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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 23:22
Des vraies surprises, 2 jours de suite

- hier, en ouvrant le courrier, une contravention de 90 euros avec 2 points de retrait (je crois).
excès de vitesse sur la Nationale 20.
A 20h30 en rentrant du boulot.
60 km/heure pour une vitesse autorisée de 50.
Enervant, je sais que plein de gens se font aligner sur cette ligne toute droite de 500 mètres qui longe un stade et une entreprise close de murs. Alors, en règle générale, je fais attention. Cette contravention me contrarie, mais pour autant, je ne me perçois pas comme un vrai danger de la route, je dois dire. Je considère cela plutôt comme l'inéluctable de cette surveillance routière que par ailleurs j'approuve entièrement et sans restriction, vu ses effets totalement positifs

- Ce soir dans ma boite mail, une proposition de participer à une émission sur la santé et le net.
Réaction très mitigée à cette proposition.
Réaction que l'on pourrait qualifier par une description bien connue du corps médical:
"s'étonne, s'enorgueillit, s'inquiète"

Je m'étonne, en effet. Mon blog est tout petit, balbutiant, et je ne pensais pas qu'il puisse attirer l'attention. Je pondère cela en ma rappelant que la journaliste a très probablement contacté plusieurs auteurs de blogs médicaux , au sein desquels je ne suis qu'un épiphénomène. Ce sera probablement au plus motivé de passer l'entrevue filmée, et je ne suis pas sure de figurer actuellement dans le peloton de tête  de la motivation

Je m'enorgueillis...bien sur, et d'autant plus qu'une longue pratique du journalisme et de l'écrit médical me pousse à me rengorger d'aise quand mes écrits sont remarqués, ce qui sous entend , d'une certaine manière qu'ils sont "remarquables".

Mais je m'inquiète aussi. Parce qu'ici c'est mon jardin secret... Personne de mes proches ne connait l'existence de ce blog; Même pas mon handicapé de mari. Encore moins les collègues. Bien sur, je n'ai aucune honte de ce que j'écris, puisque je le rends public, mais en même temps, je n'ai pas envie de me confronter à mon public habituel des médecins avec qui je bosse. Je suis donc partagée. Entre l'envie, bien élémentaire, de ne pas renoncer à une telle proposition... et l'envie, encore plus pregnante, de ne pas dévoiler mon secret, de le garder pour moi, à moi, encore un peu. De laisser murir l'envie de se sortir de l'ombre. Et après tout, si l'occasion ne se représente pas, ce ne serait pas vraiment un drame !

Je suis de plus en plus sure d'avoir plein de choses à dire sur les médecins eux-mêmes. Pas sur les blogs !
publié par: ML - dans joies
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 15:57
Dans une époque de surinformation comme la notre, il n'est paradoxalement pas facile d'être bien informé quand on est malade.

La question de l'information du patient et de l'information au patient est difficile car elle recouvre beaucoup de subjectivités.

Les subjectivités rejoignent les registres et les croyances de la peur, de la manipulation, celui de la recherche d'information scientifique à l'état pur. 
 
Il n'est pas facile de garder une cohérence, la multiplicité des messages représente souvent pour le patient une grosse cacophonie, et il y a certainement besoin de fédérer un peu plus l'information. Autant pour ne pas aller du domaine
des faux espoirs, à celui, encore plus délétère, des espoirs tués.

Car beaucoup de patients ont besoin seulement d'un message simple, adapté à la question qu'ils se posent.

Le corps médical ne se trouve pas toujours dans le cadre du soin du côté de l'objectivité . On sait que les médecins jugent les capacités d'un malade à les comprendre à travers un prisme, celui de la présentation, du milieu social et culturel. Ils ont tendance à donner une information stéréotypée, alors qu'elle devrait être, au mieux, adaptée à la question que se pose le patient . La nécessité d'informer les malades ne signifie pas que l'information doit être imposée au patient. Elle doit, bien au contraire,  être adaptée au niveau d'information que le patient veut atteindre.  La notion de choix de niveau d'information est importante pour le médecin. Non , il n'est pas nécessaire de tout dire, en tout cas, pas  tout de suite. L'aptitude du patient à entendre et à comprendre devra être accompagnée.

Les soignants ont intérêt à informer. Cela diminue l'anxiété des patients, augmente leur confiance, et leur compliance.  Il faut cependant se convaincre qu'informer un patient ne le rend pas nécessairement pour autant acteur de sa maladie. Bien des praticiens s'étonnent de ce fait. Le malade a des projets pour lui même, et ces projets ne passent pas forcément par une implication dans le diagnostic ou la thérapeutique qui lui sont proposés (imposés !)

Le temps de l'information au patient est un temps d'échange. Ce dialogue est humaniste,  et sera au mieux conduit avec le respect de règles élémentaires de communication. Les paroles ont un pouvoir considérable sur l'être qui est en face d'un médecin annonceur de mauvaise nouvelle. Les mots qui tuent laissent pour toujours une cicatrice. Les partisans de la franchise à tout prix doivent se souvenir que les patients doivent continuer à vivre une fois le mal nommé.

A quoi bon répondre à des questions que le patient ne se pose pas, donner des informations que le patient ne demande pas. Les médecins créateurs de malentendus sont souvent ceux qui abusent du "mal-entendu". Il est facile d'éluder une question. Souvent le malade n'est pas en situation de penser, ni d'insister. C'est alors pour le patient le "penser après coup". qui génèrera l'angoisse de questions posées mais restées sans réponse. Après l'entretien, le patient trie les informations données, en fonction de ses croyances, de ses représentations. Même si les informations données sont inquiétantes, le fonctionnement magique peut prendre la place du rationnel..."je sais bien, mais quand même..."

Il est aussi bien de chercher à cerner la problématique personnelle du malade qui se trouve en face de vous. Le questionnement est aussi divers que surprenant. Il va de "vais je mourir", ou "vais je guérir", à "combien de temps dure l'hospitalisation", ou "combien dure l'opération" ?

Je crois désormais qu'il est inutile de décrire par le menu le traitement , ni d'affirmer à un patient qu'il va survivre si la question qu'il se pose est celle de la durée d'hospitalisation, de la garde du chien, ou de celle des enfants. Il ne vous écoutera pas. Pire encore, il aura le sentiment de n'avoir pas été bien informé. Assurer la sécurité du patient qui se trouve face à vous, c'est répondre à la question qu'il SE pose, et non à celle à laquelle le praticien croit devoir répondre.  L'information donnée au malade est un puzzle, une fois conforté dans sa sécurité première, le patient pourra mettre en place les pièces du puzzle, avec plusieurs consultations, plusieurs intervenants.  J'ai l'habitude de revoir systématiquement dans les 48 heures le malade auquel j'annonce une mauvaise nouvelle. Faire restituer ce qui a été entendu et ce qui a été compris évite les malentendus. C'est aussi le positionnement de la consultation dite d'annonce infirmière ou paramédicale, dont l'objectif rejoint mes propos.



publié par: ML - dans médecine
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 22:22
Il y a quelque chose de fascinant dans le système de protection complémentaire de santé tel que géré dans notre pays par les mutuelles.

La majorité des personnes auxquelles vous posez la question concernant leur prise en charge par la mutuelle (dépassements d'honoraires médicaux en ce qui concerne la question que je pose), la majorité des personnes interrogées donc, est totalement incapable de répondre à cette question.  La même question posée à propos des soins dentaires, ou des lunettes recueille la même absence de réponse, suivie d'un soupir résigné. Autant la pratique totalement légale du dépassement d'honoraires est elle remise en cause, autant le prix des soins dentaires, des couronnes notamment, est il accepté comme une obligation incontournable

Autrement dit, les gens payent de leur poche une mutuelle, et ce n'est pas donné, mais sans avoir la moindre idée de l'affectation de leur dépense, et de ce que cela peut leur apporter.  Plus de 50 euros sort de leur poche par mois  - quand ce n'est pas 2 fois plus -  Ils payent, sans hésiter, sans rechigner, sans réfléchir ..... et n'ont aucune notion de la prestation pour laquelle ils payent cette somme non négligeable

C'est assez fascinant.  Les mutuelles sont arrivées à obtenir cela, de consommateurs qui se veulent pourtant avertis. Elles arrivent à faire régler de tels montants aux gens, sans qu'ils sachent ce que cela leur promet. En échange, les mutuelles fournissent un document totalement opaque, qui n'aligne que des chiffres indiscernables tant par le commun des patients que par le commun des médecins. Les mutuelles se font même prier parfois , au téléphone , pour fournir les éléments concernant les remboursements auxquels on peut prétendre.

Absolument incroyable. Absolument maitrisé et manipulé.

Et ensuite, on obtient du public de vives protestations contre une retenue de 0,50 cts par boite de médoc.

Pendant qu'ils protestent contre la sécu, ils continuent de payer leur mutuelle, sagement, sans se demander pour quoi ils payent vraiment.
18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 22:40

Pas facile d'être handicapé
Pas facile pour celui qui est malade, mais aussi pour son entourage
La, je voudrais égoistement parler de la place du conjoint .

Mon mari est très handicapé. par une aphasie sévère, séquellaire d'un Accident Vasculaire
Il n'a pas , ou très peu, de handicap physique, ayant récupéré pratiquement toute sa mobilité
Donc , tant qu'il n'a pas parlé,  son handicap est totalement invisible
Et quand il parle, bien sur, il a mis au point des tas de mots parasites, de périphrases, toujours les mêmes, et l'interlocuteur peu averti se rend compte qu'il parle avec difficulté, mais ne prend pas la mesure de cette difficulté.
Il ne réalise pas non plus qu'il y a plein d'autres paramètres déficients. Par exemple, compter, organiser, décider, planifier.... Toutes choses que je suis en permanence obligée de faire à sa place.
Dans son état, mon mari se gère assez bien lui même, mais n'a pas les ressources nécessaires à gérer le reste.
Donc je suis aidante, par la force des choses. Je m'occupe de l'ensemble de la planification , des comptes, des impots, des vacances, de toutes les décisions qui sont à prendre, des études des enfants, mais aussi de ce que l'on va manger, des courses, des machines à linge, etc...
Devant le frigo, mon mari sera incapable de prendre la décision de choisir un plat .
Au supermarché, il lui faut 3 heures pour faire des courses , et encore il en manque la moitié
Devant une machine à laver, il n'arrive pas à décider quel linge il va laver
Son compte en banque, il ne le surveille jamais
Au restau, il est capable de laisser 10 euros de pourboire. Il confond avec 10 francs
Il dépense sans compter, ayant perdu la notion de la valeur de l'argent
Surtout qu'il a eu son accident au moment du passage à l'euro.
Sa phrase préférée: ce n'est pas grave....

Mais .... Mais
Tout ces déficiences, cela  ne se voit pas...

Et les gens me disent: qu'il est bien ton mari... Comment se fait il qu'il ne retravaille pas ??? tu es sure qu'il ne pourrait pas travailler  ???

Cette non-reconnaissance du handicap de l'autre, dès lors que le handicap est invisible, est un plus pour celui qui est atteint, car il est fier de savoir cacher son handicap.
Elle est une souffrance supplémentaire pour celui qui accompagne, qui se crève le cul et le pur esprit à tout gérer, à tout prendre en charge, et dont la valeur de l'investissement semble à chaque fois remise en cause quand l'entourage et les amis minimisent ainsi la gravité de l'état du mari

Il y a de la souffrance chez l'aidant,
Je l'apprends malheureusement
chaque jour à mes dépends
De la souffrance, de la non reconnaissance
Et une intense et profonde solitude
Cette solitude m'est difficile
Car je ne peux rien confier de mes difficultés à mon mari
Il a les siennes, bien plus réelles que les miennes, puisque le handicapé c'est lui
Mon mari ? d'ailleurs, ce n'est plus mon mari...
Ce n'était pas lui mon mari
C'est un autre homme qui est avec moi
une charge plutot qu'un plaisir, il faut être réaliste, c'est dur, lourd et pas du tout gratifiant
Il n'est plus à mes côtés...
et en plus, Il ne me remercie jamais de tout ce que je fais pour lui,
Son handicap ne lui permet plus de savoir faire passer une émotion
mais, je souffre parce que
Lui, on le plaint
Et moi, je me crève à petit feu
Et ne recueille que l'indifférence de tous ces braves gens
Qui pensent vraiment que je me  plains de pas grand chose

publié par: ML - dans cris
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 22:43
Les  lampions du carnaval sont éteints..; Quelques lecteurs viennent encore se promener de blog en blog, silencieusement, pour explorer les réflexions des uns et des autres sur les relations entre les médecins et les malades, patients ou impatients.

Et ce soir, j'ai remporté néanmoins une grande victoire sur moi-même...

J'ai enfin compris comment mettre en ligne dans mon blog la bannière du carnaval !


Pour une vieille de mon âge, qui n'est pas née avec un clavier entre les doigts, ni avec un disque dur à la place du cerveau,


Pas mal, hein ?
14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 22:02
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J'ai assisté aujourd'hui au premier colloque  "Ethique et Cancer" organisé par la ligue contre le cancer.

C'est le Pr Axel Kahn qui définit l'éthique: réflexion sur ce qu'est "l'action bonne" associée à la réflexion sur les valeurs de l'action bonne. L'éthique, c'est donc la morale de l'action dans la vie réelle.

4 ateliers successifs ont réuni des intervenants que j'ai tous trouvés de grande qualité. Des médecins, des cancérologues, des journalistes, des anthropologues, dont les observations sont passionnnantes. Des patients intervenaient dans 2 ateliers, et la profondeur de leur réflexion était captivante

Les 4 ateliers concernaient la consultation d'annonce, la problématique des essais cliniques proposés aux patients, un atelier de questionnement sur la prise en charge des personnes "vulnérables" et enfin un atelier animé fut consacré à la problématique de la communication grand public.

Je voudrais noter ici quelques paroles notées pendant ces débats qui vont me permettre d'alimenter mes propres réflexions, et peut-être les votres aussi:
- une patiente: " ce que je croyais quand je n'étais pas malade"
- observation d'anthropologue: à propos de l'annonce: le médecin préjuge de la volonté de savoir et de l'aptitude à entendre et à comprendre, selon la présentation socio-professionnelle du patient. Le médecin a tendance à considérer le patient a travers le prisme de l'appartenance sociale et du milieu culturel.
- Le déni de certains médecins est un recours systématique au "mal-entendu"
- il faut accompagner l'aptitude du patient à entendre et à comprendre.
- avant tout chercher à ne pas nuire
- les patients doivent continuer à vivre une fois le mal nommé
- une fois affiché comme cancéreux, le patient doit être rétabli dans son statut.
- Il y a plusieurs niveaux d'information d'un patient. On doit respecter le choix du patient sur le niveau à atteindre, ainsi que son choix de gestion par lui même de certains niveaux d'information
- informer un patient ne le rend pas nécessairement acteur de sa maladie ou de son traitement.
- Il y a un intérêt des soignants à ce que le patient soit formé et informé (baisse de l'anxiété, augmentation de la confiance et de la compliance)
- Le consentement du patient est un consentement "résigné" et non pas un consentement "éclairé"...
- la proposition de rentrer dans un essai clinique constitue pour le patient une "charge d'espoir", y compris s'il s'agit d'un médicament de phase 1 au stade expérimental.
- le terme de "vulnérabilité" ne recouvre pas seulement l'aspect financier
- les médecins ont une représentation des malades vulnérables biaisée : le mécin juge trop facilement qu'il s'agit d'un problème psychiatrique ou d'un refus de soins

Je vais garder mes commentaires sur les autres ateliers pour un autre soir.

publié par: ML - dans médecine
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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 23:17
Je pense sincèrement que nous avons le seul métier dans lequel on peut tout nous reprocher, y compris quand on a traité un patient en toute conscience et qu'une complication est arrivée

Une patiente a eu une hémoptysie grave, ne s'arrêtant pas, pour laquelle il a fallu faire une artériographie pour obsetruction sélective de l'artère hémorragique.
Cet examen s'est compliqué d'une complication malheureusement connue et classique, à savoir une embolie  dans une artère cérébrale et d'un accident vasculaire. En fait, au passage des sondes endo-vasculaire, une plaque d'athérome s'est décrochée et est montée bloquer une artère du cerveau. La patiente garde quelques séquelles sous forme surtout d'une difficulté à se servir de sa main droite

Mais par dessus tout, elle poursuit de sa vindicte la pneumologue qui a demandé cet examen,. Le médecin n'a pourtant pas fait cet examen à la légère. Elle a aussi pris la peine d'aller bien en expliquer les indications, les raisons pour lesquelles il fallait le faire.  La patiente dit ne pas avoir été prévenue des risques de l'examen. Elle a été prévenue des risques qu'il y avait à continuer de saigner des poumons. A ce moment la, il n'est pas facile de prévenir les patients de TOUS les risques encourus (théoriquement , cependant , nous devrions le faire. Ce qui donnerait : vous allez passer un examen qui peut vous guérir , mais aussi vous tuer... Etes vous d'accord de le faire ?)
La malade par ailleurs n'exprime aucun reproche au médecin artériographiste, et ne sait même pas son nom. Le courrier qu'elle adresse a la pneumo, mentionne l'artériographiste sous le nom : Dr X.
Seul le médecin qui a demandé l'examen lui semble responsable de ses malheurs.

Ma collègue a parfaitement assumé cette complication, d'un examen dont elle avait posé l'indication. Elle a suivi et accompagné la patiente, avant de commencer à se faire laminer, oralement d'abord, puis par écrit maintenant

Elle s'est déja fait injurier au téléphone et hier a reçu une lettre de doléances.

Bien sur la malade a des séquelles, on ne dénie pas cela. Cependant, est-on d'accord que cette situation lui confère le droit de faire au médecin des reproches de cette manière ? .

La pneumo a passé la nuit éveillée, impossible de dormir, à retourner le problème dans sa tête, a refaire l'historique. Non, elle n'a fait que soigner sa malade, et a fait cela avec son sérieux habituel. Ce matin, ce médecin de 48 ans, pas née de la dernière pluie, elle en pleurait

Vous en connaissez beaucoup, vous , des gens qui peuvent se voir reprocher ainsi de cette manière de ne pas assurer 100% de réussite. Des gens que l'on peut , en toute bonne conscience atteindre dans leur dignité . Si vous blessez quelqu'un dans un accident de voiture, et que celui ci réagit en vous agonissant d'injures et d'écrits, vous avez le droit de porter plainte aussi. Alors qu'un médecin n'a le droit, lui , que de préparer sa défense. Car il est en tort, de toutes façons. 





publié par: ML - dans colères
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 23:04
Retour de réunion dans un établissement privé qu'il faut mettre en marche dans le cadre des impératifs du plan cancer. Il n'est pas question de la compétence du chirurgien, mais de la nécessité de mise en oeuvre des obligations afférentes à la prise en charge des cancers

Je trouve ces obligations parfaitement justifiées. Elles sont garantes d'une prise en charge de qualité. Et je sais de quoi je parle, j'ai eu moi-même un cancer du sein. Je réagis donc négativement aux réactions de mes confrères, à la fois en médecin de direction chargé de les aider, et en (ancienne) malade concernée.

C'est consternant...
Parce qu'il s'agit seulement de la prise en charge des patients. Une réflexion appropriée autour de leur cas dans une réunion de concertation pluri-disciplinaire, une consultation d'annonce digne de ce nom, etc...

Si les médecins savaient combien leur discours est un monologue et pas un échange.
Reviennent en boucle , partout, toujours les mêmes arguments
- je n'ai pas le temps
- il est hors de question que je change quoi que ce soit à mes habitudes
- mes habitudes sont les miennes , donc elles sont forcément bonnes, les meilleures même
- je suis a quelques années de la retraite , hors de question de modifier quoi que ce soit... (Si, il en est vraiment question pourtant, de modifier tes habitudes, et c'est au bazooka qu'il faudra discuter, je le sens.)
- Je n'ai besoin de personne pour m'aider à prendre des décisions. J'ai des titres moi, j'ai travaillé à Gustave Roussy (NDLR: avant 1980 ! )
- SI je voulais, je pourrais. ... (sauf que moi, je te garantis qu'il faudra pouvoir, et vite, même si toi pas vouloir... )

Fini le temps des Yaka Faukon...




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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 22:38
Prendre en charge des malades atteints de cancer dans un établissement hospitalier  ne relève plus seulement du désir des praticiens qui y travaillent.

Le plan cancer a mis son l'ordre dans les pratiques, imposé des obligations . Un ensemble d'obligations qui doivent être remplies afin que la structure bénéficie de l'agrément pour le traitement du cancer. 


1- des seuils d'activité en premier lieu. Après des années de discussions entre chirurgiens et instances, ces seuils ont finalement été fixés par structure et non pas par chirurgien. Il faut néanmoins que les chirurgiens qui souhaitent opérer des patients atteints de cancer soient également agrées pour cela, soit par leur formation initiaile, soit en faisant reconnaitre leur expérience.
Si l'établissement n'a pas d'agrément, les chirurgiens n'auront bientôt plus le droit d'y prendre en charge des pathologies cancéreuses.

2- L'établissement doit obligatoirement faire partie d'un réseau de prise en charge du cancer.
Les réseaux s'imbriquent les uns et les autres comme les étages d'une fusée.
L'échelon d'un ou plusieurs établissements qui se regroupent le réseau s'appelle un 3C: "centre de coordination de cancer". Ensuite ce 3C participe aux actions d'un réseau territorial (les départements sont découpés en territoires de santé), puis à un réseau départemental, qui centralise tous ces petits réseaux et rapportera ensuite les données colligées en direction de l'INCA (Institut National du Cancer)

Le 3C est une "cellule qualité". Il aide et veille a l'éxécution des obligations du plan cancer dans l'établissement, et recueille des données chiffrées qu'il transmet vers l'INCA

3- La mise en place d'une coordination et d'une continuité des soins est obligatoire.
    - des RCP (réunions de concertation pluridisciplinaires ) sont                 organisées dans toutes les spécialités.       
    L'organisation de ces réunions est formalisée.
    Il est désormais obligatoire que tous les dossiers de patients ayant     un cancer soient discutés en RCP.
     La  présence de plusieurs spécialistes (chirurgien, spécialiste de         l'organe concerné, et cancérologue est indispensable pour la tenue         d'une RCP.
    - Une consultation spécifique d'annonce doit être faite par le médecin     en charge du traitement du patient. Et  relayée par une consultation     d'annonce infirmière en cas de prise en charge chimiothérapique.
    - Au cours de la consultation d'annonce, le praticien remet au patient     un "Plan personnalisé de Soins". Cela relaye l'information donnée         oralement et trace shématiquement le protocole thérapeutique             (chirurgie, chimio, radiothérapie, surveillance...)

4- Des informations chiffrées sont obligatoires. Nombre de patients opérés, nombre de patients discutés dans les réunions de concertation, nombre de patients ayant eu une chimio, etc....
Une grande partie des données doit être colligée et chiffrée. Elles seront retransmises annuellement à l'INCa dans un rapport d'activité.

5- Dernier point, et nouveau: les structures, que ce soit en public ou en privé, se doivent d'augmenter la participation des patients à des essais cliniques. A cet effet, des cancéropôles se sont créés, chargés de réguler la mise en place de la recherche clinique aussi bien dans le public que dans le privé. Cela oblige le public et le privé à travailler en concertation, fait tout à fait inhabituel !.
publié par: ML - dans médecine
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 21:51

  Un manager se forme à la gestion du stress, à l'encadrement d'une équipe. Au cadre, on apprend les outils de gestion de crise. Le commercial  bénéficie avantageusement de l'apprentissage de l'écoute et de la communication client. Dans la pratique de nombre de métiers, l'outil psycho-sociologique et relationnel est désormais enseigné et (parfois) maîtrisé.

    Gestion des émotions, des conflits, management de l'accueilli, relation accueillant-accueilli, outils pour réguler le stress, formation à la communication interpersonnelle….

    Médecin qui me lis, tu te demandes ou je veux en venir, espérant avec un improbable espoir que cette introduction est totalement hors du sujet du premier carnaval des blogs médicaux, qui se propose de traiter de la relation soignant-soigné. Rien à voir, songes-tu par devers toi, moi, médecin, je n'ai n'a rien à voir avec toutes ces divagations. Je suis médecin, moi, pas psy. Point. Pas non plus cadre, pas commercial, pas VRP, pas manager.

     Je sais bien ce que tu penses, avec sincérité. Que ton métier est dur, très dur à apprendre, et consiste avant tout à faire de la médecine, ou bien de la chirurgie, des diagnostics, des interventions, des gestes techniques hyper-sophistiqués. Les médicaments que tu prescris te font bien parfois un peu peur, mais tu les maîtrises dans l'ensemble.  Toujours confronté à la détresse, tu préfères secourir celle d'un malade curable que celle de l'incurable. Face à la maladie grave, ton ressenti est plus douloureux, tu peux même montrer une certaine tendance à l'évitement, mais tu assumes. L'organique te convient souvent mieux le psychiatrique.  

     Il est probable que le paternalisme ancestral du corps médical, souvenir d'un temps pas si ancien, a probablement baigné tes jeunes années de vie… ou bien d'études, si tu as mon âge. Il y a même parfois un effluve de regret, regret de ce temps qui voyait le médecin incontesté et le malade soumis. Le patient souffrait alors seulement de sa maladie. On se préoccupait comme d'une guigne de son ressenti, de son mental, et de ses droits.

     Au cours des dernières décennies, presque à ton insu, docteur, des bouleversements majeurs sont intervenus dans la mise en scène de la relation entre ton patient et toi…  La naissance puis l'explosion des associations de patients, la colère des malades, atteints de cancers, de SIDA, justement tous ces patients difficiles et condamnés auxquels tu n'appréciais guère te confronter. La révolte de ces patients a généré des séismes, puis la mobilisation du politique qui en a fait une loi. Donc, depuis le 4 mars 2002, le patient a officiellement des droits. Droit au diagnostic, droit de savoir de quoi il souffre, droit à l information, droit au libre arbitre, partenaire actif de sa maladie et de son traitement, maintenant de son "projet de soins" en collaboration avec le corps médical. A cet effet, tout  patient doit disposer des informations nécessaires pour pouvoir comprendre et adhérer au traitement que tu lui proposes. Une nouvelle relation s'instaure entre soignants et soignés. Pas facile ?

     Nul besoin d'être un observateur averti pour constater combien cette profonde mutation dans la relation soignant-soigné n'a pas atteint sa maturité.  

    Le patient a obtenu des droits, il en redemande, et revendique parfois jusqu'au droit à la santé retrouvée, voire à la non-maladie.

     Confronté à ce nouveau patient, tu n'es plus seulement médecin, comme tu as sincèrement pensé l'être au départ. Tu es devenu un "professionnel de santé". Désormais tu exerces à la fois un métier, médecin, et une profession, La médecine. Parfois, secoué par un tel chamboulement, tu te sens bien démuni.  Personne n'a même songé que tu ne dominais pas de manière innée les compétences de communication qui te sont désormais demandées, voire exigées. Petit à petit, au gré de ta souffrance, et de la multiplication des tâches de toutes sortes, tu dois te conformer à  ces changements inéluctables. En sus de la médecine, la paperasserie t'assaille, mais en même temps tu dois consacrer du temps, un temps suffisant, à la relation avec tes malades. Te voici contraint de donner espace aux sentiments de tes malades, alors même que tu n'as pas, ou si peu, effleuré ce sujet . Souvent, pour ne pas souffrir, tu as même appris à te retrancher derrière une carapace, éludant généralement la question de tes propres ressentis. Voici que l'on t'impose de savoir gérer ceux des patients !…

    Au moment ou tu croyais sincèrement fini le temps des découvertes, et arrivé celui de l'expérience, tu découvres doucement et parfois douloureusement la dimension relationnelle de ton métier… Une dimension d'humanité à tout jamais dénuée de la facilité du paternalisme. Une dimension qui confronte le médecin au traitement des malades et non plus seulement des maladies. Désormais, tout médecin que tu es, te voici donc bien aussi manager des patients, cadre de santé, commercial du soin... Docteur, le temps est venu pour le non verbal, les attitudes relationnelles, les croyances et l'empathie…  Une relation sans masque, l'échange soignant-soigné n'est pas un carnaval ....  Les nouveaux outils des médecins… ce seront, bien sur … les outils de COM-MUNI-CAT-ION !

 Marion L

 

 

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