Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 22:37

Et si on me demandait ...  quelles mesures je proposerais pour réformer le système de santé 

 

Alors, moi, petit docteur spécialiste de banlieue, juste un peu bloggeuse, pas syndicaliste, pas politique...Je ferais 25 propositions...

Régulation:

1.      Faire la part entre les recours à la régulation de l’état, et les réticences à le voir se mêler de trop de sujets

2.      Définir vraiment les acteurs de pilotage du système de santé, et inclure les médecins et les patients dans le pilotage,

3.      Cesser de se fier uniquement au paramètre des coûts immédiats des dépenses et utiliser le paramètre coût/bénéfice des actions de santé.à moyen et long terme

4.      Définir  pour qui et comment des restes à charge sont acceptables socialement

5.      Transparence sur les autorisations, les financements, les attributions de spécialité, la réalité de la  démographie médicale


Coût de la santé:

6.      Rendre socialement acceptables les couts de la santé en clarifiant les charges incombant aux patients, en définissant un coût annuel maximal en cas de maladie grave

7.      Prendre en charge financièrement les soins de support en cas de pathologie chronique

8.      Transparence des acteurs de remboursement

9.      Définir avec le corps médical et les patients un « panier de soins »

10.  Clarification des rôles entre utilisateurs et payeurs : un assureur/guichet unique en soins de santé.

11.  Définir un contrat standard homogène à tarif régulé  que toutes les complémentaires (ou la sécurité sociale) devraient au moins offrir.

12.  Motiver financièrement les acteurs qui apportent de l’efficience au parcours de soins, qu’ils soient publics ou privés

13.  Clarifier les génériques. Un seul générique par molécule, ou bien un prix unique de remboursement de chaque médicament basé sur le prix du générique le moins cher.


Coordination:

14.  Déterminer et unifier la place, le rôle du généraliste. Le valoriser. Le rémunérer suffisamment pour qu’il puisse gérer son cabinet comme une entreprise viable et se faire aider pour les tâches administratives.

15.  Définir la place de la coordination des soins de ville. Autour du médecin généraliste, mettre en place d’autres acteurs, comme par exemple les infirmières de coordination.

16.  Définir la place des spécialistes de ville dans le système de soins

17.  Responsabiliser les patients

18.  Avancer plus vite dans la mise en œuvre de systèmes d’information partagés

19.  Fédérer les différents acteurs de santé (publics, privés) autour d’objectifs communs à tous d’une part et d’objectifs spécifiques d’autre part, avec des financements dédiés et transparents.

 

Décomplexification/simplification:

20.  Limiter les tâches administratives des professionnels de santé autant publics que privés

21.  Mettre en place des métiers spécifiques d’aide à l’orientation des patients dans le système de soins

22.  Promouvoir financièrement les initiatives et les expérimentations et la recherche clinique de manière à généraliser le plus rapidement possible les projets porteurs de progrès.

23.  Rémunérer les temps de coordination

24.  Innover sur la prise en charge des patients chroniques en terme de coût/efficacité et de suivi des protocoles de prise en charge, en collaboration avec les associations de patients

25.   Toujours gérer le système de santé en gardant à l’esprit que les choix ne doivent pas avoir pour objectif numéro 1 de faire plaisir aux électeurs mais que gérer la santé a  pour but d’améliorer la santé des individus et à terme la santé publique avec un coût socialement acceptable.

publié par: M.L.
commenter cet article
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 00:32

TRIBUNE - Une centaine de membres du le mouvement de défense de l'hôpital public (MDHP) publie sur leJDD.fr ses propositions pour améliorer le projet de loi santé du gouvernement.  

Créé en 2009 pour s'opposer à la loi Bachelot, le mouvement de défense de l'hôpital public (MDHP) rassemble des médecins hospitaliers. Une centaine d'entre eux rendent public sur leJDD.fr un contre-projet à la réforme santé de Marisol Touraine.

Résumé des propositions du MDHP

- Relu et revu par une libérale en grève

( en vert barré: texte original

en rouge: révisions)

1. La santé est un bien commun qui doit être également partagé et financé par la solidarité. Il s’agit d’un bien limité qui devrait être cogéré par l’Etat, les représentants des usagers/assurés et les représentants des professionnels. Cette cogestion devrait se faire dans le respect du libre choix pour les patients et de l’indépendance des professionnels. OK

2. Le principe éthique qui doit s’imposer dans tous les domaines de la santé relevant d’un financement solidaire est celui du "juste soin pour la personne au moindre coût pour la collectivité". Le gaspillage en santé pose d’abord un problème éthique  est une dimension à prendre en considération et à intégrer   Sa réduction doit faire l’objet d’une politique volontariste et être enseignée tout au long des études médicales et de la formation continue.

3. Il faut ??? définir un "panier de soins" remboursé à 100% par l’Assurance maladie, en supprimant les assurances privées dites "complémentaires"(mutualistes ou non) et en les remplaçant par des assurances supplémentaires prenant en charge les prescriptions et les actes ne faisant pas partie du panier de soins financé par la solidarité.

La définition de ce "panier de soins" doit reposer intégrer l’ ur une évaluation médico-économique. Elle doit prendre en compte   ETRE ENTIEREMENT REALISEE PAR DES l’avis des professionnels et des usagers dans le cadre de la démocratie sanitaire, la décision finale revenant à la représentation nationale en charge de l’équilibre des comptes de l’Assurance maladie = NON NON ET NON…. Ce n’est pas l’assurance maladie qui sait définir un panier de soins.

L’assurance maladie entérinera les propositions faites par les professionnels et les patients

4. L’équilibre des comptes de l’Assurance maladie doit être assuré impérativement chaque année soit par une augmentation des recettes (cotisations, CSG, taxes…), soit par une diminution des dépenses (c’est-à-dire une réduction du "panier de soins solidaire"), limiter les dépenses peut être aussi : non remboursement de certaines prestations  comme l’homéopathie, les cures thermales, etc ?  , ou encore, meilleur suivi des gros consommateurs de  ou par les deux mesures conjointement... mais, ce n’est pas tout d’écrire cela, il faudrait définir qui se charge de ça ? il faudrait ajouter  qu’il est impératif que le choix entre augmentation des taxes ou baisse des dépenses impose une discussion avec les partenaires de la santé, et une responsabilisation des soignants … et des patients.

5. L’hôpital n’est pas une entreprise marchande, il repose sur des structures de soins, principalement les services, où travaillent les équipes médicales et paramédicales sous la responsabilité fonctionnelle d’un médecin et d’un cadre de santé. Il vise à répondre aux besoins de la population (et non à "gagner des parts de marché") dans le cadre du plan régional de santé élaboré par les ARS (et en faisant participer les médecins de terrain +++) . Son objectif est l’efficience, non la rentabilité. Son objectif, superposable à celui de toute structure de soins, est d’allier efficience et faible coût. Il ne saurait privilégier telle ou telle activité en fonction de sa rentabilité financière… ? mais il doit malgré tout s’adapter à l’évolution de la société.  Il développe en partenariat avec la médecine de ville et avec les autres institutions médicosociales des activités de santé publique (BLA BLA). Un chapitre complet sur la santé publique.

6Le financement de l’activité de l’hôpital doit être mixte, reposant sur une T2A simplifiée, la dotation et le prix de journée, en fonction du type d’activités. Chaque mode de financement a ses avantages et ses inconvénients. Ce sont les trois qu’il faut utiliser conjointement. La régulation de ce financement doit être adapté à chaque mode de financement et réalisé au niveau de chaque hôpital : la T2A doit être régulée en fonction du dépassement de l’activité, le prix de journée en fonction de la durée de séjour, et la dotation en fonction de l’évolution de l’activité. L’investissement lourd doit relever d’une enveloppe régionale spécifique gérée par les ARS ou de prêts à taux zéro auprès d’une banque publique d’investissements, dans le cadre d’un plan national de modernisation.

Bon, ce chapitre la, c’est du recuit, juste pour dire que la T2A ne sert pas assez les intérêts financiers de l’hôpital et que l’hôpital public c’est si tant indispensable qu’il lui faut en permanence un financement supplémentaire.

C’est aussi pour dire que les autres (les privés, donc) peuvent se contenter de financement T2A mais n’ont pas besoin des régulations et des suppléments.

7. Le Service public hospitalier se définit par :

- ses missions spécifiques (accueil des urgences, maladies graves, populations vulnérables et précaires, gestion des crises sanitaires, prélèvements et transplantations d’organes, soins aux prisonniers, actions de santé publique à la demande des autorités sanitaires, …) ;=> venez voir dans les hôpitaux privés, pour constater qu’il en est exactement de même…

- ses obligations (non sélection des patients, respect des tarifs conventionnels, recherche permanente de la qualité des soins, formation continue des professionnels, adaptation aux besoins des populations, reconnaissance de la place des associations de patients, relation organisée avec la médecine de ville  et avec les autres  établissements de santé) ; ;=> venez voir dans les hôpitaux privés, pour constater qu’il en est exactement de même…

- le statut des établissements et des personnels assurant leur indépendance vis-à-vis d’acteurs économiques privés en quête non pas du juste soin au moindre coût mais de la rentabilité financière permettant de verser des dividendes aux actionnaires : les cliniques commerciales ne font pas partie du Service public hospitalier.  Mais…. On s’accroche au service public hospitalier comme à une bouée de sauvetage..

C’est pas bien de vouloir laisser au bord de la route de la rentabilité les médecins travaillant dans le privé car les médecins qui exercent dans des cliniques dites « commerciales » ne sont pas actionnaires, ne se versent pas de dividendes, les médecins qui exercent dans des cliniques dites « commerciales » sont juste des médecins exactement comme ceux du public, à une différence près : plus ils travaillent, plus ils gagnent mieux leur vie. De ce fait, l’activité est bien mieux organisée, afin d’optimiser la quantité de travail tout en gardant d’excellentes conditions d’exercice.

Les cliniques privées participent déjà depuis un bon moment au service hospitalier , on le rappelle à ces inestimables patrons, qui n’ont pas dû s’en rendre compte, elles ont des missions dites de service public, qu’elles assurent aussi bien que les hôpitaux publics.  

8. L’organisation en pôles de gestion médico-administrative doit être facultative, laissée à la décision conjointe du directeur hospitalier et du président de la CME. Elle n’a de sens que si elle s’accompagne d’une délégation de moyens. Plutôt que de dire ça, je leur conseillerais de dire que l’organisation en pôle doit être totalement repensée (mais ça c’est à voir mes camarades de l’hôpital public qui ont fini chefs de pôle, souvent de leur non-gré, et qui sont dans la désespérance.

9. L’Hôpital doit être dirigé conjointement par le directeur nommé par le directeur de l’ARS, le président de la CME élu par ses pairs et dans les CHU les représentants de l’enseignement et de la recherche. L’élaboration du projet médical relève de la CME et de son président. Il doit être soumis à l’avis des représentants des personnels paramédicaux et des usagers avant son adoption par la direction de l’hôpital. En cas de conflit, il appartient à l’ARS de trancher. Sans commentaire

10. Il convient de développer un certain nombre de nouveaux métiers et de nouvelles fonctions comme ceux d’infirmiers cliniciens ayant la possibilité de réaliser certains actes médicaux, de former les patients atteints de maladies chroniques et/ou leur entourage, ou d’assurer la coordination des différents professionnels. Ces infirmiers cliniciens doivent travailler en équipe avec les médecins. Il faut définir le statut d’infirmière clinicienne hospitalière spécialisée et créer des postes correspondants. Arrêter de dire « il faut » ou « il convient » serait plus propice au progrès. Et demander aux médecins et aux intéressés de définir ces métiers, plutôt que de faire des commissions confidentielles à la HAS décidant sur des critères personnels de qui développe quoi.

11. La qualité des soins suppose des personnels en nombre suffisant, correctement formés, habitués à travailler ensemble, en particulier lors de réunions de synthèses cliniques autour des dossiers des patients, et lors de réunions régulières analysant le fonctionnement de l’unité et les moyens de l’améliorer. Pour chaque unité de soins, doit être défini un quota minimal de personnels présents, garantissant la sécurité des patients. Ces quotas doivent figurer dans le règlement intérieur de chaque hôpital et être porté à la connaissance des personnels et des usagers. On se fait plaisir en écrivant ça, non ? Enfin, s’il faut du monde pour faire des réunions autour des dossiers, et de l’analyse des fonctionnements, que les patients ne s’inquiètent pas, les médecins ne leur consacreront pas plus de temps. Cela me donne envie de remplacer tout ça par un chapitre… minimisons le temps passé (et souvent perdu) en réunion de manière à optimiser celui consacré aux soins des patients.  

12. L’amélioration de la qualité des soins passe par son évaluation. Le nombre d’indices de qualité (taux de réhospitalisation précoce, nombre d’infections nosocomiales manuportées…) doit être limité. Leurs résultats doivent être rendus publics mais ils ne doivent pas être inclus dans le financement, au risque d’inciter les professionnels à "soigner l’indice plutôt que le patient". L’évaluation passe par des audits internes et externes, par des études comparatives, par des enquêtes anonymes de satisfaction des patients et des professionnels correspondants. L’utilisation des données de santé doit aider à diminuer l’hétérogénéité non justifiée des pratiques, à choisir les meilleures stratégies, à repérer les risques d’effets secondaires des médicaments. Tiens ! un chapitre avec lequel je suis OK

13. La prise en charge à la fois spécialisée et globale des patients suppose la coordination structurée des professionnels, la constitution dans certaines spécialités d’équipes mobiles, la création d’unités transdisciplinaires (gériatrie aiguë post opératoire), le développement de la télémédecine. Plutôt d’accord, mais je n’aime pas le mot « SUPPOSE ». La encore, pourquoi ne pas donner des idées sur la manière de développer de telles coordinations, dont on comprend le caractère maintenant indispensable dans la prise en charge des patients polypathologiques, chroniques et âgés.

14. Le statut ET LA MENTALITE des médecins hospitaliers doit être modernisé. On pourrait ajouter au statut commun de praticien hospitalier des valences variables d’enseignement, de recherche et de santé publique (incluant la gestion).

15. La recherche est une dimension essentielle de la médecine et en particulier de l’hôpital. Son champ est multiple allant de la recherche expérimentale et fondamentale à la recherche clinique en passant par la recherche en sciences humaines et sociales. La constitution de réseaux de recherche clinique doit permettre la participation large des acteurs des CHU des CH non universitaires et des centres médicaux et des maisons médicales à l’effort de recherche ET DES HOPITAUX PRIVES QUI FONT BEAUCOUP DE RECHERCHE , NE VOUS DEPLAISE. Le développement de la recherche médicale en France nécessite une simplification considérable du dispositif opérationnel public. Le développement de la recherche nécessite surtout du temps et de l’argent.

16. La construction (ah, tiens donc, les hospitaliers ne savent pas encore que la médecine de proximité existe déjà ?) d’un service de la médecine de proximité sans reste à charge pour les patients n’ayant pas les moyens de payer leurs soins +++.  suppose la La revalorisation du secteur 1 à tarif opposable EST INDISPENSABLE pour que la médecine de proximité puisse développer les missions du chapitre 13 à savoir la coordination structurée des professionnels(. Cette construction doit favoriser d’une part le travail en équipe regroupant médecins généralistes, spécialistes, paramédicaux, acteurs sociaux, d’autre part la coordination structurée des soins. Cette coordination nécessite la définition par les professionnels eux-mêmes des 1er, 2e et 3e recours, et l’organisation des rapports entre la ville et l’hôpital.)

Propositions de Chapitres ajoutés….

17- L’HOPITAL SE PENCHE AVEC ATTENTION SUR UNE COLLABORATION EFFICACE AVEC LA MEDECINE DE VILLE que ce soit avec les généralistes et les spécialistes qui font une médecine de qualité, et cela dans le but de coordonner avec la médecine libérale les parcours des patients.

18- les ARS, CHU, CH public s’employent à réduire l’isolement de l’hôpital public. L’hopital public doit s’impliquer aux côtés des professionnels de proximité dans la prise en charge des missions de service public, et de coordinations structurée des parcours patients

19 – L’Hôpital public se libére d’idées nocives et asphixiantes pour aller dans le sens de la modernité. Des idées délétères, totalement à contresens de la société… Telles que : seule la médecine publique est bonne, seule la meilleure médecine est publique, seule la médecine hospitalière publique doit récolter toutes les missions et tous les budgets, le privé ne pense qu’à l’argent, les médecins du privé s’en mettent plein les poches…

20-  L’Hôpital public copie les points positifs du privé : Une médecine associant rentabilité et qualité, prenant en charge les patients sans discrimination, et réfléchissant à chaque instant sur la manière de faire de la qualité à moindre coût.

21- L’hôpital public et ses patrons ne se croient plus seuls au monde de la santé.  Ils relisent leur contre-proposition de projet de loi de santé, et réalisent que le mot « médecine libérale » ne figure pas une seule fois dans leur texte. Ils comprennent alors que cela témoigne d’une profonde méconnaissance du système de soins de leur pays +++ et cessent de se frotter les mains en regardant les médecins de ville se battre contre une loi indigne d’une médecine de qualité souhaitée par tous, publics comme privés.

 

 

signature à faire en commentaire si ce texte revu vous agrée

 

 

Les signataires : 

Zahir Amoura (Paris), Daniel Annequin (Paris), Michel Attal (Toulouse), Hugues Aumaitre (Perpignan), Hervé Avet-Loiseau (Toulouse), Antoine Avignon (Montpellier), Jean-Marc Baleyete (Caen), André Baruchel (Paris), Pierre-Yves Benhamou (Grenoble), Etienne Bérard (Nice), Jean-François  Bergmann (Paris),   Jacques Blacher (Paris), Jacques Boddaert (Paris), Catherine Boileau (Paris), Dominique Bordessoule (Limoges), Pierre Bougnères (Le Kremlin-Bicêtre), Marie-Germaine Bousser (Paris), Eric Bruckert (Paris),  Francois Chast (Paris), Valérie Chigot (Paris), Joël Coste (Paris), Cédric Daubin (Caen), Anne Deburge (Férolles- Attilly), Nathalie De Castro (Paris), Bruno Devergie (Créil),  Alain Devidas (Corbeil Essonne), Caroline Dubertret (Colombes), Lise Dufaitre (Marseille), François Dulac (Haute Savoie), Anne Dutour (Marseille), Gilles Edan (Rennes), Alain Faye (Paris), Hervé Fleury (Bordeaux), François Fourrier (Lille), Jacques Frija (Paris), Noël Garabédian (Paris), Alain Gaudric (Paris), Philippe Genet (Argenteuil), Anne Gervais (Paris), Pierre Gibelin (Nice), Patrick Girardie (Lille), Cécile Goujard (Le Kremlin-Bicêtre),  Bernard Granger (Paris), André Grimaldi (Paris),  Antoine Guedeney (Paris), Julien Haroche (Paris), Agnès Hartemann (Paris), Françoise Huguet (Toulouse), Philippe Icard (Caen), Arnaud Jacard (Limoges), Clément Jimenez (Bordeaux), Jean-Pierre Kahn (Nancy), Tania Kharitonnoff (Dax), Laurent Labrune (Chambéry), Patrick Lamour (Nantes), Christophe Lançon (Marseille), Thierry Lang (Toulouse), Etienne Larger (Paris), Véronique Leblond (Paris), Emmanuelle Le Moigne (Brest), Jacques Lepercq (Paris), Etienne Leroy-Terquem (Meulan les Mureaux), Bruno Levy (Nancy), François Lifermann (Dax), Jean-Paul Marie (Rouen), Xavier Mariette (Le Kremlin-Bicêtre), François Martin (Dreux), Alain Masquelet (Paris), Vincent Melki (Toulouse), Noël Milpied (Bordeaux), Philippe Moulin (Lyon), Jean Naudin (Marseille), Bernard Odier (Paris), Frédéric Pain (La Rochelle), Antoine Pelissolo (Créteil),  Julie Peltier (Paris), Alfred Pennformis (Besançon), Georges Picherot (Brest), Jean-François Pinel (Rennes), Régis Piquemal (Blois), Marc Popelier (Rambouillet), Louis Puybasset (Paris), Gérard Reach (Bobigny), Vincent Rigalleau (Bordeaux), Ronan Roussel (Paris),  Arnaud Saint-Lézer (Bordeaux),  Rémi Salomon (Paris), Laurent Schmitt (Toulouse), Didier Sicard (Paris), Gerald Simoneau (Le Kremlin-Bicêtre), Thérèse Simonet (Caen), Nicole Smolski (Lyon),  Laurent Sutton ( Argenteuil ),  Antoine Tabarin (Bordeaux), Catherine Tardif (Rouen), Jean Louis Terra (Lyon), Guillaume Thiéry (Pointe à Pitre), José Timsit (Paris), Dominique Valla (Paris), Jean-Paul Vernant (Paris), Bernard Vialettes (Marseille), Jean-Louis Wemeau (Lille), Jacques Young (Le Kremlin-Bicêtre).

 

publié par: M.L.
commenter cet article
3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 23:06

Parler de « milieu » médical n’est pas une formulation anodine.  Cela sous entend une sorte d’économie souterraine, l’influence de puissances contraires voulant s’emparer du pouvoir.

Quelque part, il y a toujours eu du vrai à cela. Les médecins se veulent confrères, mais ce groupe professionnel soudé par en apparence par son appartenance commune, présente en réalité une aptitude  remarquable à jongler entre corporatisme et individualisme.

 

Le corporatisme est issu pour beaucoup de l’éducation reçue des maîtres, entretenue de longue date par la séparation des pouvoirs publics/privés.  S’orienter après les études médicales revient in finé à trouver son propre déterminisme. En raccourci, plutôt des titres et travaux et un sentiment de faire du social en restant dans le public, des honoraires libéraux et l’impression d’être libre en s’installant dans le privé.

 

Au delà d’un fort sentiment d’appartenance, les médecins sont pourtant des individualistes forcenés. Il y a autant d’individus en médecine que de motivations à exercer ce métier et à la manière de l’exercer. Il y a tant de réponses aux questions « pourquoi veux-tu devenir médecin ? » ou « comment veux-tu soigner tes patients ». Statut social, salaire, travail assuré, soif de connaissances, envie de savoir, de chercher, de comprendre, de soigner, de guérir. Histoire personnelle, parent médecin, parcours éducatif orienté. Dévouement total, partage de la médecine et de sa vie personnelle. Autant de médecins que de schémas.

 

Traversée de tant d’individualismes, la profession révèle ses difficultés d’adaptation.  

L’individualisme médical mâtiné de corporatisme induit des distorsions d’appréciation par les médecins. Chacun vient avec sa vision spécifique, chacun est « the » doctor qui détient la vérité. Les visions individuelles ne se fusionnent pas et génèrent des controverses au sein du « corps » médical. Sans parler de vraie fracture, on peut constater la fragilisation.

 

La fragilisation c’est qu’une profession sachant si bien être collective dans le refus, se révèle improductive dans la construction. L’énergie des médecins se gaspille dans une concurrence entre syndicats, entre groupes de pairs, publics, privés, généralistes, spécialistes, entre dates de grèves, jours de grèves idéaux ou couchevelesques.  Il en sort un discours sans cohérence, un discours compris par les seuls médecins, mais difficile à communiquer publiquement et cette impression cacophonique rend les plus motivés incapables de défendre des intérêts collectifs.

Ainsi, il apparait qu’il n'y a pas besoin de discréditer les médecins, ils se chargent de sonner eux-mêmes le glas de leur indépendance en étalant leurs divisions, leurs incapacités à se fédérer, et à diffuser un discours cohérent.

 

La santé est devenue un bien de consommation,  l’explosion de la dépense a introduit la notion de restriction et un incontournable contrôle politique. Les controverses parmi les médecins sont un boulevard pour les actions de ceux qui, eux, ont des objectifs déclarés, à savoir diminuer les dépenses de santé. 

 

Or, face à cette exigence sociétale, diminuer les dépenses de santé, nombre de médecins continuent de s’accrocher à l’imaginaire du soin, à estimer que se soigner reste un choix personnel des patients, sans vouloir admettre le glissement de la santé de l’individu à la santé publique et à son coût. Il reste inadmissible pour la plupart des médecins d’être traités comme des générateurs de dépense.

 

L’évolution serait pourtant que les médecins ne se positionnent pas en terme de repli, mais se mobilisent avec la société. Afin de faire des propositions tenant compte de ces profonds changements de paradigme. Revoir le paiement à l'acte agonisant et à des revenus décents.  Explorer la voie de changements garantissant l’indépendance professionnelle, mais aussi la médecine de proximité. Trouver des remèdes à l'inflation des tâches administratives et des contrôles bureaucratiques, ne pas se laisser étouffer par les spectres de la loi, de la sécu, des mutuelles.

 

Hélas ni les médecins libéraux, ni leurs syndicats ni la ministre ne semblent prêts à trouver un cahier de charges partagé à la guerre de position actuelle.

publié par: M.L.
commenter cet article
3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 00:44

Restons en cuisine pour tenter de mieux comprendre le tiers-payant généralisé.

Le prix de la consultation c’est un œuf (décrit précédemment) le paiement à l'acte expliqué en oeuf

A l’heure actuelle chaque œuf est  métabolisé ainsi :

Le patient consulte (qui il veut, quand il veut) et dans presque tous les cas accouche d’un œuf qu’il remet au docteur avec précaution. La coquille renferme des germes nutritifs destinés à nourrir le médecin. Le docteur garde l’œuf pour lui, et en échange, il utilise ensuite une sorte de feuille de salade verte numérotée appartenant au patient, qu’il introduit dans une fente mystérieuse.

index.jpg

 Le médecin tapote  3-4 boutons, cela déclenche une sorte de digestion à distance de l’œuf. Le jaune est tout d’abord remboursé au patient par la sécu, puis le blanc par la mutuelle. Le blanc étant plus coulant, une partie s’écoule en chemin, et il est courant que la mutuelle ne puisse le rembourser  en totalité.

Le patient se plaint de cette formule. Souvent il dit que pour se soigner il faut en pratique donner un bœuf pour récupérer  un œuf. Une sinistre de la santé allergique à l’oeuf libre en déduit que les patients vivent chaque jour un drame culinaire, et décide de changer  la recette.

Ne pouvant anéantir à tout jamais les échanges d’œufs (bien que son désir soit grand..), la sinistre de la santé est obligée d’admettre que les œufs durent tant que la médecine libérale perdure. Alors  elle décide de brouiller les oeufs

Désormais si les médecins veulent rester libéraux et continuer à se nourrir des œufs, ils doivent entendre le caquet des poules de la sécu, et le cocorico des coqs de la mutuelle.  Et se conformer aux nouveaux modèles de fonctionnement de la basse-cour.

Première étape : le patient (verra toujours qui il veut, quand il veut) mais ne  remettra plus aucun œuf au médecin. Il pourra donc laisser son  panier à la maison. Par contre, il ne devra pas oublier  sa petite feuille de salade verte, partie vitale de la consultation. Une seconde petite garniture appelée carte de mutuelle contenant de nombreux numéros incohérents devra également être remise au médecin.

 images.jpg

Durant cette première étape, la consultation va évoluer. Concentration oblige, pendant que le médecin introduit la recette de la mutuelle du patient dans le four électronique, la relation médecin-patient va se prendre un vrai temps d'incommunication. L'inverse de ce que le malade recherche, en somme.

Seconde étape, le médecin continuera exactement la même méthodologie qu’il connait déja. Feuille de salade vitale et numéros de mutuelles mélangés dans la fente, et clics… en apparence tout est simple. Tout est simple dit la sinistre.

Mais … La vraie histoire de l’œuf médical du XXIème siècle commence alors.  recherche.jpg

Une fois injecté dans le circuit vital,  l’œuf va se séparer en plusieurs parties. Un nouveau jeu médical, que l’on pourrait baptiser le JEU DE LA ROUTE VERTE, sera alors créé, et occupera les rares loisirs du médecin : comment  récupérer les différents morceaux de ses œufs. Objectif : reconstituer le plus d’œufs entiers possibles.  route-verte.jpgBien entendu, comme tout jeu, il sera semé de pièges, d’embuches, de questions insolubles, de retour à la case départ, de séjours dans la case prison. Une sorte de monopoli-tique de la route vitale.

Une moyenne de 30 œufs de consultations par jour à reconstituer.  Les médecins vont passer un temps fou à jouer au jeu de la Route Verte.. Durant cette seconde étape, la consultation va encore évoluer. Car, s’il veut quand même dormir un peu la nuit, et parfois se reposer, le médecin devra supprimer certaines consultations pour trouver le temps de jouer à reconstituer ses œufs.

La coquille correspondra au 1euro actuellement retenu au patient pour chaque consultation. Ah, ça ?

La sécu, en tant que pivot central, sera chargée de la partie bien ronde de l’œuf, le jaune. Les tuyaux de récupération ayant déjà été testés préalablement.  Ca ne marche pas à 100% mais cahin-caha c’est gérable.

En revanche, le blanc bien que coulant, va se révéler dur…  à obtenir.

800 aubergistes environ distribuant du blanc, à quelle porte frapper quand le blanc n’est pas payé ? il serait idéal que le docteur puisse embaucher des marmitons pour battre les blancs, mais les marmitons sont chers. Et maintenant, il faut les faire travailler un minimum de 24 heures par semaine, selon une invention d’un autre sinistre copain de la première. N’ayant point de budget marmiton, alors, le médecin risque de troquer son habit de diafoirus.jpg contre celui de cuisinier.jpg

 

Et puis, au terme de ce parcours culinaire, et de nuits et dimanche d’amusement, les médecins ont toute chance de reconstituer des œufs comme ça.

oeuf-casse.jpg

 

Vous trouvez ce modèle simple (ainsi que l'assure l'imperturbable sinistre de la santé?

Vous trouvez ça normal ?

publié par: M.L. - dans colères
commenter cet article
30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 01:17

CE QUE DIT LA MINISTRE:

Tout va parfaitement bien sans les médecins

On notera avec intérêt et questionnement que les ondes politiques appartiennent en exclusivité à la Ministre de la Santé. Aucun autre membre du gouvernement ne s’exprime publiquement sur la grève des médecins ces jours-ci…

 

Alors que certains décrivent des urgences "en saturation" ou "au bord de l'explosion", Marisol Touraine a affirmé le 25 décembre que le grève des médecins généralistes n'avait provoqué "aucun afflux.

"J'invite à regarder avec précaution les chiffres avancés du nombre de grévistes" pour deux raisons: "les médecins ne sont pas tenus de se déclarer et il y a des cabinets qui sont fermés de toute façon parce que c'est la période des fêtes" a-t-elle mise en garde. 

 


Marisol Touraine de « se répandre sur les ondes en prétendant qu’il ne se passe rien et que les services d’Urgences hospitalières ne sont pas débordés ».

 


Site d'actualité Le Point

Le Point - Publié le 29/12/2014 à 19:58 - Modifié le 29/12/2014 à 20:11  

Marisol Touraine : "Je comprends l'inquiétude des médecins"

 

 

Logo Les Echos News

Les échos : 29/12/2014

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a promis ce lundi aux représentants des cliniques la constitution d’un « groupe de concertation » sur la question de l’accès aux soins .


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0204044795528-touraine-lache-du-lest-pour-eviter-la-greve-des-cliniques-1078850.php?c8U05QE2J8yrvmVu.99
  • ·  Créé le 29.12.2014 à 19:42 Mis à jour le 29.12.2014 à 22:37

SANTE Le mouvement de grève est plutôt bien suivi... mais Pour Marisol Touraine, il n'y a pas de difficultés d'accès aux soins

Nous ne constatons pas de difficulté dans l'accès aux soins sur le territoire national», a assuré Marisol Touraine, interrogée par la presse en marge d'une visite au Palais de la femme, un centre d'hébergement de l'Armée du Salut à Paris (XIe arrondissement)


BLOGUE DE MARISOL TOURAINE

http://www.marisoltouraine.fr/ 

Prise en charge des patients pendant les fêtes : aucune affluence anormale dans les services d’urgence 

27 décembre 2014 Posted in: Communiqués, Politiques santé

 


 

Grève des médecins: Marisol Touraine se veut rassurante

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé lundi 29 décembre qu'il n'y avait "pas de difficulté dans l'accès aux soins" due à la grève des médecins

 


 

Après une semaine de grève, l'état des négociations est au point mort. Face aux nombres de grévistes (entre 40 et 80% pour les généralistes selon le syndicat MG-France), le gouvernement nuance en mettant en avant que les cabinets fermés à cette période l'étaient aussi pour cause de vacances. Pour sortir de cette impasse, la ministre de la Santé pourrait jouer la montre, le texte ne sera débattu à l'Assemblée qu'au printemps prochain. Et user de pédagogie pour faire passer la pilule: "Elle n'a peut-être pas assez rassuré les médecins en expliquant que le tiers payant prévu s'étendra progressivement, sans occasionner de retard de paiement ou de pertes de revenu",

 

CE QUI SE PASSE EN VRAI

Tout ne va pas si bien que cela, après 6 jours de grève des généralistes et 5 jours de grève des spécialistes


1-    Connaitre le nombre de médecins en grève est facile: Les médecins se sont déclarés en grève

 Modus Operandi syndical :
- Pour médecins d’établissement :

envoi en R/AR par équipe avec la liste des noms des praticiens de  l'équipe à la direction et une copie non R/AR au : DG ARS : Mr Claude Evin
AGENCE REGIONALE de SANTE
35 rue de la GARE
7 5 9 3 5   PARIS   CEDEX 19 
ou toujours à l’ ARS : DGOS: > Mme. Anne-Marie A…
Meme adresse

- Pour les cabinets  individuels de ville, R/AR au conseil départemental de
l'ordre.  Conseil départemental de  > l’ordre des médecins du 92
51, rue Baudin  92 300  Levallois-Perret
   

2-   Il y a des Réquisitions à tour de bras

D’où le fait que les urgences ne sont pas saturées, les médecins de ville étant réquisitionnés ainsi que les urgences du privé

SOS Médecins rejoint la grève

Les réquisitions des quelque 1.000 médecins de l'association, qui ne couvraient que des périodes de nuit (20h00-08h00), ont été étendues, a expliqué son président Dominique Ringard à l'AFP. Les 64 structures sont réquisitionnées : certaines en journée et la nuit, d'autres que la nuit. A Sens dans l'Yonne, SOS Médecins "a été réquisitionné du 23 décembre au 6 janvier", dit-il.

 


Christian Lehmann@LehmannDrC 28 déc.

Urgences saturées, réquisitions à la pelle. Après avoir dit que la grève n'avait aucun impact, @marisoltoubaigne serait partie en vacances??


 

« Réquisitions en masse = libéraux indispensables », le CQFD de la CSMF

La Confédération estime que les réquisitions ont touché « de nombreux médecins libéraux (...) dans les cabinets de ville, dans les maisons médicalisées de garde, dans les établissements de soins privés et même dans les centres de régulation libérale (...), alors qu’ils étaient grévistes, pour assurer la garde en particulier ce week-end ».

Face à ce mouvement, un arrêté préfectoral a été pris pour réquisitionner plusieurs médecins en Dordogne. Avant Noël ils ont ainsi reçu la visite des forces de l'ordre dans leur cabinet. Emmanuel Frigout, généraliste non gréviste à Monpazier n'a pas vraiment apprécié la méthode. "Les gendarmes m'ont expliqué que je devais être de garde pendant cinq jours et cinq nuits en plus de ma semaine de travail alors que nous nous étions déjà organisés avec les collègues", explique le médecin qui a refusé de signer le papier. "Ce rythme de travail peut poser de vrais problèmes pour la justesse de nos diagnostics."


Dans la clinique ou j’exerce : 47 praticiens réquisitionnés dès le premier jour… L’ARS ne se fatigue pas à nous chercher chez nous, elle adresse les réquisitions au directeur d’établissement, en se basant sur les listes de garde et d’astreinte des médecins libéraux qui lui sont transmises comme pour toute structure assurant les permanences de soins


3-     Ca commence quand même à chauffer vraiment

dans certaines urgences et certains  centres 15

Docarsène@docarsene 11 hil y a 11 heures  

Explosion au standard C15 du Bas-Rhin. Delais de rappel conseil pdsa > 1h et delais d'intervention > 4h malgré réquisitions

 

Grève des médecins : "coup de chaud" dans certains Centres 15

par Rédaction de France Info lundi 29 décembre 2014 20:26

Dans une majorité de régions, le taux de cabinets fermés, en cette veille de Noël, atteint 80%, voire 90% : Alsace, Bretagne, Centre, Basse-Normandie, Pays-de-Loire, Lorraine, Picardie, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes, Couronne parisienne, notamment.

 

 


Sur le terrain, les sons de cloche sont différents. "A Besançon, l'Agence régionale de santé a réquisitionnés en plus car les urgences sont complétement débordées", affirme à L'Express Dominique Ringard, président de SOS médecins qui estime que "les urgences sont plus engorgées que ce que l'on dit". A l'hôpital d'Amiens, les appels ont doublé voire triplé, rapporte France 3. Même chose dans l'Oise ou encore à Saint-Nazaire, où Ouest-France note une augmentation d'environ 20% de l'affluence. A Roubaix également, les urgences sont débordées, d'après Le Monde
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/urgences-saturees-a-cause-de-la-greve-des-medecins-le-vrai-test-a-lieu-ce-lundi_1636097.html#KdqodeVdfPz7uBDf.99

Centres 15 pris d'assaut

"La situation est tendue, un peu comme tous les hivers, qui plus est avec la concomitance de l'épidémie de gastro-entérite. C'est la même catastrophe que d'habitude", commente pour L'Express le Dr Christophe Prudhomme. Le porte-parole de l'Association des médecins urgentistes (AMUF) estime que la difficulté est davantage liée au manque de lits qu'au mouvement de protestation des médecins. "Le retentissement de la grève se fait surtout sentir au niveau des centres 15 qui connaissent un nombre d'appels plus importants que d'habitude


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/urgences-saturees-a-cause-de-la-greve-des-medecins-le-vrai-test-a-lieu-ce-lundi_1636097.html#KdqodeVdfPz7uBDf.99

 

 

Picardie

Picardie 

Après les généralistes et les spécialistes, les praticiens picards de SOS Médecins rejoignent le mouvement de grève national lancé par leurs 65 associations. La continuité des soins sera cependant assurée par réquisition.

 

Centres 15 saturés selon SOS Médecins

SOS Médecins souligne donc une mobilisation "très suivie"des médecins libéraux ces derniers jours, pesant sur des Centres 15 "saturés". Selon MG-France (syndicat de généralistes), entre 40 et 80% des généralistes fermeront leurs cabinets dans les trois jours à venir. Chez les spécialistes, la participation dépasse les 80% selon la CSMF.

 


Conclusion (désespérante ? desespérée ? ….)

La ministre indique qu’elle ne sait pas si les médecins sont en grève ou à Courchevel. Or les consignes de grève indiquaient bien aux praticiens de prévenir l’ARS et le conseil de l’ordre. Elle a donc forcément des chiffres, qu’elle se garde donc de communiquer.


Et puis, paradoxalement, Lorsque l’on essaye de joindre le ministère, la réponse est que Marisol Touraine est en vacances jusqu’au 2 janvier prochain". Elle aussi, donc, prend des vacances ? alors que les principaux intéressés de son ministère se soulèvent en masse contre ses actions ?!

 

La ministre décrit une situation stable et sous contrôle, mais omet complètement de préciser que c’est obtenu par des réquisitions à tour de bras des médecins libéraux en grève


J'ajouterai si vous le voulez bien mon commentaire personnel à cette liste de publications presse.

A titre personnel, donc, je vois l’avenir proche ainsi : Mme Touraine implore chaque jour et plusieurs fois par jour les Dieux de la Politique… elle les supplie sans faiblir de faire arriver d’ici un jour ou deux un premier vrai couac médical, genre un incident qui fait bon écho dans les médias. Un patient mal pris en charge, qui aura erré des heures pour se faire soigner et aura frappé à des portes fermées dans le froid. Voire un vrai mort, pourquoi pas, ce serait encore plus frappant pour les esprits. Alors, soudain, la grève deviendra bien réelle, si réelle que les patients devront tout à coup être défendus par la ministresse toutes griffes dehors.  Elle inondera en boucle les ondes d’une fronde d’accusations contre les méchants médecins libéraux en grève qui n’assurent pas les soins de la population …

Discréditer les médecins  est ce que sait le mieux faire Mme Touraine

Discréditer les médecins quand on est Ministre de la Santé, c’est quand même pas la classe.... 

publié par: M.L.
commenter cet article
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 00:50

Décembre 2014 … Le  corps médical semble réussir l’incroyable pari depuis longtemps oublié : se mettre en ordre de bataille pour faire une grève très suivie.

Malgré des  points de vue cacophoniques, des consignes variées, des dates erratiques de grève, qui pour  les MG, qui pour les spécialistes, qui pour la FHP.

Sur la communication de cette grève, on pourrait dire bien des choses en somme.

Il apparait cependant qu’une des armes de guerre d’une grève, à savoir la communication, ne se fait pas à armes égales ….

Les médecins bataillent plus par écrit, utilisent le net et les mails. Mais hélas, ils communiquent prioritairement  entre eux, et d’autre part passent des messages discordants. Du coup, la communication médicale  circule mal en direction du grand public… De l’autre côté, les politiques profitent de leurs accès aisés aux ondes pour répéter à l’infini des slogans monomaniaques aux électeurs que sont les patients.

En piochant dans la presse médicale (Quotidien du Médecin, Egora, Mediscoop, Jim), ça donne :

Chacun "SA" revendication

Patrick Bouet, président du Cnom, s'inquiétait que "l'Etat [soit] en train de transformer le médecin généraliste en super administrateur multitâche, au détriment de sa mission première".

La FMF rappelle qu’il ne faut pas se tromper de combat: ce projet de loi est le préalable au démantèlement de notre système solidaire de soins

CSMF Le projet de loi de Santé vise à organiser l’étatisation du système de soins et à briser l’exercice libéral. Le Gouvernement affiche désormais de façon très claire sa préférence pour l’hôpital », analyse la Confédération, La CSMF porte deux revendications :d’une part la réécriture complète du projet de loi pour faire de cette réforme un texte utile au développement de la médecine libérale, et d’autre part une revalorisation tarifaire. La CSMF exige l’ouverture d’une grande négociation tarifaire, dont la première étape doit être la revalorisation de la consultation de base C et CS à 25 €

SML Pour défendre votre liberté de choisir les professionnels de santé qui vous accompagnent au quotidien, mise en péril par le projet de déréglementation

Jeune SNJMG : Risque de démantèlement du métier de médecin avec les infirmières cliniciennes et la vaccination confiée à d'autres professions, consultation bloquée à 23 euros, mauvaise gestion des ressources de santé sont les principaux griefs portés par le SNJMG pour expliquer la grève du 6 janvier.

Remplaçants : Grève : une date peu opportune pour les remplaçants, qui se démarquent
            Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) et le regroupement         autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (REAGJIR), ont refusé de        s’associer à la grève contre le projet de loi de santé, critiquant la date retenue pour la   fermeture des cabinets.

CSMF encore : L'accord des urgentistes illustre la préférence du gouvernement pour l'hôpital, estime la CSMF

Les médecins commentent les articles sur la grève dans les journaux on line : non académique

Citations

Yaquafautkon : « Il faut convaincre que c'est la FAUTE du MINISTRE s'il y a la grève, et pas la faute des médecins ni des patients »

Réaliste : « Il y a un quiproquo autour du mot 'libéral". La vraie médecine libérale est celle qui est affranchie de la Sécu (..) . Il faut arrêter de revendiquer à cor et à cri une liberté d'exercice tout en profitant des avantages du conventionnement.  (…) Il faut donc trouver un deal avec ceux qui nous conventionnent, et arrêter de brandir un "droit" à la liberté qui n'existe en fait que dans nos têtes. Et certainement pas dans les faits »,

Gros râleur tous azymuths : «  Les vexations multiples : tiers payant OBLIGATOIRE ; assez de la coercition. NS à la main, harcèlement des caisses sur les IJ, délégation de tâches à "l'aveugle", sans concertation, ni visibilité à terme, ni compensation pour les médecins : que ferons nous demain ? Paperasse, gardes, arrêts de travail, bons de transport.
Assez du « disease management » des caisses, SOPHIA et autres PRADO qui coûtent une fortune sans que l'on puisse en évaluer la pertinence. Assez du manque de moyens, du manque de personnel, des conditions d'exercice qui deviennent intenables. »

Défaitiste : « Syndicats ou pas, le Waterloo médical approche et nous n'aurons plus qu'à dire le mot de Cambronne avant que la garde ne meure ».

Pédant : « Tout cela est grotesque et indécent... »

Dramatique : « Exit la sécu et l'ordre des médecins . Les instances tierces républicaines sont dégagées du pouvoir. Les syndicats sont morts. Il n'est plus temps de faire semblant. Le système sanitaire français va passer aux mains de non professionnels et la régression consécutive va exposer la France à des catastrophes que nous ne connaissions plus. Pour commencer, demandez aux collègues chirurgiens combien de temps ils vont pouvoir rester sur le territoire si on leur interdit les compléments libres du secteur 2. Et le scandale des génériques par qui va t il être exploré ? Etc.. »

Méditatif : Journal médical (JIM) : Derrière ce discours militant, l’unanimité n’est pas totale et tant la forme que le fond de cette contestation entraînent quelques critiques et grincements de dents.

Toujours de bonnes raisons : le besoin de se justifier de ceux qui ne veulent pas en être 

« Les dates choisies sont complètement absurdes. La presse va s'empresser de faire l'amalgame grève = vacances. De plus, la plupart des médecins se font remplacer lors de cette période. Les remplaçants ne feront pas grève. » 

« Et enfin, une semaine entière ? Comment ne pas culpabiliser auprès des patients ? J'ai bien peur que cela ait un mauvais impact sur la population et nous avons besoin du soutien de la population pour sauver notre profession. Une journée de grève en pleine semaine hors vacances scolaires est plus judicieux et mobilisera plus de médecins.. »

La mauvaise foi , moteur des discours monomaniaques de ceux qui ont un accès facile aux médias

MST : Le TPG bon pour la justice sociale

Tous ceux qui auront besoin de consulter un médecin seront pris en charge »,assure le ministère de la Santé

Marisol Touraine a rappelé qu'elle est "prête à discuter" du tiers payant avec les médecins libéraux "à la rentrée" mais "pas maintenant" 

Président de la Mutualité :

-          La généralisation du tiers payant facilite l'accès aux soins,

-           « les syndicats de médecins spécialistes n'ont pas intérêt à ce que le tiers payant généralisé soit mis en place car il sera un redoutable révélateur des dépassements d'honoraires »

-          Etienne Caniard, président de la Mutualité française, notant que Le ministère de la Santé assure que la fermeture des cabinets de médecins libéraux du 23 au 31 décembre 2014 et l'arrêt d'activité des cliniques à compter du 5 janvier 2015, ne seront pas un obstacle à la continuité et à la permanence des soins

 

Valls :c'est le Premier Ministre Manuel Valls qui s'est exprimé au sujet de la fronde du monde médical. "D'une manière générale, la porte du gouvernement, de la ministre, est ouverte à la discussion, à la négociation"

 

Des faux-gentils qui arrivent après la bataille pour dire qu’on n’aurait pas du procéder ainsi : « un nouveau ténor socialiste spécialiste de la santé regrette l’absence de concertation du corps médical lors de l’écriture du projet de loi de santé. « On ne fait pas une réforme du système de santé contre les médecins. Il y a eu un problème de méthode. Si le ministère avait mieux concerté, nous aurions évité des psychodrames... », explique ce lundi au « Figaro » le député PS de Haute-Garonne, favorable à une ouverture de négociations sur les tarifs des généralistes. »

CISS : « Vous savez, même dans le milieu médical, on appelle ça faire la grève à Megève, ironise l’ancien président du Collectif interassociatif, Christian Saout sur la santé (CISS),dans un entretien avec "La Dépêche du Midi".

Et pour (ex)terminer une grève médicale,  des gros mensonges faciles quand on a un accès ouvert aux  aux ondes et à la presse.

le président de la Mutualité : La généralisation du tiers payant facilite l'accès aux soins, affirme le président de la Mutualité. Il est déjà pratiqué par près de 100 000 professionnels de santé en France, de manière volontaire et à la satisfaction de l'immense majorité d'entre eux et des patients. »

Le président de la Mutualité, persuadé que la mise en œuvre du tiers payant généralisé peut se mettre en place sans nouvelle charge administrative pour les praticiens.            

Le ministère de la Santé tente de rassurer les médecins en indiquant que le dispositif pratique sera «simple, rapide et sécurisé».

MST : Je suis prête à discuter sur les modalités de mise en œuvre pour garantir, bien sûr, que les paiements interviendront rapidement et simplement."

Olivier Véran, député PS et rapporteur du texte à l'Assemblée, souligne ainsi : « Je veillerai à ce que toutes les garanties soient données quand le texte sera présenté au Parlement. Il faut que nous démontrions que le dispositif n'alourdit pas les tâches administratives des médecins ».

Heureusement, de ci de la, quelques grains d’humour médical

A l’adresse d’un politique : « Souhaitons-lui simplement une gastro carabinée pour Noël sans médecin de garde et avec une attente de 8 heures aux urgences ».

Motivation aux confrères  « 1/ Vous êtes bobologue de 1er recours : pas besoin de faire grève 2/ Vous êtes médecin : pas d'autre choix que faire la grève.  A chacun de savoir à quelle catégorie il appartient...... »

publié par: M.L.
commenter cet article
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 18:04

Tous les patients qui imaginent que rien ne changera pour eux au travers de la loi de santé du gouvernement Hollande et de Madame Touraine, se trompent. 

La loi de santé changera de manière fondamentale le paysage de la santé en France.

Il faut voir l’exceptionnelle mobilisation de tout le corps médical pour une grève dure à partir de Noël. C’est que la gravité de la situation et des changements envisagés est bien réelle, qu’elle n’améliorera ni la santé des patients, ni les conditions d’accès aux soins, et dégradera profondément les conditions d’exercice des médecins.

Les médecins ont conscience que les patients entendent nos revendications avec partialité, de loin, habités de l’intime conviction que nous sommes opposés à toute évolution en matière de santé, et que nous défendons nos intérêts catégoriels

Mais la loi de santé impactera autant, voire plus, les patients que les médecins.  En tant que patient, vous ne sauriez raisonnablement pas croire qu’on peut modifier aussi amplement les conditions de vos prises en charge tout en gardant ce qui fait l’excellence du système de santé privé français. En tant que patient, ne vous illusionnez pas en croyant que l’on contraindra seulement le corps médical et aucunement les patients. En tant que patients, vous avez encore plus à perdre que les médecins. En tant que patient, il ne faut pas se contenter d'approuver la partie émergée de l’iceberg (pas de frais de santé à débourser), sans avoir conscience de ce qui se profile dans le sillage de cette loi et des nombreux bouleversements qu'elle implique.

 

Mon intérêt à moi, docteur, c’est que la  loi  de santé ne passe pas

  1. Parce que j’ai fait au moins huit ans d’études, que je travaille déjà sur des horaires de disponibilité de plus de 50 heures au pays des 35 heures et que les honoraires me confèrent un revenu bien bas  quand on compare à bien des métiers de niveau bac+8. (normal, car la moitié partent en frais, URSSAF, retraite, assurance, etc.)
  2. Parce que l’on m’accuse de prendre les patients en otage dès lors que je proteste ou intente une action pour défendre mes droits
  3. Parce que être installée en libéral ou dans une clinique privée ne signifie pas que j’ai des actions ni que je perçois des revenus d’actionnaires
  4. Parce que le secteur privé apporte une grande qualité de soins, avec certes des dépassements, mais des restes à charge le plus souvent modérés et adaptés à la réalité de la vie des patients
  5. Parce que les dépassements d’honoraires sont le seul remède à l’insuffisance, voire au blocage des honoraires et particulièrement des actes chirurgicaux depuis des années ( la moitié d’une consultation à 23 euros part en frais, URSSAF, retraite, assurance, etc.)
  6. Parce que l’on obligera par la contrainte les médecins à aller s’installer dans des endroits ou ils ne veulent pas exercer, et sans contrepartie
  7. Parce que la loi n’est pas pilotée clairement.
  8. Parce que la loi fait la part belle aux mutuelles en tant qu’acteurs de santé, en leur donnant une place officielle  à côté de la sécurité sociale
  9. Parce que l’obligation de signer un avenant (appelé avenant 8) sur les dépassements maximum était un leurre politique permettant de faire entrer les mutuelles dans la cour des gestionnaires des dépenses de santé.
  10. Parce que malgré l’avenant 8 limitant les dépassements d’honoraires, on veut imposer aux médecins de ne faire que des actes sans aucun dépassement dès lors qu’ils exercent dans un établissement privé ayant une mission de service public, ce qui est une paupérisation de nombreuses spécialités chirurgicales.
  11. Parce que la  loi de santé est hospitalo-centrée, ce qui est inepte à l’heure ou l’on parle de coordination et de parcours de soins
  12. Parce que cette loi a un objectif seulement financier, assaisonnée de bonnes paroles sur les préventions et dépistages, et les paquets de cigarettes anonymisés, mais  qu’elle n’a pas d’objectif de santé publique. Autrement formulé, que les patients soient bien ou mieux soignés est secondaire du moment que l’on limite les dépenses.
  13. Parce que cette loi vise à contraindre le corps médical, mais ne fait aucune place à l’amélioration du soin des patients
  14. Parce que je n’ai pas envie de passer des heures à courir après les honoraires des tiers payants non réglés
  15. Parce que si je passe du temps à courir après les tiers-payants non réglés, ce sera du temps ou je ne pourrai plus assurer de consultations (car mon temps n’est ni élastique, ni extensible à l’infini)

 

 

Votre intérêt à vous, patients, c’est que la  loi de santé ne passe pas.

  1. Sur le nombre de médecins formés en France, pourquoi croyez-vous que si peu décident de s’installer en médecine générale ?
  2. Parce que votre médecin sera conventionné à titre individuel et ne pourra plus prescrire librement
  3. parce que les mutuelles feront de vos remboursements et de vos prises en charge ce qu’elles veulent, deviendront un acteur a part entière de la prise en charge, de l’orientation vers tel ou tel praticien
  4. Parce que vous serez astreints à un parcours de santé défini par un service territorial, après concertation avec une série d’instances représentatives, dont un conseil territorial de santé, qui définira les objectifs de votre région en concertation avec l’ARS
  5. Parce que si le privé devient un service public hospitalier, vous perdrez tout ce qui fait l’âme et l’essence de l’accueil en privé : quand les budgets de fonctionnement sont limités, les premières touchées sont les dépenses de confort
  6. Parce que vous n’aurez plus la souplesse que vous recherchez et les rapidités de prise en charge que vous appréciez et réclamez
  7. Parce que vous ne pourrez plus choisir vos soignants, et encore moins continuer à consulter qui vous souhaitez et à être pris en charge pour tout
  8. Parce que vos délais de rendez-vous s’allongeront
  9. Parce que mieux vaut voir en consultation un médecin motivé qu’un médecin résigné et paupérisé
  10. parce qu’on demande aux médecins de faire de la prévention et de la promotion de la santé sans leur donner aucun moyen pour ça.
  11. Parce qu’il n’y a aucun chapitre dans la loi de santé sur l’amélioration de la qualité médicale des soins (seul le versant financier est dominant, mais diminuer le coût n’est pas une garantie de meilleure prise en charge)
  12. Parce qu’on obligera votre médecin à vous fliquer : s’il vous prescrit des arrêts de travail, on lui demandera de les rembourser s’ils sont jugés indus
  13. Parce que ce sera à votre médecin de vous signifier que non, vous ne pouvez pas vous faire payer le transport pour aller en consultation, ou à l’hôpital. S’il ne le fait pas, on lui demandera de rembourser ce qui est jugé indu
  14. Parce que ce sera à votre médecin de vous interdire de prendre tel ou tel médicament ou de vous obliger à prendre des génériques.  S’il ne le fait pas, on lui demandera de rembourser ce qui est jugé indu (ça a déjà commencé)
  15. Parce que les seuls endroits où les médecins pourront continuer à consulter avec des tarifs libres et souvent exorbitants, ce sera l’hôpital public, car il n’est pas concerné par le contrat visant à sanctionner les dépassements excessifs
  16. Parce que cette nouvelle  loi de santé amplifie les discordances entre les systèmes publics et privés, et va donc contribuer à accentuer la coupure entre ces 2 entités qui devraient au contraire être incitées à collaborer.
  17. Parce que c’est une illusion d’Imaginer qu’on garde un service médical identique sans le payer, cette illusion est  entretenue par le politique, mais la réalité démontrera l’irréalisme d’un tel discours populiste
  18. Parce que, non, ce n’est pas parce que vous ne le payerez pas que le service sera gratuit.
  19. Parce que l’illusion de gratuité peut conduire à une surconsommation médicale, donc à une augmentation des délais de prise en charge et des contraintes augmentées sur les médecins et indirectement sur les patients
  20. Parce que les médecins devront consacrer du temps à la vérification des règlements de sécurité sociale et de mutuelle, du temps à la gestion des impayés : le temps administratif des médecins va augmenter au détriment du temps médical. Il y aura donc moins de temps médical disponible. 

 

Tout cela pour alimenter vos réflexions.

Non, il est impossible que les patients ne soient pas autant impactés que les médecins par la loi de santé de Mme Touraine

Oui, il faut se mobiliser, médecins ET patients.

 

publié par: M.L.
commenter cet article
23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 22:48

 

Performance et efficience sont les mamelles de notre définance. Pourquoi ? Parce que nous ne partageons pas les mêmes définitions que ceux qui utilisent ces mots comme des bras armés envers le corps médical.


AMELIORER LA PERFORMANCE


La performance 

Définition : Exploit ou réussite dans un domaine. Résultat chiffré d’une épreuve.

-          Pour les médecins : la performance = qualité du soin administré, guérison du patient, satisfaction des patients et des soignants avec lesquels il est en interaction. En terme de performance, le médecin préfère la qualité à la quantité.

Pour le médecin interrogé sur la performance,  la performance financière de son établissement, la maitrise des coûts de soins, le nombre d’examens, d’interventions, de patients réalisés dans la structure ne sont jamais cités en premier.

Le médecin considère globalement que des soins de qualité coûtent obligatoirement cher.

       

-          Pour la tutelle : la performance = tout ce que veut le soignant, à condition de le payer moins cher que l’année d’avant.  Le politique préfère la quantité, et imagine qu’on peut hausser les quantités tout en conservant la même qualité. La performance idéale du politique associe augmentation d’activité et maitrise des coûts.

Pour la tutelle, la performance se mesure grâce à des « indicateurs de performance » convertis en tableau  avec l’accord tacite des médecins, mais malgré tout à leur insu. Ceux qui interprètent et utilisent ces indicateurs n’imaginent que des praticiens  normatisés. Les indicateurs deviennent ainsi le fouet des gestionnaires en leur permettant de légitimer les contraintes exercées sur les médecins hors standards.

 

AMELIORER L’EFFICIENCE


L'efficience

Définition : Optimisation des outils mis en œuvre pour parvenir à de bonnes performances

-          Pour les médecins : l’efficience c’est d’arriver le plus rapidement possible et avec le moins d’examens possibles, au bon diagnostic , au traitement optimal et à la guérison du patient.

-          Pour les tutelles : L’efficience, c’est d’en faire plus avec moins, tout en étant de plus en plus excellent.  Le problème étant que ce qui contribue à l’excellence consomme du temps et de l’argent.

Pour mettre en œuvre ce principe, les tutelles utilisent le mot RATIONALISATION, mot paravent qui cache en vrai le mot RATIONNEMENT.  Les tutelles rationnent en définançant (ce qu'elles nomment rationalisation des coûts)

Il y a un moyen sociologique facile pour favoriser la DEFINANCE du corps médical, c'est de créer et entretenir la DEFIANCE

Plus il y a de défiance envers le corps médical, plus il est possible de faire accepter la définance de celui-ci. Des médias bien dressés cultivent le terreau fertile d’un double discours  consistant à affirmer à la fois qu’il est normal que le médecin soit disponible dès lors que l’on a besoin de ses services, et qu’il est tout aussi normal de dire qu’il gagne trop bien sa vie. Ainsi on officialise la paupérisation acceptée du corps médical, au nom de l’efficience.  L’objectif recherché est  que le médecin en fasse plus avec moins.

 

Point de vue très pragmatique de l'auteur du blog: On ne peut pas sur le long terme et au nom de la performance et de l’efficience, être en solde tout le temps et faire réaliser de bons soins par des gens pas bien et paupérisés, fussent t'ils des médecins.

 

 

 

ce blog passionnant, ainsi que cet article intéressant ont alimenté cette réflexion:

http://jpdevailly.blogspot.fr/

Guylaine Loubet. QUELLES REPRESENTATIONS DE LA PERFORMANCE : LE CAS DES MEDECINS HOSPITALIERS ?. Comptabilité et Connaissances, May 2005, France. pp.CD-Rom. <halshs-00581221>

 

publié par: M.L. - dans colères
commenter cet article
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 00:32

ALORS ? MEDECINE HOSPITALIERE OU MEDECINE LIBERALE ?

 

X travaille à l’hôpital: un humaniste, médecin des pauvres, totalement désintéressé

Y travaille en libéral: un affairiste, intéressé par l’argent, pensant à faire un max de dépassements

 ---

A l’hôpital, il est en retard dans sa consultation: il a eu des urgences

En libéral, il est en retard dans sa consultation: c’est inadmissible, quand même, de faire attendre les gens comme ça..

 ---

A l’hôpital, il a des consultations rapides: il réfléchit vite, et puis il a tellement de travail…

En libéral, il a des consultations rapides: franchement payer autant pour si peu de temps

 ---

A l’hôpital, la secrétaire est sur répondeur: normal, c'est toujours comme ça !

En libéral, la secrétaire est sur répondeur: la secrétaire d’un médecin de ville devrait tout de même être capable de répondre à tout moment aux appels…  

 ---

A l’hôpital, la secrétaire ne peut pas vous passer le médecin directement: normal, il est en visite, en staff ou en train d’opérer !

En libéral, la secrétaire ne peut vous pas passer le médecin directement: je veux lui parler personnellement, et tout de suite. Comment se fait-il qu’il ne soit pas disponible pour répondre immédiatement à MON appel ?

 ---

A l’hôpital, le médecin accepte de prendre un patient en urgence : ne pas oublier de se répandre en chaleureux remerciements pour sa disponibilité, c’est un bourreau de travail.

En libéral, le médecin accepte de prendre un patient en urgence : c’est tout à fait normal qu’il soit organisé pour accepter les urgences.  

 ---

A l’hôpital, il discute avec les collègues: le cas des malades le passionne, et il analyse à fond les dossiers  

En libéral, il discute avec les collègues: encore en train de parler de leur dernier golf en prenant un café

 ---

A l’hôpital, il fait des protocoles de recherche clinique : il fait avancer les connaissances scientifiques

En libéral, il fait des protocoles de recherche clinique : grassement payé et influencé par les laboratoires pharmaceutiques

 ---

A l’hôpital, le tarif de sa consultation : il ne le connait pas …

En libéral, le tarif de sa consultation : 23 euros, et de quoi se plaint t’il ?

 ---

A l’hôpital, un week-end libre : il profite de sa famille

En libéral, un week-end libre : il fait sa compta

 ---

A l’hôpital, il se met en grève : normal qu’il défende ses RTT, il travaille tellement  …

En libéral, il se met en grève : ces médecins nantis cultivent la plainte, alors qu’en réalité ils sont des fonctionnaires payés par la sécu.

 ---

L’hôpital n’a pas encore envoyé le compte rendu d’hospitalisation à 6 semaines : normal, ils sont débordés, et on le savait

Le libéral n’a pas envoyé le compte rendu d’hospitalisation à 48 heures : il exagère, on va l’appeler pour réclamer.

---

A l’hôpital, il est en réunion avec la direction/les tutelles: toujours soucieux de concertation et de faire avancer les choses.  

En libéral, il est en réunion avec la direction/les tutelles: encore en train de défendre ses intérêts personnels.

 ---

A l’hôpital, il est absent aujourd’hui: sûrement à un congrès ou en formation

En libéral, il n’est pas là aujourd’hui: tiens ! encore en vacances ?

 ---

A l’hôpital, il part en congrès: c’est excellent pour sa formation

En libéral, il part en congrès: mouais, on sait ce que sait, le congrès tous frais payés par les labos, le grand hôtel, et les restau

 ---

A l’hôpital, il est malade: reste au fond de son lit, sa consultation est annulée.

En libéral, il est malade: au boulot, tout le monde trouve ça normal

 ---

A l’hôpital, il part en vacances : se détendre lui fera du bien

En libéral, il part en vacances : il n’est vraiment jamais la quand on a besoin de lui. Ferait mieux de s’occuper des patients que de partir tout le temps

 ---

Il sera libéral: un avenir de plus en plus rare…

Il sera hospitalier : très probable, dans quelles conditions ?

 ---

Pourtant, finalement, il n'y a pas tant de différences parce que :

Vous pouvez reprendre vos monologues, collègues hospitaliers : l’hôpital est en voie de destruction..

Vous pouvez reprendre vos leit-motiv, collègues libéraux : la médecine libérale est en voie de destruction…

 

 

publié par: M.L.
commenter cet article
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 10:33

Selon une idée communément répandue, une consultation est bien ronde comme un œuf. http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/145864/gd/133407544898.jpg

-          Cet œuf contient un beau centre jaune bien gras, qui fait le cœur de l’acte, comportant les éléments nutritifs suivants : une consultation suffisamment longue pour parler, être écouté, être examiné, être traité, se voir expliqué et éduqué thérapeutiquement.

-          Autour du jaune, un blanc plus ou moins volumineux, contenant : télétransmission, remplissage en temps réel ou différé de document administratif,  récupération des résultats d’examens, reconvocations si anomalie


Tous les œufs/consultation ne se ressemblent pas. Il  y a des œufs durs, des œufs mollets, des œufs fissurés, des omelettes, des œufs de poule, mais aussi de cane, de pigeon, d’autruche.

http://www.catoire-fantasque.be/img/animaux/oeufs.jpg


Or selon une idée communément répandue, une consultation est juste toujours un oeuf. Une consultation vaut 23 euros pour un généraliste, 23 euros pour un spécialiste, 23 euros pour un jeune à peine installé, 23 euros pour un médecin expérimenté. Le principe du paiement à l’acte c’est que l’œuf/consultation vaut 23 euros pour 10 minutes, 23 euros pour 18 minutes (temps moyen de consultation en France), mais aussi 23 euros pour 45 minutes.

Le principe de la rémunération à l’acte c’est que la longueur d’une consultation est censée être compensée par la rapidité d’une autre.


Imaginons maintenant que les médecins délèguent aux pharmaciens l’acte de vaccination. Biehttp://visuels.l214.com/animaux/poules/oeufs/HD/oeuf-triste.pngn entendu, les pharmaciens n’effectueront que les vaccinations simples chez les patients simples. Celle du petit œuf de 10 minutes à 23 euros. Il restera au médecin seulement les patients complexes à vacciner, des gros œufs de 30 minutes au même tarif. Si le médecin se prend toute la journée des gros œufs de ce prix, le principe du paiement à l’acte est placardisé. 


Imaginons un patient vacciné par le pharmacien. Il consulte son médecin quelques semaines plus tard. Ne se rappelle plus s’il a été vacciné et de quel vaccin ? le médecin devra http://visuels.l214.com/animaux/poules/oeufs/peuroeufs.pngse connecter sur le dossier pharmaceutique (dans le futur) pour savoir ce qu’a reçu son patient. Ca va lui prendre un œuf de consult, mais une fois le renseignement obtenu, la consultation n’a toujours pas commencé. Allez, zou, 2 œufs pour le prix d’un.


Imaginons un patient qui a des symptômes graves. Le problème est compliqué, et grave. On est carrément dans l’omelette. Outre le temps de la consult/œuf,  ajouter le temps de transférer aux urgences, le chttp://s2.lemde.fr/image/2013/08/08/534x267/3458753_3_1bce_ill-3458753-a595-902314_5c86590823c982e0210c76891aaa0330.jpgourrier à rédiger, la famille à prévenir, etc. Allez zou, une omelette de 5 œufs pour le prix d’un œuf. 


 

Imaginons un patient qui a une dépression et des problèmes familiaux, dont il a vraimenhttp://pad3.whstatic.com/images/thumb/0/0d/Eggpin_935.JPG/670px-Eggpin_935.JPGt besoin de parler. La consultation à œuf fissuré. Le médecin doit empêcher l’œuf de casser.  Cela demande du doigté, et du temps. Pour autant, c’est encore une consultation au prix d’un œuf normal. 

 

Imaginons un patient qui reçoit 10 médicaments, pour 4 pathologies, et qui en décompense une des 4. On est dans la cuisine. Plusieurs œufs, du mélange, de la cuisson et de la recuisson, pour résoudre le problème de l’ingrédient mystère et rendre digeste le tout. Une heure de cuisine aux œufs pour le prix d’un œuf de base. 

http://www.aftouch-cuisine.com/images/news/news-11-1.jpg

Imaginez un médecin qui toute la journée assure des consultations/œuf de cane. Avec un bon gros temps d’écoute, assez pour parler, être écouté, être examiné, être traité, se voir expliqué et éduqué et avoir les bons papiers. Imaginez un autre, peut-être pas loin de là, qui effectue, lui, de la consultation/œuf de caille. Du simple, vite fait. Pas de cuisine, pas d’omelette, pas d’œuf fissuré. Qui gagne le mieux sa vie ?

 


Le paiehttp://files.meilleurduchef.com/mdc/photo/produit/mfe/oeuf-81409/oeuf-81409-1-400.jpgment à l’acte continue à partir du principe qu’une consultation est un œuf, et un seul, bien rond, toujours au même contenu, jamais cuisiné, jamais fragilisé. C'est une imbécillité dans le contexte actuel. Celui qui cuisine le mieux et le plus lentementhttp://www.fashioncooking.fr/wp-content/uploads/2012/06/oeufs-mollets.jpg, offre des oeufs 4* , mais il est moins bien rémunéré que le fast-petit-œuf, vite fait mal fait.

 


On ne peut pas aller vers un futur retirant aux médecins les actes simples pour leur laisser seulement le complexe. C’est l’antithèse exacte du principe du paiement à l’acte qui veut que les actes complexes soient compensés par les actes simples.


Quihttp://nounoudunord.n.o.pic.centerblog.net/4edc5b72.jpgd de l’idée d’une consultation médicale facturée au temps passé. Par oeuf de 10 minutes : x euros, de 20 minutes : 2x , 30 minutes 3x. Une cuisine plus juste et non inflationniste, reconnaissant le temps passé, autorisant des émulsions longues et des plats préparés avec soin, donc forcément de meilleure qualité, avec des œufs bien battus, des consultations qualité 4*, et la rémunération adaptée. Cela reste raisonnable, si le panier contient 6 œufs en une heure, sur la base du tarif actuel, 23 euros par œuf de 10 minutes, cela donne un tarif de 138 euros de l’heure, soit inférieur à celui d’un avocat. C'est en pratique ainsi que font les médecins de secteur à honoraires libres, tandis que les médecins de secteur I restent contraints de facturer souvent 6 oeufs au tarif d'un seul.

Bien entendu, que veut le politique. Que l'oeuf soit d'or, et le tarif de plume, et en sus un tarif forfaitaire:  quelque soit le nombre d'oeufs/temps de consultation, le patient n'en paye qu'un.


publié par: M.L. - dans non classable
commenter cet article

Présentation

  • : cris et chuchotements médicaux
  • : Déménagement définitif du blog à l'adresse suivante: www.cris-et-chuchotements-medicaux.net
  • Contact

@copyright

J'autorise les citations de mes textes sous réserve que soient citées la source et le lien.

Je trouve agréable d'être avertie, c'est plus convivial.

L'icone "j'aime" est bien, mais un commentaire c'est mieux

Si vous voulez me contacter: gastroenterologue92@gmail.com

Rechercher

Retrouvez tous les articles du blog ici: cris-et-chuchotements-medicaux.net. Vous y retrouverez l'intégralité des articles déja publiés, de nouveaux post, et vous pourrez mettre vos commentaires !

blogs santé

Teads - Top des blogs - Santé et bien être

A propos de moi

Ce blog a définitivement déménagé en septembre 2015 à l'adresse suivante: cris-et-chuchotements-medicaux.net.

Vous y retrouverez l'intégralité des articles déja publiés, que vous pourrez commenter (ici les commentaires sont désactivés)

et de nouveaux post, bien sur ! 

Au plaisir de vous retrouver sur mon nouveau blog

 

 

 

essai