repos et thalasso, mais plus prosaiquement, comme je suis l'homme et le seul revenu de la famille, le shéma est hélas: tout le monde est parti en vacances, enfants, mari,   .... Et moi, je reste

Un programme palpitant a débuté dès le départ du dernier Mardi

Faire sonner le réveil au moins une heure avant de se lever, tellement c'est dur de s'extraire des draps
Bosser toute la journée
Des montagnes de papiers en retard à classer
Un peu de bricolage, prévu ce week-end
Le soir,  diner toute seule, à la maison. Facile à préparer, équilibré, allégé, je savoure tranquillement, sans régler en même temps tous les problèmes des uns et des autres, sans avoir à écouter personne
Ensuite cure de télé, que je ne regarde jamais en temps usuel. J'ai découvert que l'on peut louer des films direct sur le cable, j'abuse...

La plupart de mes amis sont en vacances
Mais surtout je n'ai dit à personne que j'étais seule.
Pas envie de sortir
Un vrai besoin: savourer des soirées solitaires
Une richesse que je ne connais pas les 358 jours qui restent dans l'année.

Il faut digérer une année très remplie
De boulot, ... et de lâcher prise.
Depuis 2002, avec tous les problèmes familiaux, j'étais sur les dents en permanence
Enfin, j'ai un peu pris de la distance avec les évènements
Seulement,  avec cette décontraction retrouvée
Est apparue la fatigue
Une sensation que j'avais totalement et délibérément mise de côté, parce que c'était matériellement impossible d'être fatiguée
Du coup, je suis crevée
physiquement,  mal partout, mal aux hanches surtout (je crois que c'est les kilos qui pèsent)
intellectuellement, la cervelle à marée basse... et c'est une grande marée !
une constante impression de purée dans les circonvolutions cérébrales

Cela fait vraiment longtemps que je n'ai pas désiré des vacances à ce point.
Mais il me faut encore patienter une semaine
A calme jusqu'à jeudi prochain

par ML publié dans : chuchotements
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Mercredi 2 juillet 2008
Ce matin, mon réveil s'est fait, doucement, par étapes, à la sortie d'un beau rêve. Je m'accrochais au rêve, j'avais l'impression d'y mêler des désirs éveillés, de diriger le rêve vers sa réalisation. Car il s'agissait, bien entendu, d'un rêve que j'aimerais vraiment beaucoup réaliser dans la vraie vie....

Un rêve d'amour, non pas d'amour torride, mais d'amour genre roman de gare. Des mains qui se frôlent, puis se touchent , puis ne se lâchent plus. Puis l'homme qui vous entraine vers le destin à ses côtés.. Malgré le sommeil, malgré le rêve, on ressent comme en vrai la chaleur de sa main, la fermeté de son engagement, le coeur qui chavire d'émotion. Ces impressions sont trop pregnantes pour qu'on les oublie dès le réveil, et elles restent dans la journée, elles vous accompagnent durant plusieurs heures, avant de fondre dans les limbes des souvenirs... Le jour est empli de l'amertume de la trop frustrante impression que ce n'était pas un rêve, tellement j'aimerais que la réalité soit telle que je l'ai rêvée, et ressentie. Car l'intensité de l'implication dans un tel rêve est si énorme, que je jurerais avoir senti le contact de la main de l'homme sur ma peau !

Au réveil et pendant plusieurs heures, le temps que ce souvenir s'estompe, que les sensations physiques disparaissent, on se sent entre 2 mondes. Le monde du réel affirme que ce n'était qu'un joli rêve, et que les rêves se réalisent rarement. Et puis le monde de l'imagination, se dit que le hasard fait parfois bien les choses, que ce rêve a forcément des racines dans une réalité ressentie, que le ressenti est peut-être réciproque, et que ... finalement pourquoi pas, pourquoi un tel rêve ne se réaliserait-il pas ?.

Alors, on se surprend à espérer, non seulement que le rêve se réalise, mais qu'il se réalise ... vite !



par ML publié dans : chuchotements
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Dimanche 8 juin 2008
Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent

Elles deviennent ce que nous en faisons




                   ML
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Mercredi 28 mai 2008
Je me posais justement la question ces jours ci

ou est le naturel ?

Trouvé un élément inattendu de réponse dans mes statistiques....

Etonnée de voir des clics venant d'un site médical bien connu, atoute.org, j'ai rétro-suivi le lien qui avait amené des visiteurs dans mon petit chez moi...

Dominique Dupagne a fait un article intitulé "blogs médicaux" link
Extrait d'un article de Philippe Eveillard dans la revue du praticien

Ce que dit Philippe Eveillard est intéressant:

Si vous mettez en ligne un document sur la Toile, ce n’est pas pour le réserver aux quelques happy few qui

 gravitent dans votre entourage.

Votre objectif est bien de le diffuser au plus grand nombre et d’autoriser sa diffusion par d’autres intermédiaires. Le

 plus étonnant est que ce principe élémentaire semble mal compris dans l’Hexagone.


Je ne suis pas venue écrire sur la toile pour réserver cela a mon entourage
Puisque dans mon entourage, personne n'est au courant de l'existence de ce blog
Qui est mon jardin secret

Je ne saurais dire ce qui m'a conduit à inventer mon blog

Le besoin de m'exprimer librement, chose qui est totalement impossible dans la vie courante
L'intérêt de l'écriture dans ce qu'elle fait avancer ses propres réflexions
L'envie de se confier, ne serait ce qu'à des inconnus. Les problèmes des uns sont aussi les problèmes des autres, les médecins savent bien cela.
L'envie de recevoir des réponses et des commentaires vient après un temps. Ils attestent de la présence des lecteurs, de leur attitude empathique, et confortent dans l'idée que les problématiques sont bien le fait des autres aussi.
Le fait de partager les problèmes a un côté rassurant.

Jusqu' a maintenant, j'ai protégé un total incognito, des visiteurs de plus en plus fidèles, un public qui augmentait doucement, sans que ce soit ma prétention

Aucun des gens qui me sont proches n'est au courant de l'existence de ce blog

Le secret a commencé a avoir une toute petite faille, justement la semaine dernière. Un confrère me conseillait une fois encore de faire parler ma plume dans un livre ou dans les publications (il m'a même dit que je devrais proposer mes services au journal "Le Monde" ! ). Pour la première fois, j'ai avoué avoir un blog

Il a 10 mois, mon blog, le temps d'une gestation et d'une naissance. Dans l'incognito absolu.
En même temps, j'ai commis des imprudences. Je suis allée me manifester au carnaval des blogs médicaux, ouverture sur le monde des blogs médicaux.
J'ouvrais une porte vers l'extérieur,  de ce fait, une porte s'ouvrait vers moi
Ce qui est malgré tout une reconnaissance appréciable ! Qui ne cherche pas un peu de reconnaissance en écrivant ?. On écrit pour soi, certes, mais il n'est absolument pas désagréable d'avoir des lecteurs.

Je crois (je crains?) que le moment approche ou je serai lue par des gens qui me connaissent

En même temps cela m'ennuie, et je suis curieuse de savoir

ML



par ML publié dans : chuchotements
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