Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 18:33

Lettre ouverte aux autorités de santé

à propos d’une nouvelle rupture de stock

dans le traitement des maladies de la thyroïde


L'hyperthyroidie (appelée aussi maladie de Basedow) est une maladie grave. La production en excès d'hormones thyroidiennes par une thyroide malade entraine de nombreuses manifestations cliniques. Notamment, l’accélération du cœur constitue un risque significatif de troubles du rythme cardiaque potentiellement mortels.

Tout hyperfonctionnement thyroidien doit être traité dès son diagnostic par un « anti-thyroïdien de synthèse ». L’efficacité du traitement ne peut être obtenue qu’après un traitement prolongé, au minimum 18 mois de prise continue.

4 médicaments anti-thyroidiens existent sur le marché français, 2 d’entre eux sont traditionnellement plus utilisés : le Neomercazole® (carbimazole) (laboratoire CSP) prescrit dans plus de 80% des cas, et le Thyrozol® (thiamazole) (Laboratoire Merck-Serono) ; le Basdène® (benzylthiouracile) et le Propylex® (propylthiouracile, PTU) sont plus rarement employés en France.

En matière de traitement des maladies de thyroïde, la galère des patients a commencé cet été 2013. Les esprits et les articles de presse se concentraient sur l'alerte concernant une prétendue rupture de stock de l’hormone thyroïdienne, le Lévothyrox® (traitement substitutif de l’hypothyroïdie), que prennent plus de 3 million de Français. En réalité, il s’agissait de difficultés d’approvisionnement, mais les fautes de communication du laboratoire ont laissé toute la place à la presse et à l’emballement médiatique, allant jusqu’à annoncer la rupture de stock et la mise en danger de la vie des patients. Une cacophonie d’informations, une réponse inadaptée du laboratoire, la mise à disposition tardive d’un médicament de substitution. Quelle déconsidération pour les nombreux patients qui prennent ce médicament toute leur vie.

 www.forum-thyroide.net/phpBB/ftopic42569.html

Il ne faudrait pas que cela se reproduise, parce que les génériques du Lévothyrox® ont déclaré forfait entre temps. La fabrication de l’un définitivement interrompue, l’autre qui devrait bientôt revenir sur le marché français justement "grace" aux problèmes d'approvisionnement du Levothyrox.

Les hypothyroidiens de cet été ont vu leurs problèmes d’approvisionnement réglé ... maintenant voici le tour des hyperthyroïdiens !

Car, dans le même temps, le laboratoire CSP fabriquant le Néomercazole® indiqué dans l’hyperthyroidie, confirmait tranquillement et silencieusement sa rupture de stock. Niveau de communication du laboratoire avec les associations de patients = zéro … Le Néomercazole® n’est plus disponible en ville depuis mi-juillet, à l’hôpital depuis octobre, et les derniers stocks sont en train de s'épuiser. Remise à disposition normale prévue initialement fin décembre 2013 et actuellement à une date indéterminée. Les alternatives thérapeutiques sont différentes, souligne le laboratoire, et nécessitent un suivi médical.

http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-et-arrets-de-commercialisation-des-medicaments/NEO-MERCAZOLE-5-et-20-mg-comprime-carbimazole-Rupture-de-stock 

L’équivalence thérapeutique repose prioritairement sur un autre anti-thyroïdien de synthèse, pas tout à fait équivalent, nécessitant une adaptation des dosages. Sur le marché français, le Thyrozol® représentait habituellement moins de 20% de part de marché. Depuis Août, la demande à doublé et même triplé.

Simple calcul mathématique et réflexion logique. Le laboratoire fabriquant ce second médicament n’a pas su faire face à l’augmentation considérable de la demande. Finalement, on vient d’apprendre que l’anti-thyroidien de substitution, le Thyrozol®, est, à son tour, en rupture de stock sur son dosage principal à 20 mg, et a également des problèmes d'approvisionnement pour le 5 et le 10 mg.

http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-et-arrets-de-commercialisation-des-medicaments/THYROZOL-20-mg-comprime-pellicule-thiamazole-Rupture-de-stock

Pas de chance... le même laboratoire (Merck-Serono) fabrique le Thyrozol® et le Lévothyrox®. Fidèle à lui-même, il donne les mêmes conseils que cet été face à ce nouveau défaut d’approvisionnement : aux patients de courir les pharmacies et de bricoler avec les dosages encore disponibles, 5 et 10 mg pour composer leur dose totale.

Une nouvelle fois, le laboratoire communique mal sur cette rupture de stock, ne prenant pas la peine de prévenir directement les associations de patients. Nous sommes pourtant en première ligne ... comment expliquer aux patients qui nous contactent depuis 3 mois, angoissés parce qu'ils ne trouvent plus le Neomercazole®, et à qui nous avions l'habitude de parler du Thyrozol®, molécule la plus proche, que ce deuxième médicament est maintenant à son tour en rupture de stock ?

On constate donc avec inquiétude qu’un grand laboratoire n’a pas su tirer les leçons des événements passés ni prévoir, avec la rupture du Neomercazole®, que la demande allait s'accroître pour le Thyrozol®.

Inquiétons nous pour les patients. Seules 2 autres molécules à effet anti-thyroïdien restent disponibles. Elles nécessiteront un suivi médical et une nouvelle adaptation thérapeutique. Ce sera compliqué. Inquiétons nous d’autant plus que l’une de ces 2 molécules, le PTU (propylthiouracyl) a également été en rupture de stock plusieurs mois durant fin 2012- début 2013, suite à des rachats entre laboratoires. Que va-t-il se passer si la demande concernant ce médicament augmente brutalement ?

Parlons aussi du silence des tutelles responsables du médicament, c’est-à-dire de l’ANSM. Elle relaie les alertes, mais va-t-elle se décider à prendre en compte les risques de santé publique autrement que trop tard et quand la presse en a fait ses gros titres ? On ne voit pas de démarche en direction des patients pour les aider à poursuivre leurs traitements dans de bonnes conditions. A l’heure où l’intérêt se porte sur l’observance thérapeutique, ça va être dur de suivre correctement un traitement d’hyperthyroïdie dans ce désert pharmaceutique, et l’inertie de l’agence du médicament ne procure pas un sentiment d’aide aux patients.

Quand il n’existe qu'une dizaine de médicaments pour soigner les maladies thyroïdiennes, qui sont très fréquentes, concernent plusieurs millions de patients, et qu’en à peine quelques mois, 7 d’entre eux sont concernés par des difficultés d’approvisionnement et des ruptures de stock (car il y a également eu une rupture de stock, de courte durée, pour l'Euthyral®, et une autre, qui dure encore, pour le Teatrois®), admettez que ça fait beaucoup!

Nous ne pouvons que constater ce fait : les patients n’ont guère d’importance ...

Nous souhaitons, et demandons une nouvelle fois, en tant que représentants des patients, que soit mise en place une communication active sur les ruptures de stock des médicaments, et qu’un dispositif d'approvisionnement soit proposé à chaque patient victime de ces pénuries.

 

le 30 octobre 2013
L'association Vivre sans Thyroïde

Beate Bartès, présidente
Marion Lagneau, vice-présidente
Muriel Londres, antenne IDF

 

forum-thyroïde.net

publié par: M.L.
commenter cet article
27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 23:10

Historiquement, on ne savait pas traiter les maladies. La prévention, grâce à des mesures de santé publique était la seule méthode pour améliorer l'état de santé des populations. Les premières actions préventives ayant démontré leur efficacité portaient sur l'environnement... déjà , et visaient à modifier les comportements... déjà. Exemples : boire de l'eau salubre, entretenir l'intérieur des logements, ramasser les déchets.

 

En quoi consiste la prévention : Il s'agit de faire adopter par un individu, au nom de son bien, des normes auxquelles on souhaite qu'il se conforme. 

Les normes proposées ne peuvent, de toutes manières, pas constituer une obligation. Le comportement doit être adopté volontairement par la personne qui décide d'elle même de se conformer à des conduites jugées bonnes pour sa santé.

 

La prudence est de règle en matière de prévention : Au nom de la santé, une gestion trop contraignante des conduites à risques pourrait aboutir à ce que tout soit interdit. Comme disait Fred Metcalf, la plupart des régimes peuvent se résumer en une seule phrase : si c'est bon, crachez !

Faire adopter un nouveau comportement, c'est à dire changer un comportement considéré comme délétère pour un autre dit optimal, implique obligatoirement que la personne ait l'intention de changer et d'adopter le nouveau comportement.


Trois déterminants ont leur place dans la prévention.

1- la norme sociale : La conduite d'une personne n'est pas seulement individuelle, elle est grandement influencée par son milieu.

En effet, telle personne adopte un style de vie du fait de contraintes et de cultures sociales. L'influence de la norme sociale se retrouve dans Les différences de durée de vie entre ouvriers et cadres, qui restent élevées en France. De l'ordre de 6 ans d'écart en terme d'espérance de vie. L'éducation à la santé dans les milieux défavorables précède donc la prévention., elle relève d'un problème politique et est du domaine de l'éducation en général. . La démarche de prévention, contrairement à celle des soins, se doit donc d'être inégalitaire et de porter une mission d'éducation renforcée vers ceux qui en ont le plus besoin. La prévention sans l'éducation aura une puissance amoindrie dans certaines populations.



2- problème de personnalité : l'opinion de l'individu vis à vis de son propre comportement est la seconde composante de la prévention.

Ce n'est pas parce que l'on fait tout pour le bien d'une personne, ou qu'on lui indique les démarches à effectuer pour son bien, qu'elle le veut nécessairement elle-même. Si la santé est pour certains synonyme de prudence, pour d'autres au contraires, jouer avec sa santé est un challenge et permet d'obtenir des preuves de sa propre capacité à dépasser les attentes de son corps.

Prévenir en l'absence de demande est complexe. Prévenir en demandant à une personne de changer ce qu'elle estime être sa qualité de vie dans le but d'améliorer une maladie invisible telle que diabète ou hypertension, voire même pour s'en protéger n'est pas du goût de tous. Interdire n'est pas une meilleure manière, car cela n'induit pas de changement durable.



3- enfin, toute éducation thérapeutique suppose un contrôle comportemental . Le changement durable de comportement se fait toujours en plusieurs étapes, depuis l'intention de changer jusqu'au changement de comportement acquis et consolidé : D'une personne qui n'a pas l’intention de modifier ses habitudes, voire, refuse de reconnaître qu’elle aurait intérêt à changer.à celle qui adopte et maintient un nouveau comportement mieux adapté, les étapes s'enchainent, mais cela peut prendre beaucoup de temps, ou ne jamais être un succès.



La prévention écarte les patients et leurs médecins de l'image traditionnelle du soin reçu, à laquelle ils sont habitués. En prévention, ce qui conduit le patient à son bien c'est lui même et pas le médecin. D'ou la complexité. 



http://www.carnetsdesante.fr/Promotion-de-la-sante-ethttp://www.inpes.sante.fr/CFESBases/equilibre/numeros/97/tracking_une_nouvelle_etude_au_service_de_la_promotion_de_la_sante.asp



publié par: M.L. - dans médecine
commenter cet article
20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 22:28

cloud-lock-white-background-d-image-34401515.jpgNous sommes en 2033. Le mal de ventre existe toujours. Par contre, plus possible de prendre du Spasfon en automédication, la majorité des médicaments a été supprimée en raison de leurs effets indésirables.   La loi interdit désormais aux médecins, de donner plus de 3 molécules différentes à un patient.


 

Choisir l’endroit ou l’on va consulter n’est pas simple en ces temps la. S’orienter dans le système de santé implique d’abord l’analyse approfondie du  Top 10 des meilleures équipes de la spécialité. Puis la comparaison des taux d’infection nosocomiale de chacun des praticiens, le montant des stylos et des petits-déjeuners  que lui ont offert les labos, et le nombre de DPC réalisés chaque année. Il faut enfin  décortiquer  les études d’impact et de notoriété.  


Les médecins ne sont plus payés à l’acte, seulement au forfait, et tous les spécialistes sont désormais  hospitaliers. Pour satisfaire les besoins des vides sanitaires, on les oblige à sortir des murs de l’hôpital au moins 2 jours par semaine, dont  au moins un dans un désert médical. Il consultent donc dans toute la France, au gré des nécessités du moment indiquées par chaque ARSmutualisée. Le but est de les faire travailler en renfort des médecins généralistes pivots. Les MG ont bien sur, été répartis sur le territoire selon les besoins de population, définis en haut lieu par des commissions tenues par les CPAMmutualisées, réunions auxquelles aucun médecin n'est convié.

 

Tous les médecins consultent donc à la fois à l’hôpital et en ville. On n’imagine même plus la vie d’antan en cabinet individuel. Désormais, les praticiens travaillent dans des gigantesques cabinets multidisciplinaires. Les structures sont parfois si énormes que même ceux qui y bossent ont besoin d’un GPS pour trouver leur chemin.  Etant donné qu’ils sont maintenant payés au forfait, seuls quelques dinosaures de l’ancien temps continuent à consulter après 16h30. Les 70% de femmes médecins  constituant désormais le corps médical ne sont plus obligées de travailler jusqu’à la veille de l’accouchement et de reprendre une semaine plus tard, leur congé de maternité étant désormais pris en charge comme pour les autres salariées. Pour autant, quand elles pouponnent, les patients ont du s’habituer: le mot « remplacement »  a disparu du vocabulaire. Il a été remplacé par « rappeler dans 6 mois ».

 

Bien sûr, les cabinets ont été accompagnés dans la transition vers les espaces de travail numériques. Et les patients ont été incités à s’impliquer dans leur prise en charge. Celle-ci débutant à la prise de rendez-vous.communication-buttons-10249904.jpg Après appel d’un numéro surtaxé, le secrétariat électronique vous proposera les 10 touches habituelles. Autant de numéros que le cabinet compte d’associés, en fait. N’oubliez pas de  confirmer en tapant *#*#, sous peine de retour à la case départ.  Vous désirez un rendez vous avec la Dr Flatulence. Tapez sur la touche *. Vous avez mal en haut à gauche, tapez G, en bas à droite, tapez D. Vous avez oublié de confirmer votre demande en tapant sur la touche #, recommencez. Vous avez donc mal en bas à droite, veuillez confirmer en tapant sur la touche Z. Pour les douleurs en bas à droite, vous devez consulter non pas le Dr Flatulence, mais le docteur Ballonnement. Appuyez sur la touche 6. Vous êtes bien sur le logiciel du Dr Ballonnement. Tapez *. Tapez #. Le Dr Ballonnement est en congé de maternité. Le prochain rendez-vous est fixé dans 6 mois. Si vous voulez réserver, tapez sur la touche #.  Pour confirmer que vous avez bien tapé la touche #, appuyez sur la touche *.  Un SMS de confirmation vous sera adressé, comportant le site de télémédecine auquel vous devez impérativement vous connecter avant la consultation. Afin de confirmer votre réservation, vous devrez le renvoyer dans les 5 minutes suivant sa réception accompagné du message suivant : OK.


industrial-icons-illustration-colorful-32520290.jpgAvant de voir le médecin, vous devez obligatoirement tester vos paramètres et tenir à jour votre mutu-DMP. Coeur,  tension, antécédents, nombre de cacas par jour, présence de sang, volume de sang émis à mesurer sur verre gradué. Hygiène et comportements à risques viendront compléter les données déjà collectées lors des consultations précédentes, sur le site de Télémutumédecine agréé par l’ASIPMutualiséSanté. En retour, le site vous retournera des conseils de prévention et de gestion de vos douleurs abdominales. Il vous attribuera une plate-forme préconsultation, sur laquelle vous devrez noter 3 fois par jour le nombre et l’intensité de vos troubles, jusqu’au prochain rendez-vous. Si vous dépassez le seuil de douleur tripale, évalué sur la moyenne de l’état clinique de tous les connectés, le site de Téléméd se rapprochera du cabinet médical pour faire avancer la date du rendez-vous. En tous cas, inutile de tenter un recours aux urgences. Dès l’entrée, les paramètres d’intensité et d’ancienneté de vos symptômes y seront récoltés via la puce intégrée dans votre bras, on comprendra que vous n’avez aucune raison de vouloir être soigné sans délai et vous serez refoulés vertement. On n’admet plus en ces temps futurs qu’une grande partie des hospitalisations soient issues de l’urgence.  

 

 

En ces temps futurs, les révolutions mal appréhendées du début de siècle auront enfin fait passer la médecine de l’efficacité à l’efficience, et du soin à sa pertinence. Les mauvais parcours n’auront plus cours. La médecine sera désormais une science mesurable et évaluable à part entière. Tout comme les médecins, les patients auront une seule ressource : se conformer à ce qu’on leur impose en matière de santé.

A peine 20 ans plus tôt, les patients, dans toute leur candeur, pensaient que les contraintes porteraient toujours et seulement sur un corps médical corvéable à merci. A peine 20 ans plus tôt, les patients croyaient que perdurerait cette médecine de rêve du modèle français: quasi gratuite, utilisable à volonté, disponible en permanence. Des éclats médiatiques les avait distrait du véritable impact de la stratégie nationale de santé publiée cette année la. En 2013, la médecine des parcours était un dialecte nouveau. Autant que la médecine mutualisée, ce mot n'ayant pas encore inventé.  En 2033, la médecine est enfin devenue ce qu'en imaginaient 20 ans plus tôt les prestataires comptables de santé. Axée sur les économies. Hors parcours, point de médecine, gratuite en tous cas.

publié par: M.L.
commenter cet article
15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 22:54

Le document original est le baromètre CSA publié pour Europe Assistance. Depuis ce matin, on le trouve partout sur les sites d’info, et la télé reprend la nouvelle : de plus en plus de gens renoncent à se soigner car les soins médicaux coûtent cher !

Voici le texte :

 « Crise oblige. 33% d'entre eux y ont en tout cas renoncé pour raisons financières en 2013 selon le septième baromètre CSA pour Europe Assistance publié ce mardi.

Sans surprise, les soins dentaires arrivent en tête des soins auxquels renoncent les Français (25%), devant les lunettes ou les lentilles de correction (17%), les soins courants (12%), les achats de médicaments (7%) et les soins lourds (7%). »

Je voudrais que l’on m’explique ++

Il y a plusieurs  trucs que je ne comprends pas !


- en premier: d'un simple point de vue mathématique, pourquoi la somme des renoncements aux soins est-elle égale à 68%  (exprimés en pourcentage, la somme devrait faire 100%). Qui sont les 32 % qui renoncent aux soins hors des raisons financières ? moi, j’aimerais bien avoir des informations la dessus aussi.  Ainsi on pourrait comparer les 33% de patients renonçant aux soins pour raisons financières aux 32% qui y renoncent pour d’autres raisons. Il n’y a pas que l’argent, peut-être, dans cette affaire ?


- J’aimerais aussi que le raisonnement suivant soit mieux explicité.

En effet, on dit : les soins médicaux coûtent cher. La bonne nouvelle, c’est que les soins les plus onéreux pour les patients, eh bien, ce ne sont pas les miens.

Et on en déduit : les honoraires médicaux coûtent cher. La mauvaise nouvelle, c’est que ce sont mes tarifs à moi que l’on veut contrôler, alors même que je ne génère pas les dépenses les plus excessives.


En effet, les honoraires médicaux, ou sont ils dans ce baromètre ? On ne nous précise  pas si « soins courants » veut dire consultations chez le médecin ou médicaments déremboursés pour les « petites » pathologies.

 

Donc  je voudrais bien qu’on m’explique :

-          - Pourquoi les renoncements aux soins dentaires impliquent t’ils de contrôler les tarifs et les dépassements des honoraires médicaux ? Ça ne baissera  pas le prix des soins dentaires !

-          - Pourquoi les renoncements aux lunettes et aux lentilles impliquent t’ils de contrôler les tarifs et les dépassements des honoraires médicaux ? Ça ne baissera pas le prix des lunettes et des lentilles !


Entre le truc qui vaut minimum 300 euros pas remboursé  (la couronne dentaire, les lunettes) et le truc qui en vaut entre 35 et 50 remboursé 23 (la consultation avec dépassement ), pour faciliter l’accès aux soins, on choisit d’obliger tous les médecins à consulter sans dépassement et le prix de la couronne et des lunettes ne subira aucune baisse ??? .


Est-ce que cette manière de réguler les dépenses de santé, en contrôlant les seuls honoraires médicaux va diminuer les dépenses des patients ?


Mes petites cases de libéral, eh bien, euh, elles ne captent pas la logique de comment faire baisser les dépenses des patients... 


 

 

 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/1-francais-sur-3-renonce-aux-soins-medicaux-pour-raisons-financieres_1290966.html?xtor=RSS-3011&google_editors_picks=true#b0E3XE8r6VkFegS6.99

publié par: M.L.
commenter cet article
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 21:47

En ces temps de disette d'argent pour la santé, pourquoi passe t’on sous silence ces 2 fléaux de dépenses que sont la surconsommation de consultations et de médicament ? 


Surconsommation

Les français se font remarquer dans le monde entier. Chez eux, tout semble toujours aller de travers. Ce peuple qui a fait la révolution, a toujours eu du mal à s’en remettre. Le français abhorre les rois, mais s’accommode d’un président vivant dans un palais, entouré de laquais. Le français est toujours angoissé, a peur du lendemain. En toutes choses, il aime et n’aime pas, et craint de donner son entière adhésion par crainte de ne pouvoir rebrousser chemin.


En matière médicale, le patient français a besoin d’être en permanence rassuré. A cet effet, il aime et a besoin de consulter son médecin.  Avantage français, la consultation médicale est disponible à volonté et peu onéreuse (quoi qu'on en dise). Des moyens sont mis à disposition pour qu’un accès possible aux soins existe pour tous, aussi bien ceux qui se croient malades, que ceux qui se craignent malades. Donc, en France, on estime que toute demande de voir un médecin est légitime, et ne doit faire l’objet ni de délai, ni de refus. Le français a le droit de voir qui il veut, généraliste, spécialiste, urgentiste, quand il veut, et autant qu’il estime en avoir besoin. Le français est content, car personne ne lui demande jamais de compte, et en ce domaine il peut recourir aux soins autant que bon lui semble.   

 

Au cas ou il viendrait à penser que ce comportement alimente les dépenses de santé, le français sait faire taire ses scrupules.  Il se convainc avec aisance  que ses quelques consultations, ou recours aux urgences,  ne seront en rien responsables du déficit de l’assurance maladie


Le français prétend détester les médicaments, mais en même temps, l’acte médical sans action prescriptive lui est une grande frustration. S’il sort d’un cabinet médical sans médicament, le français en ressent une sorte de manque. La pratique s’est institutionnalisée de longue date, médecin = médicament. En vrai, une fois sorti de la pharmacie, et muni de son sac en plastique de patate contenant les précieux comprimés, il réalise que oui, il n’aime pas prendre des médicaments.


Vis-à-vis des médicaments, le français doit assumer un vrai paradoxe. Tout en croyant que les médicaments sont des concentrés de miracle, il redoute d’avaler des molécules inconnues. Le français éprouve donc vis-à-vis des médicaments une sorte d’amour phobique. Frayeur alimentée par la surmédiatisation du moindre incident médical  L’inconscient du français lui dicte que la nature fait souvent aussi bien que les médicaments face à un rhume, une grippe, ou un bouton. Mais, c’est si rare de nos jours, de pouvoir se procurer un truc gratuit, et prometteur de bonne santé. Autant la nourriture, ça fait mal de la jeter sans l’avoir mangée, en revanche une boite de médicament bien pleine conservée dans un placard à pharmacie, ce n’est pas aussi culpabilisant que jeter de la bouffe. Ca pourra éventuellement resservir.


Au moment de  penser que ce comportement alimente les dépenses de santé, le français s’applique à faire taire ses scrupules. Il se convainc avec talent que les quelques pauvres médicaments qu’il achète ne seront pas responsables du déficit de l’assurance maladie. Il lira parfois dans la presse que chaque français consomme plus de 500 euros de médicament par an, près d’une boite par semaine par habitant, mais ne se sentira pas concerné. Il continuera à acheter ses médicaments avec la bonne conscience de celui qui ne cherche pas à connaitre le prix de son achat. 


Gaspillage


Seulement, quand il faut les avaler, ces médicaments si porteurs de mystères scientifiques, le français, tout soudain, retrouve ses angoisses. Et si finalement c’était trop ? et si, finalement, ces molécules étaient plus dangereuses que bénéfiques pour lui ? Il goute donc moins les médicaments en bouche qu’en boite. Il arrive même qu’il se contente de regarder les boites. Mésusage rimera bientôt avec gaspillage. .

Gaspillage n°1 : Une amélioration complète de tous les troubles survient après 48 heures. Arrêt du traitement. A quoi bon le continuer, il a marché.

Gaspillage n°2 : aucune amélioration n’est constatée après 48 heures. Arrêt du traitement. A quoi bon le continuer, il ne marche pas

Gaspillage n°3 : c’est un traitement chronique. A quoi bon prendre régulièrement un comprimé, c’est une contrainte. Ne pas oublier, par contre, d’être sérieux avant la prochaine prise de tension ou la prochaine prise de sang. Ne pas oublier non plus de l’acheter chaque mois, et le stocker chez soi en attendant des jours de disette médicamenteuse.

Gaspillage n°4 : une des molécules est conditionnée en 28 comprimés, l’autre en 30. Le décalage de l’une des boites finira par générer un stock.


Presque pas de maison sans une pharmacie conséquente d’avance.  Quel prix, tous ces médicaments achetés, non consommés, gardés, puis finalement jetés ?


Quelques consultations superflues, quelques médicaments abandonnés. Les petits ruisseaux que chacun alimente en toute bonne conscience font le lit des grandes rivières de dépenses et participent autant que le reste à dégrader la santé des comptes de la sécurité sociale.

publié par: M.L. - dans médecine
commenter cet article
23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 05:00

- Jeunes ou moins jeunes généralistes 

- tous pas tentés par l'installation à troupauméenfrance

- tous inquiets sur leur situation financière, personnelle, de travail,

- tous pas convaincus d'avoir acquis les compétences suffisantes à l'exercice de la MG, étant donné la pauvreté de la formation

 

 leur initiative #PrivésdeMG mérite d'être soutenue

- par tous les médecins 

- par tous les patients (les patients auraient intérêt à considérer de plus près les batailles des médecins, et à s'y associer, car ce sont eux qui en auront un préjudice en définitive)

- par des politiques courageux (ce ne parait pas être le cas de ceux qui les ont reçus l'année dernière)

 

Il ne veulent plus exercer la médecine générale à l'antique.

Et voudraient changer la vision des politiques.

De leurs cabinets, entre 2 consultations

Ils blogguent, ils twittent, ils se battent avec conviction!

Aujourd'hui, 23 septembre, la stratégie nationale de santé les ignore

Ils ont décidé de le faire savoir en faisant le BUZZZZZZZZZZZZZZZ

#PrivésdeMG #PrivésdeMG

 

 

Médecine générale :

dernier arrêt avant le désert

liens:

Twitter : @PrivesDeMG ou https://twitter.com/PrivesDeMG

 

 

Comment sauver la médecine générale en France et assurer des soins primaires de qualité répartis sur tout le territoire ?

Certains d’entre nous avaient fait en 2012, un certain nombre de propositions dans le cadre de l’opération #PrivésDeDéserts.

Marisol Touraine présente ce lundi sa Stratégie nationale de santé. Cet évènement constitue l'occasion de nous rappeler à son bon souvenir, rappel motivé par l'extraordinaire enthousiasme qui avait accompagné nos propositions (voir plus bas les 600 commentaires) dont aucune n'a été reprise par la Ministre.

Nos idées sont concrètes et réalistes pour assurer l'avenir de la médecine générale et au-delà, des soins primaires de demain.

Notre objectif est de concilier des soins de qualité, l’éthique de notre profession, et les impératifs budgétaires actuels.

Voici une synthèse de ces propositions.

Sortir du modèle centré sur l’Hôpital

Depuis des décennies, l’exercice de la médecine ambulatoire est marginalisé, privé d’enseignants, coupé des étudiants en médecine. La médecine hospitalière et salariée est devenue une norme pour les étudiants en médecine, conduisant les nouvelles promotions de diplômés à délaisser de plus en plus un exercice ambulatoire qu’ils n’ont jamais (ou si peu) rencontré pendant leurs études.

Cette anomalie explique en grande partie les difficultés actuelles. Si l’hôpital reste le lieu privilégié d’excellence, de recherche et de formation pour les soins hospitaliers, il ne peut revendiquer le monopole de la formation universitaire. La médecine générale, comme la médecine ambulatoire, doivent disposer d’unités de recherche et de formation universitaires spécifiques, là où nos métiers sont pratiqués, c'est-à-dire en ville et non à l’hôpital.

La formation universitaire actuelle, pratiquée quasi-exclusivement à l’hôpital, fabrique logiquement des hospitaliers. Pour sortir de ce cercle vicieux, il nous semble nécessaire de réformer profondément la formation initiale des étudiants en médecine.

Cette réforme aura un double effet :

Rendre ses lettres de noblesse à la médecine « de ville » et attirer les étudiants vers ce mode d’exercice. Nous ne pouvons reprocher aux étudiants en médecine de ne pas choisir une spécialité qu’ils ne connaissent pas.

-  Apporter des effectifs importants de médecins immédiatement opérationnels dans les zones sous-médicalisées.

Il n’est pas question dans ces propositions de mesures coercitives aussi injustes qu’inapplicables contraignant de jeunes médecins à s’installer dans des secteurs déterminés par une tutelle sanitaire.

Toute mesure visant à obliger les jeunes médecins généralistes à s’installer en zone déficitaire aura un effet repoussoir majeur. Elle ne fera qu’accentuer la désaffection pour la médecine générale, poussant les jeunes générations vers des offres salariées (nombreuses), voire vers un exercice à l’étranger.

Une véritable modernisation de la formation des médecins est nécessaire. Il s’agit d’un rattrapage accéléré d’opportunités manquées depuis 50 ans par méconnaissance de la réalité du terrain. Si la réforme Debré de 1958 a créé les CHU (Centres Hospitaliers et Universitaires), elle a négligé la création de pôles universitaires d’excellence, de recherche et de formation en médecine générale. Ces pôles existent dans d’autres pays, réputés pour la qualité et le coût modéré de leur système de soins.

Idées-forces

Les principales propositions des médecins généralistes blogueurs sont résumées ci-dessous. Elles sont applicables rapidement.

  • Enseignement de la Médecine Générale par des Médecins Généralistes, dès le début des études médicales
  • Construction par les collectivités locales ou les ARS de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires qui deviennent aussi des maisons médicales de garde pour la permanence des soins, en étroite collaboration avec les professionnels de santé locaux.
  • Décentralisation universitaire qui rééquilibre la ville par rapport à l’hôpital :

Ces maisons de santé se voient attribuer un statut universitaire. Elles hébergent des externes, des internes et des chefs de clinique (3000 créations de postes). Elles deviennent des MUSt : Maisons Universitaires de Santé qui constituent l’équivalent du CHU pour la médecine de ville.

  • Attractivité de ces MUSt pour les médecins seniors qui acceptent de s’y installer et d’y enseigner :

Statut d’enseignant universitaire avec rémunération spécifique fondée sur une part salariée majoritaire et une part proportionnelle à l’activité.

  • Création d’un nouveau métier de la santé : “Agent de gestion et d’interfaçage de MUSt” (AGI).

Ces agents polyvalents assurent la gestion de la MUSt, les rapports avec les ARS et l’Université, la facturation des actes et les tiers payants. De façon générale, les AGI gèrent toute l’activité administrative liée à la MUSt et à son activité de soin. Ce métier est distinct de celui de la secrétaire médicale de la MUSt. Les nouveaux postes d’AGI pourraient être pourvus grâce au reclassement des visiteurs médicaux qui le souhaiteraient, après l’interdiction de cette activité. Ces personnels trouveraient là un emploi plus utile et plus prestigieux que leur actuelle activité commerciale. Il s’agirait d’une solution humainement responsable. Il ne s'agit en aucun cas de jeter l'opprobre sur les personnes exerçant cette profession.

  • Les « chèques-emploi médecin »

Une solution innovante complémentaire à la création du métier d’AGI pourrait résider dans la création de « chèques-emploi » financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses.

Il s’agit d’un moyen de paiement simplifié de prestataires de services (AGI, secrétaires, personnel d’entretien). Il libérerait des tâches administratives les médecins isolés qui y passent un temps considérable, sans les contraindre à se transformer en employeur, statut qui repousse beaucoup de jeunes médecins.

 

Nos propositions et nos visions de l’avenir de la Médecine Générale, postées simultanément par l'ensemble des 86 participants, sur nos blogs et comptes Twitter, le 23 septembre 2013, sont des idées simples, réalistes et réalisables, et n'induisent pas de surcoût excessif pour les budgets sociaux.

L’ensemble des besoins de financement sur 15 ans ne dépasse pas ceux du Plan Cancer ou du Plan Alzheimer ; il nous semble que la démographie médicale est un objectif sanitaire d’une importance tout à fait comparable à celle de la lutte contre ces deux maladies.

Ce ne sont pas des augmentations d’honoraires que nous demandons, mais des réallocations de moyens et de ressources pour rendre son attractivité à l’exercice libéral.

 

Les participants à l'opération (Noms ou Pseudos Twitter) :

 

1.     Docteurmilie 

2.     Dzb17 

3.     Armance64

4.     Matt_Calafiore

5.     Docmam

6.     Bruitdessabots

7.     Ddupagne

8.     Souristine

9.     Yem

10.   Farfadoc

11.   SylvainASK

12.   Docteur Sachs Jr

13.   Méd Gé de L’Ouest

14.   Docteur Gécé

15.   DrKalee

16.   DrTib

17.   Gélule, MD

18.   DocAste

19.   DocBulle

20.   Docteur Selmer

21.   Dr Stephane

22.   Alice Redsparrow

23.   Docteur_V

24.   Dr_Foulard

25.   Kalindéa

26.   DocShadok

27.   Dr_Tiben

28.   Bismuth Philippe

29.   PerrucheG

30.   BaptouB

31.   Juste un Peu Sorcier

32.   Elliot Reid-like

33.   MimiRyudo

34.   SacroStNectaire

35.   DrGuignol

36.   DrLebagage

37.   Loubet Dominique

38.   CaraGK

39.   DocArnica

40.   Jaddo

41.   Acudoc49

42.   AnSo1359

43.   DocEmma

44.   DrPoilAGratter

45.   GrangeBlanche

46.   Docteur Pénurie

47.   Borée

48.   10Lunes

49.   Echocardioblog

50.   OpenBlueEyes

51.   nfkb

52.   Totomathon

53.   SophieSF

54.   SuperGélule

55.   BicheMKDE

56.   Knackie

57.   DocCapuche

58.   John Snow

59.   Babeth_Auxi

60.   Jax

61.   Zigmund

62.   DocAdrénaline

63.   DrNeurone

64.   Cris et chuchotements

65.   YannSud

66.   Nounoups

67.   MademoiselleAA

68.   Boutonnologue

69.   Françoise Soros

70.   Une pédiatre

71.   Heidi Nurse

72.   NBLorine

73.   Stockholm

74.   Qffwffq

75.   LullaSF

76.   DocteurBobo

77.   Martin Minos

78.   DocGamelle

79.   Dr Glop

80.   Ninou

81.   Martin Winckler

82.   UrgenTic

83.   Tamimi2213

84.   Doc L

85.   DrLaeti

86.   LBeu

 

 

 

Les commentaires de soutien de décembre 2012

Comment ne pas être ébranlé par les centaines de commentaires enthousiastes de jeunes médecins, de professionnels de santé ou de patients face à nos propositions ? Pourquoi ne pas aider les jeunes médecins à la fois à réaliser leurs rêves et à se mettre efficacement au service de la santé des Français ?

Les propositions de réforme de la médecine générale des 24 médecins blogueurs ont reçu plus de 1000 signatures de soutien.


650 signataires ont posté un commentaire 

publié par: M.L.
commenter cet article
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 23:56

Cette  personne clé se trouve surement dans votre entourage, vous n’imaginez peut-être même pas votre vie  et votre réseau relationnel sans elle. Bien qu’elle vous soit réellement indispensable, vous n’avez pas spécialement envie de la voir souvent. En revanche, vous voulez la savoir disponible afin d’y recourir dès que vous en avez l’usage.  


Cette personne est un peu comme une gourmandise. Une sorte de luxe.  On veut toujours en avoir une d’avance pour pouvoir l’utiliser exactement au moment ou on le souhaite.  Il est indispensable d’en avoir toujours au moins une  disponible. Elle doit être proche, juste en face de chez vous, pas question de parcourir des kilomètres de désert pour aller la voir.


Cette personne ressource  doit être haut de gamme, première catégorie. Par contre,  à prix discount.

Quand la ressource est absente et se fait remplacer par la version neuve, pas rodée, en solde, ce n’est pas aussi bien.  


Cette ressource doit, c’est évident avoir un maximum de temps disponible à vous consacrer, et ne pas être occupé par d’autres que vous,  afin de pouvoir vous recevoir sans délai dès lors que vous en manifestez l’intention.


Cette personne ressource ne doit tourner ses sentiments que vers votre propre cas. Par conséquent, il est indigne que le téléphone la dérange, et encore plus inimaginable que son humeur ne soit pas toujours égale, ni même toujours bonne.


Cette personne ressource doit avoir des loisirs instructifs. Le soir, après le travail, chacun sa séance. Vous, ce sera séance de ciné, et elle,  séance de formation continue.


Cette personne ressource  doit prendre en charge l’organisation de nombreux évènements de votre vie, et en assurer la coordination.


Cette personne ressource doit aussi assurer le stockage des données. Au moins de toutes vos données médicales des 10 dernières années.


Un jour, vous vous réveillerez, avec un soudain besoin de votre personne ressource. Et la, soudain, vous aurez beau scruter l’horizon… Pas l’ombre de cet être dans les 100 kilomètres à la ronde. Même à grande ville, pareil. La première disponibilité des rares survivants sera à 3 semaines, et ce sera encadré.


Alors, votre douleur sortira dans une lugubre plainte…

Votre cri s’entendra dans toute la province…

Je veux mon généraliste, J’ai mal……

Et l’écho vous répondra : Va à l’hôpital…..


Si vous continuez de les regarder se battre sans rien faire, si vous continuez de penser qu’ils n’ont aucune raison de se plaindre, et que vous en trouverez toujours au moins un pour vous, eh bien, on vous le garantit : Un jour vous en serez privés...


                                      #PrivésDeMG

publié par: M.L.
commenter cet article
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 09:06

Les blogs, la presse médicale,  concentrent les raisons de stress (ou de burn-out) des médecins sur 2  thématiques, d’une part la pression  administrative,  d’autre part et surtout, les relations avec les patients.  

 

Déjà, on se demande comment il est possible de croire qu’un même individu puisse s’acquitter  convenablement ces  2 compétences  si antinomiques : des compétences administratives et des compétences dans la  relation d’aide.  

 

Exercer en même temps et sereinement un métier administratif et la médecine… n’est- ce pas dans cet adossement que se dissout  la sérénité du corps médical ?

 

Préoccupations administratives


Le temps administratif en médecine est affublé d’une immuable caractéristique. Il s’agit d’un temps contraint, qui n’est jamais un temps de plaisir.

Pour les médecins généralistes, ce sont les innombrables paperasses, les relations difficiles avec des caisses qui n’ont  envers eux qu’des insatisfactions, doléances, réclamations et récriminations. Chaque jour, le travail administratif du généraliste représenterait 1/10 d’équivalent temps plein d’un salarié de la sécurité sociale.

Pour les spécialistes, c’est tout autant, à d’autres niveaux. Les pressions de temps et d’organisation en établissement de santé, les critères d’organisation centrés sur la rentabilité financière, des blocs opératoires gérés par des non soignants comme de la production industrielle avec des temps et horaires contraints, des commissions en tout genre à présence médicale obligatoire, souvent hors du temps de travail et non rémunérées.


A la limite de l’administratif, d’autres préoccupations :   la  charge de travail, les  horaires à rallonge, la cadence infernale,  la pression financière, et judiciaire. Paradoxalement, ou pas, ces soucis semblent  mieux acceptés et prennent moins de place dans les préoccupations  médicales. Sauf chez les internes, ou la cadence infernale génère des troubles anxieux. Ensuite, les médecins paraissent  s’y habituer, la cadence devenant alors une contrainte acceptable et acceptée.


La partie administrative n’a pas de sens ni de valeur pour le médecin. Pourtant, sa place s’hypertrophie un peu plus chaque jour dans sa pratique, envahissant chaque sphère du métier,  nécessitant un effort constant d’adaptation à des contraintes imparables, semblant d’autant plus lourdes qu’elles sont incontournables. Ces impératifs et cet ajustement contraint donnent aux médecins une sensation d’agression, d’attaque, d’invasion par un travail supplémentaire ne bénéficiant d’aucune reconnaissance.

 

Préoccupations en rapport avec les patients.

On se gargarise, on galvaude avec la formule «  Les Exigences Des Patients » #LEDP !  


Une liste sommaire d'exigences des patients : La notion d’urgence, l’incorrection voire l’incivilité, les rendez-vous non honorés, l’anxiété affichée et revendicatrice, les demandes abusives.


Mais…  pourquoi ces exigences font-elles tant vaciller le corps médical ? 


Parce que ce sont des  demandes qui vont bien au-delà du soin …


Le médecin peut tout entendre. De la à en déduire qu’il peut donc (et doit donc)  tout supporter.. il n’y a qu’un pas, aisément franchi par de nombreux patients. Une consultation actuellement, ce n’est pas que du soin, mais c’est une multitude de demandes: maladies, dysfonctionnements, information, aide psychologique, aide sociale. Du médical au paramédical, du nécessaire à l’abusif, le fossé s’amincit. Apprendre à opposer des refus à des demandes excessives n’est pas simple, et est générateur de conflits. Conflits dont le médecin sait d’avance que les torts lui seront imputés.


L’exigence des patients est intensément ressentie par les médecins.  Car, au fond d’eux sommeillent de beaux concepts. Vocation, mission, ils ont été nourris de ces nourritures spirituelles: "le médecin est un sauveur", "un bon docteur se devait de pouvoir répondre à tout". Les patients aussi pensent ces poncifs, et cela engendre une discordance dans la relation avec les médecins.

Car, nombre de médecins métabolisent mal les difficultés rencontrées avec les malades. Ne pas savoir et de ne pas pouvoir répondre à toutes les demandes de ses patients, engendre au minimum un sentiment de frustration.  C’est la première étape de la perte de reconnaissance.  L’addition de petites frustrations répétées au cours d’une journée est classique. Il suffit d’ un patient difficile, puis d’un autre trop exigeant, enfin  d’un patient  multipathologique  médicalement lourd à gérer. Tout ceci  dans une course constante avec le temps. Beaucoup de journées de travail d’un médecin induisent de petites blessures d’estime successives.  Ces petites  blessures narcissiques s’additionnent sur les jours et les semaines, et peuvent aller jusqu’à faire ressentir un  sentiment d’inutilité sociale,  l’impression de ne plus être efficace, de ne plus savoir aider les gens.


Quel médecin ne se sent pas concerné  par des frustrations, par la blessure narcissique, par le conflit, par l’exigence de certains de ses patients, alors même qu’il a ce fort sentiment d’engagement social, personnel et professionnel.  Pour tout le monde, les choix de vie professionnels se confortent dans les satisfactions, surtout si le métier est dur.  Or chez les médecins, ces oasis de satisfaction se raréfient progressivement au profit d’impressions répétées de peine, de perte. Perte de reconnaissance sociale. Perte de reconnaissance de son engagement personnel au profit des patients.

 

Toutes ces petites blessures  individuelles, tous ces ratés dans la relation médecin-patient autour du soin, des sentiments que tous ont déjà ressentis, s’agrègent et s’amplifient collégialement.  Soudain, tous les médecins savent qu'ils partagent ces difficultés, que la profession est concernée dans son ensemble.  De ce fait, le corps médical tout entier exprime un malaise, se trouve trop souvent insatisfait de son métier, non reconnu à sa juste, irremplaçable et néanmoins sous-estimée valeur, celle de savoir soigner les malades.

 

Administratif + patients : ou va-t-on ?


On explique aux médecins qu’un remède au surmenage, au stress, est d’apprendre à dire non.

 

On omet le fait que le médecin peut seulement dire non à ses patients… . Gare au docteur s’il lui prend l’envie de dire non aux instances qui le réglementent. Leur aveuglement est puissant, et leur dominance irréfutable. Elles s’ingénieront à lui accaparer son temps, et l’énergie qu’il devrait consacrer au soin si jamais il s’oppose ou fait face de travers aux obligations issues de l’administration. Elle n’est douée d’aucune compréhension, l’administration, elle oblige à assumer  même les demandes les plus absurdes, illogiques, abusives ou erronées.


Depuis que la vie professionnelle des médecins les contraint  en permanence à juxtaposer des compétences administratives et l’art du soin,  ils assument de plus en plus mal les nécessités de devoir en plus composer aussi  avec les aléas sociétauxDans cet adossement de tant de contraintes si antinomiques, administratif, soin et gestion des difficultés psycho-sociales des patients, la sérénité du corps médical se dissout.  De tâches administratives en patients complexes, le médecin accomplit souvent sa mission le dos au mur et sans marge de manœuvre dans sa relation d’aide aux malades, qui est pourtant sa mission fondamentale. Pour beaucoup d’entre eux, cette multiplicité de points critiques induit  une perte de sens, et n’apporte pas un accomplissement professionnel bénéfique à la réflexion. Or, pour ne pas faire d’erreur, le médecin doit impérativement avoir l’esprit libre de réfléchir posément.  

   

Un jour viendra ou "il faudra que les médecins se décident à fermer  pour cause de rénovation intérieure" (Anne-Sophie Pruvost, psychologue du travail).  En l’état actuel, on peut craindre que les médecins ne choisissent l'option de fermer plus souvent leurs portes aux patients pour répondre aux obligations administratives (qui elles ne fermeront pas)  et à la gestion de leur  temps de repos  émotionnel.  

 

publié par: M.L. - dans médecine
commenter cet article
4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 15:14

Ne vivons-nous pas autour d’un mythe ? . Que savons-nous réellement de nos cotisations à la sécurité sociale et aux mutuelles?.

 

Le principe de la sécu c’est de prendre de l’argent à ceux qui travaillent et le restituer à tous, sans exception.  La sécurité sociale est sociale. Elle prend pareil, en pourcentage, à tous les cotisants. Elle rogne sur ses frais de fonctionnement. Certes, elle transfère certains frais sur les médecins via  la télétransmission qui lui coûte bien moins cher que des salariés.  Mais la dimension sociale reste, car au passage, elle ne fait aucun  bénéf ni sur le dos des médecins ni sur celui des patients. Elle ne garde et ne place rien. Elle redistribue tout l’argent dont elle dispose. La transparence est de règle. Les utilisateurs savent exactement sur quelle base et de quel montant ils seront remboursés pour tel acte.


Donc la sécu, c’est un truc clair, net, sans magouille.. génial, quoi. Sauf qu’à être si intègre, à ne prendre de l’argent que chez ceux qui en ont pour le redistribuer à tout le monde, eh bien, au bout du compte, le compte n’y est pas. Des sous, il n’y en a pas suffisamment ! .


Pour compléter les remboursements des frais de santé, on s’adresse alors aux mutuelles. Le principe des mutuelles n’a rien de comparable à celui de la sécu. Il s’agit d’un système commercial, dont le substratum, en simplifiant, reste de de prendre de l’argent au plus grand monde, et d’en restituer le moins possible au plus petit nombre.  La mutuelle est inégalitaire. Les pauvres sont moins ponctionnés, mais jamais dispensés et s’ils payent moins,  en contrepartie la mutuelle leur restituera beaucoup moins. Elle sélectionne par l’âge : Plus on est vieux, plus c’est onéreux. Enfin, elle n’est pas sociale. Le travailleur cotise, mais ses enfants aussi, les retraités et les malades aussi.


Sur la question des pauvres et des malades, la sécu est vraiment sociale. Ils l’alimentent peu ou pas, et pour autant, elle les prend en charge en totalité. La mutuelle,  aime bien les pauvres aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Car, comme disait si bien Coluche : « il vaut mieux prendre l’argent dans la poche des pauvres. Certes ils ont moins d’argent, mais il y a plus de pauvres ».  En plus, comme l’a montré un intéressant article de sciences sociales récemment, plus le cerveau d’une personne est embolisé par des soucis d’argent, moins cette personne garde de place pour le raisonnement. http://www.sciencemag.org/content/341/6149/976


Les rôles respectifs de la sécurité sociale et des mutuelles sont un mythe dont la plupart se contentent, alors qu’il vaudrait mieux poser le problème plutôt que de temporiser. En effet, on dirait bien que les récents avenants de la convention médicale instaurent insensiblement l’entrée des mutuelles et  de leurs lois du marché dans les instances sociales.   


L’illustration est cette récente pression de la sécu  sur les praticiens pour limiter les dépassements d’honoraires. Si on y réfléchit bien, la sécu ne rembourse absolument rien sur les dépassements d’honoraires, on ne voit pas trop pour quelle raison elle se sent aussi concernée à  minimiser les remboursements des mutuelles ?   Etonnant, non ?    Si elle se plie de bonne grâce à contrôler les dépassements des médecins, la sécu, c’est qu'elle a une bonne raison. Les mutuelles viennent de lui faire une première injection de loi du marché.  150 millions d’euros versés par les mutuelles dans les comptes souffreteux de la sécu . Donnant donnant. La sécu, en contrepartie de cet apport financier s’emploie à minimiser les frais de remboursement des mutuelles en faisant pression sur le corps médical  et en limitant les montants des dépassements. Ingénieux, non ? 


Allons-nous continuer longtemps à vivre sans prendre conscience que le mythe de la sécu s'effrite ? Après cette première injection 2013 de loi de marché dans les comptes de la sécurité sociale, lors des injections suivantes, les réactions peuvent être plus intenses. Et une fois que la pression sur les médecins aura atteint son apogée, ce sera au tour des usagers  d'en faire les frais.

 13147729-image-rendue-d-39-un-signe-de-dollar-emiette-isole.jpg

publié par: M.L.
commenter cet article
1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 22:20

Elle la lit..


En douce..


Presque chaque fois, même si elle tente de détourner son attention, elle ne pourra s’empêcher d’aller jeter un regard. Un survol rapide, sur la pointe de l’âme, car elle redoute ces rencontres imprévues.  Le plus souvent avec des gens de sa génération, ce qui la rend encore plus concernée. Elle le sait bien... elle reconnaitra souvent une connaissance, des copains  avec lesquels elle avait partagé un bout de chemin. Mais de plus en plus fréquemment ces derniers temps, c’est un ou une amie proche qui se retrouve couché ici. Et ses yeux de ne pas vouloir lire, pour éviter cette sensation d’inéluctabilité, ces cases vides qui se remplissent peu à peu de silence autour de sa vie.  


Pourtant, elle ne peut renoncer à ne pas savoir, alors elle l’effleure,  d’un œil craintif, avec l’air de ne pas s’y intéresser.  Elle se donne l’attitude de celle qui ne fait passer, mine de rien,  incognito.  Parce qu’elle craint aussi la contamination  si elle s’attarde.  Elle sait, elle redoute même, ce jour inéluctable et peut-être proche ou ce sera à son tour de se reposer là,   une dernière fois au centre de toute sa famille. Un comble,  alors qu’il fallait se donner  tant de mal, pour organiser les diners ou tous, sans exception, étaient présents.


Tu sais, m’a-t-elle dit ce soir au téléphone,  je ne regarde jamais cette page, mais aujourd’hui, par hasard, j’ai vu que le père de ton copain Michel est mort, alors, je te préviens….

publié par: M.L. - dans chuchotements
commenter cet article

Présentation

  • : cris et chuchotements médicaux
  • : Déménagement définitif du blog à l'adresse suivante: www.cris-et-chuchotements-medicaux.net
  • Contact

@copyright

J'autorise les citations de mes textes sous réserve que soient citées la source et le lien.

Je trouve agréable d'être avertie, c'est plus convivial.

L'icone "j'aime" est bien, mais un commentaire c'est mieux

Si vous voulez me contacter: gastroenterologue92@gmail.com

Rechercher

Retrouvez tous les articles du blog ici: cris-et-chuchotements-medicaux.net. Vous y retrouverez l'intégralité des articles déja publiés, de nouveaux post, et vous pourrez mettre vos commentaires !

blogs santé

Teads - Top des blogs - Santé et bien être

A propos de moi

Ce blog a définitivement déménagé en septembre 2015 à l'adresse suivante: cris-et-chuchotements-medicaux.net.

Vous y retrouverez l'intégralité des articles déja publiés, que vous pourrez commenter (ici les commentaires sont désactivés)

et de nouveaux post, bien sur ! 

Au plaisir de vous retrouver sur mon nouveau blog

 

 

 

essai