Vendredi 11 avril 2008
 Situons l'acteur de mes errements métaphysiques de ce soir

- 31 ans, origine Congo, en France depuis juin 2007, état 'demande de statut de réfugié politique' , ce qui lui interdit de travailler (c'est écrit sur le papier)

Et le scénario

- dépenses de santé depuis juin 2007, vu le nombre d'examens réalisés, qui pourrait épouvanter le cancéreux le plus métastatique, celui qui a honte de dépenser l'argent de la sécu...
Tout ça offert par miss CMU la bien nommée

- Il hante les urgences. A même réussi une fois à passer 24 heures en réa (ils ont cru que c'était grave). Suivies de 10 jours d'hospit en médecine interne avec un bilan complet. Un micro-ulcère , c'est tout, traité en janvier, date ou je l'avais vu la première fois, toujours traité par une myriades d'anti-ulcéreux, qu'il faut changer sans cesse, aucun ne le soulage

- renvoyé par sa généraliste vers moi, elle n'en peut plus, la pauvre, et on comprend vraiment.

- Depuis janvier, il a eu: une IRM cérébrale. Indication: maux de tête, nausées, fourmillements diffus des 4 membres ! résultat de l'examen: normal
la semaine dernière : scanner abdominal et pelvien : normal

- Les troubles dont il se plaint aujourd'hui :
il a mal au creux épigastrique, ça remonte dans la poitrine, ça chauffe, puis ça va dans l'esprit...
Il a des traitements pour les douleurs abdominales dans tous les sens, il change sans arrêt, et prend même un antidépresseur.

Je saute sur l'histoire de l'esprit pour lui proposer les services de son sorcier locorégional. Y aurait pas une histoire d'envoutement la dessous ?
Mais cette hypothèse ne lui plait pas du tout, il insiste avec ses douleurs, ne veut pas accepter que je lui donne la bonne santé en service gourou payant

Ce qu'il veut, c'est de la maladie en libre service. De la vraie maladie. Je pense que ce jeune homme veut de la maladie parce qu'il sait par les copains, qu'être malade, c'est les papiers qui avancent plus vite, le séjour prolongé voire définitif en France quasi assuré...

Malheureusement pour lui,  il a 31 ans et il est en parfaite santé. Pas l'ombre de la moindre petite maladie à l'horizon. Et avec les examens qu'il a passés, la non-maladie est assez formelle...

Il est assez en santé d'ailleurs, pour pomper à plein régime dans les finances sans limites de la sécurité sociale. Ou comment "être en bonne santé à tout prix" ...




PS et comme il n'a pas de carte vitale, pour faire la télétransmission, nos chances d'être payés de ces longues consultations sont assez minimes... la sécu économisera donc une fois encore sur le dos des médecins.

par ML publié dans : colères
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Vendredi 8 février 2008
Je pense sincèrement que nous avons le seul métier dans lequel on peut tout nous reprocher, y compris quand on a traité un patient en toute conscience et qu'une complication est arrivée

Une patiente a eu une hémoptysie grave, ne s'arrêtant pas, pour laquelle il a fallu faire une artériographie pour obsetruction sélective de l'artère hémorragique.
Cet examen s'est compliqué d'une complication malheureusement connue et classique, à savoir une embolie  dans une artère cérébrale et d'un accident vasculaire. En fait, au passage des sondes endo-vasculaire, une plaque d'athérome s'est décrochée et est montée bloquer une artère du cerveau. La patiente garde quelques séquelles sous forme surtout d'une difficulté à se servir de sa main droite

Mais par dessus tout, elle poursuit de sa vindicte la pneumologue qui a demandé cet examen,. Le médecin n'a pourtant pas fait cet examen à la légère. Elle a aussi pris la peine d'aller bien en expliquer les indications, les raisons pour lesquelles il fallait le faire.  La patiente dit ne pas avoir été prévenue des risques de l'examen. Elle a été prévenue des risques qu'il y avait à continuer de saigner des poumons. A ce moment la, il n'est pas facile de prévenir les patients de TOUS les risques encourus (théoriquement , cependant , nous devrions le faire. Ce qui donnerait : vous allez passer un examen qui peut vous guérir , mais aussi vous tuer... Etes vous d'accord de le faire ?)
La malade par ailleurs n'exprime aucun reproche au médecin artériographiste, et ne sait même pas son nom. Le courrier qu'elle adresse a la pneumo, mentionne l'artériographiste sous le nom : Dr X.
Seul le médecin qui a demandé l'examen lui semble responsable de ses malheurs.

Ma collègue a parfaitement assumé cette complication, d'un examen dont elle avait posé l'indication. Elle a suivi et accompagné la patiente, avant de commencer à se faire laminer, oralement d'abord, puis par écrit maintenant

Elle s'est déja fait injurier au téléphone et hier a reçu une lettre de doléances.

Bien sur la malade a des séquelles, on ne dénie pas cela. Cependant, est-on d'accord que cette situation lui confère le droit de faire au médecin des reproches de cette manière ? .

La pneumo a passé la nuit éveillée, impossible de dormir, à retourner le problème dans sa tête, a refaire l'historique. Non, elle n'a fait que soigner sa malade, et a fait cela avec son sérieux habituel. Ce matin, ce médecin de 48 ans, pas née de la dernière pluie, elle en pleurait

Vous en connaissez beaucoup, vous , des gens qui peuvent se voir reprocher ainsi de cette manière de ne pas assurer 100% de réussite. Des gens que l'on peut , en toute bonne conscience atteindre dans leur dignité . Si vous blessez quelqu'un dans un accident de voiture, et que celui ci réagit en vous agonissant d'injures et d'écrits, vous avez le droit de porter plainte aussi. Alors qu'un médecin n'a le droit, lui , que de préparer sa défense. Car il est en tort, de toutes façons. 





par ML publié dans : colères
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Samedi 12 janvier 2008
Un monde de barbares
C'est ce que je me suis dit hier matin en entendant dès le réveil la polémique inventée par les journalistes au sujet du nombre de voitures brulées le jour de l'an.
Nombre variant bien évidemment selon l'heure à laquelle on commence et on finit de compter
Un truc vraiment passionnant  pour commencer la journée

Ensuite une consultation, avec un couple particulièrement épanoui.. Vous avez eu quoi exactement.. je ne sais pas, on m'a pas dit. On vous a fait quoi comme traitement? ... je sais pas on m'a pas dit. Vous avez fait une prise de sang de controle depuis la sortie de l'hopital? non, on m'a pas dit.. Passionnant. Le monde avance à grand pas !

Retour chez moi, le soir 22h 30. Je n'en plus. Depuis 8 heures ce matin, faut dire ça finit par faire long. Et vlan.. une dépanneuse bloque la seule rue d'accès au parking. Inutile de chercher une place, il n'y en aucune dans le quartier. La dépanneuse pourrait se mettre un peu sur le côté et les voitures passeraient. Demande gentille (ne pas jamais agresser les possesseurs d'un gros camion). Eh bien , non, même en demandant gentiment, le mec pense que lui a la légitimité absolue de te bloquer le passage, et que toi tu es seulement dans ta voiture à cette heure là en sortie d'agrément. Pas moyen de lui faire entendre raison. En plus il y a tous les poivrots du quartier qui sont sur le trottoir, et qui évidemment prennent son parti. Il bosse, lui, madame, me dit un d'entre eux. A la fin j'étais carrément exaspérée, j'ai appuyé lachement sur le klaxon. Mais enfin, ça suffit madame, m'a t'il hurlé. Vous empêchez les gens de dormir.... Et moi, ce mec, il le droit de m'empêcher d'aller me coucher, au motif qu'il bosse et  considère que les autres n'ont qu'a attendre qu'il ait fini ?

La même chose se passe dans un milieu hospitalier et hop, une lettre de plainte. A laquelle nous serons obligés de répondre.

Donc, c'est barbare. Le dépanneur dans la rue, il peut te parler sur tous les tons, te dire que tu es une emmerdeuse de seulement vouloir passer, et tu n'as aucun droit . Seulement celui de te faire le plus discret possible et de fermer ta gueule, sinon il peut te la casser, ta gueule...  Et toi, si tu dis au patient qu'il te casse seulement les pieds, avec ses examens oubliés, ses médicaments inconnus, ses compte rendus qu'il n'apporte pas, hop, le malade il a le droit de se plaindre en disant que tu l'as mal reçu.


par ML publié dans : colères
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Mardi 4 décembre 2007
Cela fait  fait 20 ans que je suis installée, et même si j'ai déménagé il y a quelques années dans la ville d'à côté, cela n'a pas modifié sensiblement , ni la distance maison-cabinet, qui est en moyenne de 14 kilomètres (je connais la distance à cause des impôts!) , ni  le parcours réalisé.

A ma disposition, pour l'aller plusieurs parcours différents. Au bout du compte ils se valent tous, et aucun ne s'est jamais révélé définitivement plus rapide qu'un autre.

Un atout pour un habitant de l'Ile de France. J'habite pas très loin du périph et je travaille en banlieue. Donc, normalement, comme tout le monde est occupé à remonter vers Paris, je ne devrais pas rencontrer d'encombrement. Encore que... C'est sans compter sur ceux qui veulent à tout prix s'approcher de la capitale le plus vite possible, et qui, dans cet objectif, se mettent toujours en travers de mes carrefours menant en banlieue, ce qui les rend difficiles à traverser...

Mon interrogation vient du fait que plus les années passent, plus cela me prend de temps pour aller et revenir . Enfin surtout pour aller bosser, car je reviens souvent quand tout le monde est déja rentré.

Au début c'était entre 15 et 25 minutes maximum.

Maintenant, c'est minimum 25 minutes, et parfois je mets plus de 3/4 d'heure à venir.

Il n'y a pratiquement aucun jour sans un problème sur un point quelconque du chemin. Un petit bout de périph (une porte) asphyxique, l'autoroute parfois bloquée, sans parler de la 186 qui est souvent à saturation, mais généralement pas au même endroit que la veille.

La solution de passer par les villes et non les grands axes, ne se révèlent pas plus fructueuse. Les petites ruelles calmes ne le sont plus à 8 ou 9 heures du matin. Livraisons, camion poubelle, voitures remontant vers Paris. Et puis les idées saugrenues de  municipalités qui prèfèrent les encombrements au passage fluide des voitures, et qui s'ingénient a inventer des sens interdits impitoyables , des raccordements insensés ramenant au point de départ, des voies de passage labyrinthiques.

Je sais que ce sont des récriminations de riche, là. Que je ferais mieux de préserver la couche d'ozone et d'éviter les émissions de CO2 en prenant les transports en commun.
Ma durée de trajet est alors de 35 minutes de porte à porte.
Seulement, j'avoue , je n'ai pas trop de courage de prendre le RER et le tram après 12 heures non stop, puis de traverser à pied le no mans land qui passe au dessus du périph. Encore moins quand j'ai des réunions le soir, ce qui arrive souvent. Et la plupart du temps, je trimballe mon ordi portable, etc, des excuses pour ne pas prendre les transports en commun, j'en ai plein les poches...

Toutes mes raisons de parisienne paresseuse sont bonnes. Il ne faut pas me critiquer. Encore si le bus s'arrêtait devant ma porte, je ferais peut-être un effort. J'irais bien en vélo, mais je me suis aperçue, les rares fois ou je l'ai fait, que les 14 kilomètres étaient extrèmement vallonnés ! Bien trop pour mes petites jambes pas sportives.

Alors je me contente de râler que je mets de plus en plus de temps. D'autant plus que je n'ai pas réussi à intégrer cela dans mon psychisme fatigué, et que je continue à partir toujours à la même heure, et donc à arriver de plus en plus en retard.
par ML publié dans : colères
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Jeudi 15 novembre 2007
Une fois de plus, mon petit dernier est platré. La jambe, cette fols

Donc impossible de rentrer à pied de l'école (à peu près 15 minutes à pied)

Entre hier soir 19 h et ce matin début de consultation 8 heures, cela ne m'a guère laissé de temps pour m'organiser

Mon mari n'est pas dispo. Mon mari présente un handicap sévère , qui ne l'empêche pas d'avoir des activités, mais le rend inadaptable à tout changement. Donc, aujourd'hui, il a d'autres occupations prévues et c'est impossible qu'il en change

La grand mère habite loin, et comme il y a toujours la grêve de la RATP, je ne peux pas lui demander ça.

D'ou l'idée de demander à l'école d'appeler un taxi à la sortie. Après appel auprès de l'assurance scolaire, c'est prévu. Je savais déja , remarque, c'est mon troisième, et j'ai déja donné dans ce système, bien pratique au demeurant.

Mais c'était sans compter sur la mauvaise volonté de l'école (privée).
Déja à l'heure du déjeuner , la gardienne m'a téléphoné en  me demandant si vraiment je ne pouvais pas m'organiser autrement. D'une part parce que , vu la grêve, bla, bla, et d'autre part parce que l'appel coute  35 cts d'euros par minute et vous comprenez, madame, l'attente... Je lui ai proposé de me facturer le temps d'attente, si vraiment cela leur posait problème, et elle a remballé son arguement fallacieux

Ensuite, elle m'a rappelée 10 minutes après la sortie de classe, en me disant qu'il n'y avait pas moyen de trouver un taxi, que cela sonnait sans répondre, etc... J'ai demandé à parler au directeur, mais il avait subitement disparu. De même , avait disparu tout administratif susceptible de recevoir mon indignation,  après les paroles de la fameuse gardienne: madame, vous n'auriez pas du vous organiser de cette manière, vous auriez du laisser votre enfant en étude et venir le chercher vous même...

Bien entendu, vieille pie, je vais stopper ma consultation, déja passablement plombée par tes multiples appels et aller chercher mon enfant à l'école.

Finalement, j'ai envoyé le mari, une fois que ses activités ont été finies. Mon fils a attendu 2 heures à l'école, mais cela n'a pas d'importance

La gardienne a quand même fait un abus de position dominante, la, vous trouvez pas.Se "faire" un docteur, quand c'est si facile, quel pied de le faire un peu expier....
par ML publié dans : colères
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Jeudi 8 novembre 2007
Entendu ce soir  sur France Info, le Pr Joël Menard, responsable d'un rapport sur l'Alzheimer

Entendu parler notamment de la "consultation d'annonce de la maladie"

La consultation d'annonce a été mise à l'ordre du jour par le plan cancer. Les patients ont réclamé une annonce de leur maladie faite dans des conditions qui ne laissent pas un indélébile traumatisme. En plus d'apprendre que l'on a un cancer, l'apprendre debout dans un couloir, ou entre 2 portes en 2 minutes, ou encore par téléphone, par courrier, cela était intolérable aux patients qui ont demandé plus de respect de la part des médecins.

La consultation d'annonce du cancer est donc une consultation longue, au cours de laquelle on doit non seulement apprendre au patient sa maladie, mais l'aider à gérer cette nouvelle, l'orienter vers une infirmière , un psychologue, l'écouter, être empathique.

Le grand drame de cela, tant pour l'annonce de cancer, que de maladie grave, c'est que l'on s'aperçoit de la vertu du temps consacré à autrui, pour l'aider. En un sens on redécouvre l'eau chaude. Autrement dit, on oblige les médecins à agir comme ils le faisaient autrefois, et comme ils devraient naturellement le faire dans ces situations dramatiques.

Mais alors, se demande t'on , pourquoi ne le font ils plus, pour quelles raisons doit on obliger le corps médical a consulter d'une manière qui parait évidemment appropriée.

Pour plusieurs raisons , je pense
- le montant du prix de la consultation. Une consultation de spécialiste est tarifée à 25 euros. Enlever 50% de charges et vous obtenez le gain net pour le médecin. Pour une consultation d'une heure, le médecin gagne une somme nette de 12,5 euros.
Par conséquent, si l'on demande aux médecins de consacrer plus de temps au patient, il faut le payer, c'est élémentaire, et indispensable.
- le nombre de patients. En moyenne entre 15 et 20 patients par demi journée. Pas facile avec cela de trouver le temps de consacrer autant de temps que nécessaire à l'annonce de maladie grave. Meme si cela ne concerne pas, bien sur tous les malades d'une consultation, heureusement.
- et puis, un point important sur lequel on se penche peu, est celui de la difficulté des médecins face à l'annonce de maladie grave. Les médecins ont aussi leurs blocages, leur caractère personnel, souvent ils sont dans une carapace, car c'est un moyen pour eux de ne pas souffir. Pour un certain nombre de praticiens, qui ne font pas face à leurs propres émotions, il n'est donc pas facile de savoir prendre en charge celle des autres.
Non les médecins n'ont pas appris cela pendant leurs études, et c'est une lacune.
par ML publié dans : colères
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